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A 1 h.30, nous étions au bord du fleuve où notre caravane nous rejoignit beaucoup plus tard, le sentier, recouvert par places de taillis de Lantana, ayant dû être dégagé pour le passage des chevaux bâtés.
Le Diahot, dont les sources coulent dans un vrai dédale de vallées, est le plus grand fleuve de l’île. Mesuré à vol d'oiseau, son cours est d'environ 50 km.
mais, avec les nombreuses courbes qualMtart Millen mesure "bienttle double. C’est le seul cours d’eau — avec son voisin plus petit, le Néhoué — qui coule dans la direction du grand axe de l’île, du Sud-Est au Nord-Ouest, tandis que tous les autres sont, plus ou moins, dirigés perpendiculairement à cet axe. À l'endroit où nous étions parvenus, le fleuve pouvait avoir 15 à 20 m. de large, mais il était peu profond et coulait, tranquille, dans son lit de rochers. L’altitude, au bord de l’eau, n’était guère que de 70 m. environ au-dessus du niveau de la mer.
Les Pamboas avaient été avisés de notre passage; quelques-uns d’entre eux déjà, nous avaient at- Fig.45. Idoles de bois des Pamboas. tendus sur le chemin pour nous Haut. 32 et 35 cm. vendre divers objets ethnographiques. Le soir, ils se trouvèrent nombreux autour de notre campement, admirant notre tente et mille choses à eux inconnues. Ils nous proposèrent l’achat de haches de pierre et de quelques idoles de bois (fig. 45). La signification primitive de ces dernières leur était inconnue — ou bien ils ne voulurent pas nous la dévoiler — car ils nous vendirent ces idoles pour des jouets d’enfants. Nous trouvâmes, en outre, ici de petits poteaux de case, de forme étroite, dont la sculpture représentait un visage humain
orné d’une très longue barbe (fig. 46). Ces poteaux, nommés « giréous » dans le langage des Bondés, se placent à l’entrée des huttes, à côté des grands panneaux qui flanquent la porte. La pièce la plus intéressante qu'on nous apporta fut un crâne humain, grossièrement sculpté dans un morceau de bois, provenant, d’après les renseignements des indigènes, du toit d’une hutte (fig. 47). Il s’agit là, probablement, d’un objet destiné à remplacer les vrais crânes qui, autrefois, servaient de décoration.
Les indigènes avaient aussi capturé divers animaux, entre autres deux gros Geckos, de l’espèce dont nous avons déjà parlé, et qu'ils avaient enfermés dans des tubes de bambou. Les Calédoniens ont une peur terrible de ces êtres inoffensifs qui sont même plus ou moins vénérés par beaucoup d’entre eux. Quelques familles portent le nom de ce lézard qui est « tabou » pour elles et qu’elles ne peuvent donc absolument pas toucher. Remarquons, en passant, que certaines plantes ou certains oiseaux sont également «tabous » pour d’autres groupes de
He de familles qui en portent les noms. Sans aucun élit bonne ide doute, cette pratique se rattache à une insrentrés dnme ee, titution totémique fort ancienne. Bondé. Long. 1 m 20 La journée se termina par un baïn réet 1 m 15. parateur dans les ondes du fleuve.
Nous suivons le lendemain, sur un petit parcours, la rive gauche du Diahot; çà et là, il coupe les roches en formant de pittoresques rapides, mais, la région de ses grandes courbes commençant, nous nous éloignons de sa rive pour traverser un pays ondulé de collines, dont nous avons maintes fois à monter et à descendre les pentes. Cette contrée, d’une monotonie accablante, est une savane, semée par places de niaoulis et souvent
aussi de taillis de Lantana dans le bas des vallons. Quelques mamelons étaient absolument dénués d’arbres ou de buissons: dans le gazon qui les recouvrait brillaient, çà et là, des blocs de quartz, dont l'alignement régulier indiquait la direction des filons désagrégés par le temps. Sur les pâturages, quelques pièces de bétail paissaient tranquillement derrière de longues clôtures qui suivaient les ondulations du terrain et marquaient les limites des propriétés des colons.
Dans l’après-midi de ce même jour, vers 2h.12, nous nous retrouvons au bord du Diahot, dans le voisinage de la station missionnaire de Bondé. La marée se fait sentir jusque là, bien que l'endroit soit éloigné d'environ 20 km. à vol d'oiseau de l'embouchure du fleuve. Grâce à elle, des bateaux de 15 tonnes peuvent, paraîtil, remonter jusqu’à Bondé. Au reflux, le fleuve est moins puissant; il ne remplit qu'une partie de son large lit caillouteux, mais son courant est alors plus rapide.
Malheureusement, la pluie se mit à tom- Fig. 47. Sculpture de bois ber pendant la nuit et nous retint encore SES GER tout le jour suivant sous notre tente, au bord du fleuve. Nous nous trouvions au milieu de la tribu des Bondés, forte d'environ 350 âmes, réparties dans 12 villages qui avoisinent la belle station missionnaire centrale. Tous ces villages portent aujourd’hui des noms de saints: St Michel, St Pierre, St Louis etc.
Le matin, nous eûmes l’honneur d’une visite du grand-chef des Bondés, dont Marius était le remplaçant gouvernemental. Il vint, accompagné d’un grand nombre de ses gens, et fit déposer devant notre tente un gros tas d’ignames, comme cadeau de bienvenue. Il accompagna ce présent d’un long discours, dont les phrases principales étaient ponctuées par les anciens de la tribu d’un «aing» d’acquiescement. Ce doit être là une très ancienne coutume, car Cook décrit de la même façon un speech qui lui fut adressé lorsqu'il aborda à Balade.
humain. Hauteur 12 cm.