‹ La Nouvelle-Calédonie et les Iles Loyalty;Chapitre 20 sur 39 · TS PE · texte numérisé non relu

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Indes et dans l’Archipel Malais, le riz et le poisson salé suffisent à l’alimentation des coolies, les Calédoniens demandent pour leur premier repas, du thé, avec biscuit ou pain, et veulent recevoir, à midi et le soir, du riz et de la viande salée ou des conserves. J’ajoute que leur salaire journalier est de 2 frs. L’igname et le taro, qui forment la nourriture habituelle des indigènes, ne peuvent pas être utilisés à cause de leur volume et de leur poids fort disproportionnés à leur qualité nutritive. Cependant, les vivres mentionnés plus haut exigent, eux aussi, même pour un nombre restreint de porteurs, tout un attirail de bagages, parce qu’on ne peut pas toujours compléter ses provisions en cours de route dans l’intérieur du pays. Quand les chemins le permettaient et que nous pouvions obtenir des chevaux de bât, nous chargions ceux-ci de la tente de voyage et d’une partie des provisions. Mais, comme il n’était jamais possible d’en avoir plus de 4, le nombre des porteurs était toujours assez considérable. Ils se partageaient les divers colis: malles contenant nos effets, caisses à collections, lits de camps, appareil photographique, fusils, etc.

La caravane qui, au matin du 28 Avril, quittait Oubatche par un temps radieux était assez nombreuse. Notre suite se composait, en effet, de nos deux domestiques tonkinoiïs, de 23 porteurs calédoniens, de 4 chevaux de bât avec leurs conducteurs et du chef de Bondé. Ce dernier, dont le nom indigène était Kahed, a été baptisé Marius par les Européens; c’est un homme de 60 ans environ et d’un beau type calédonien. A vrai dire, il n’est pas le chef légitime des Bondés, mais a été placé par le gouvernement à la tête de cette tribu, en remplacement d’un vieillard incapable. Il arriva dans un accoutrement affreusement sale, bien qu’il aimât à se faire passer pour un homme cultivé. Quand on le questionnait sur les us et coutumes de ses compatriotes, il répondait toujours par cette phrase grandiloquente: « Chez nous, à Bondé, on a la civilisation jusqu’au bout! » II affectait ne plus rien savoir des anciens usages, bien que, dans sa jeunesse, il eût très bien pu assister encore à des scènes de cannibalisme.

Pendant le premier jour de marche, il faut toujours compter avec quelques retards ou quelques difficultés, aussi faisons-nous

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