‹ La Nouvelle-Calédonie et les Iles Loyalty;Chapitre 21 sur 39 · CURE · texte numérisé non relu

CURE

dresser la tente, déjà vers midi, sur la croupe de l’Ignambi, à environ 1000 m. d’altitude. Nous passons la première nuit au milieu de la plus belle forêt qu'on puisse imaginer, à l’abri des frondaisons d’arbres superbes. Comme nous l’avons déjà relevé, les serpents terrestres manquent en Calédonie; c’est avec joie aussi que l’on constate l’absence de deux autres fléaux des pays chauds, les sangsues terrestres et ces petits acariens des buissons, qui, pénétrant sous la peau, produisent des inflammations fort douloureuses.

Le lendemain, nous descendîmes sur l’autre versant de la montagne et le sentier nous conduisit bientôt hors de la forêt, sur une pente raide, couverte d’herbages, d’où la vue s’étendait au loin sur une large vallée coupée de collines et bornée à l'Ouest par plusieurs chaînes de montagnes parallèles. En quatre endroits, ces dernières laissaient ouvertes de petites échappées sur la mer. Les montagnes les plus rapprochées, composées d'anciens schistes sédimentaires, présentaient souvent des sommets hardis, aux formes déchiquetées. Celles de la côte Ouest, par contre, avec leurs dômes et leurs croupes arrondies, dévoilaient leur formation serpentineuse. Une végétation basse de buissons et d’herbages couvrait tout le pays, sauf dans les gorges humides et sur les crêtes des montagnes plus élevées, où des restes de forêts mettaient des tons plus sombres. Le contraste était grand avec la chaîne magnifiquement boisée que nous venions de traverser. Nulle part, dans cette région, on n’apercevait d'habitation humaine, et cette solitude ajoutait encore à la sauvage grandeur du tableau.

Ce fut, ensuite, une interminable descente par les innombrables lacets que fait lechemin en contournant les collines, d’abord à travers ce terrain ouvert, ensuite dans la zone des niaoulis où nous retrouvâmes aussi, hélas! les fourrés de Lantana. Tout à coup, à un détour du sentier, apparut à nos pieds le Diahot qui déroulait devant nous son long ruban argenté et dont les rives étaient bordées, ici et Ià, de plantations de cocotiers, de champs cultivés et de huttes indigènes. Nous arrivions alors sur le territoire des Pamboas, tribu qui ne compte que 350 âmes, mais n’en occupe pas moins un district très étendu.

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