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38); ce cordon remplissait le même but que les planchettes dont se servent les Australiens pour projeter leurs lances.
Les indigènes semblent attacher une plus grande valeur à leurs massues qu’à leurs sagaies; tout au moins exigent-ils, pour les premières, des prix plus élevés. Ils apportent souvent les plus vieilles pièces, soigneusement enveloppées d’étoffe faite de fibres.
Fig. 42. Rocher sépulcral près d’Oubatche.
On trouvera dans la figure 39 a
f, les principales formes de massues calédoniennes, entre autres la plus caratéristique de l’île qui, avec son long bec pointu, rappelle une tête d'oiseau. D’après M. Leenhardt, les indigènes nomment cependant cette forme: tête de tortue. Tandis que les armes de guerre sont aujourd’hui hors d'usage, la lance à pointes multiples, ayant conservé son but pratique, est utilisée encore par les indigènes actuels pour la chasse au poisson; il en est de même pour l’are et la flèche qui servent à capturer le poisson et, à l’occasion, les roussettes et les pigeons. Le port des armes à feu est interdit aux indigènes. Ils emploient encore de temps en temps
la fronde, mais ne se servent plus de la pochette, joliment filochée, dont ils Ss’entouraient autrefois la taille, ni des pierres fusiformes soigneusement polies. On prend aujourd'hui des cailloux qu’on choisit dans le lit d’un ruisseau, et ce dangereux instru-
ment
Fig. 44. Démon pour la
pluie.
n'est plus
Long. 31 cm.
guère
Fig. 43. Niches tombales dans un rocher sépulcral près d’Oubatche.
qu'un jeu. De tout temps, les cuirasses et les boucliers ont fait défaut en Nouvelle- Calédonie, de même que le tambour dont l'usage est cependant si répandu.
Nous venons de voir que beaucoup d'objets ethnographiques parmi les plus frappants et qui, il n’y a pas longtemps, faisaient encore l’orgueil des indigènes, ont complètement disparu au contact de la civilisation européenne. D’autre part, il est étonnant de constater la persistance de toute une série d'outils ou de petits instruments moins apparents, qui remontent sûrement aux stades primitifs de la civilisation humaine. À ce groupe appartiennent les rabots faits d’une coquille de mol-
RTS qe
lusque, dans laquelle un trou rond a été pratiqué (fig. 40); le plus souvent, on utilise une espèce marine (Strombus), plus rarement une espèce terrestre (Placostylus). Ces rabots sont encore employés de nos jours pour lisser le bois, par exemple, les arcs et les flèches. Il faut citer également les coquillages servant à racler la chair des noix de coco, les racines et les tubercules, ou encore à polir les feuilles de Pandanées qu’on prépare pour le tressage des corbeilles, ou enfin à nettoyer les fibres de coco dont on fait des cordes et des ficelles. La plupart de ces coquillages sont employés tels quels, tandis que les valves de Pecten sont quelquefois munies d’un trou près de la charnière et fixées à un petit manche de paille tressée qui en facilite l'usage. C’est un racloir de cette sorte que représente la fig. 41; il sert, à l’aide de son bord ondulé, à découper certains fruits en languettes allongées. D’autres coquilles de cette même espèce sont simplement percées d’une ouverture, au travers de laquelle est passé un chaume de paille replié qui en permet aisément l'emploi.
Au nombre de ces outils primitifs, Je compte les fragments de quartz et, souvent aussi, de verre qui sont encore utilisés pour lisser le bois. Ils servent également d'instruments chirurgicaux; c’est, en effet, avec un de ces éclats qu’on opère, par exemple, la saignée contre les névralgies ou contre d’autres maux. En outre, il faut compter au nombre des instruments primitifs les grosses pierres roulées, employées comme marteaux, sans manche et sans préparation aucune. Signalons, enfin, une arme très ancienne dont l’usage s’est aussi conservé: ce sont de simples branches, coupées dans la forêt, mais dont la longueur est déterminée et mesurée au bras de celui qui les lance; on doit considérer cette arme de jet, employée pour la chasse aux roussettes, comme la forme la plus primitive de ce genre d'instruments.
L'influence européenne a également modifié profondément les coutumes indigènes relatives aux sépultures. D’après les prescriptions du gouvernement, dont les gendarmes surveillent lexécution, les personnes décédées doivent être partout dûment ensevelies. Cette règle est généralement observée, à quelques exceptions près, dans certaines régions très retirées.