‹ La Nouvelle-Calédonie et les Iles Loyalty;Chapitre 3 sur 39 · PT TI · texte numérisé non relu

PT TI

en EE

la traversée, le temps reste maussade et pluvieux. Au matin du 25 Février, les montagnes de la Nouvelle-Calédonie apparaissent à l'horizon et ce n’est pas sans une vive joie, qu'après un aussi long voyage — nous étions partis de Gênes le 4 Janvier — nous saluons le but de notre expédition. Devant nous, sur la mer, une longue ligne d’écume blanche trahit la présence du puissant récif corallien qui entoure l’île de sa vaste ceinture,

Nouméa est situé sur la côte occidentale d’une longue presqu’île dont les nombreuses ramifications dessinent des anses et des golfes plus ou moins étendus. Sa rade est protégée par la petite île de Nou et c’est entre cette dernière et un promontoire de l’île principale que se trouve l'entrée du port. La ville apparaît: amas de maisons blanches, dominées par les deux tours de la cathédrale. Plus en arrière, s'étendent des collines dénudées, et plus loin encore, de hautes montagnes aux formes majestueuses ferment l'horizon.

C’est toujours un événement important pour Nouméa que l’arrivée du grand courrier, aussi le public se presse-t-il nombreux sur le quai pour assister au débarquement. À terre, nous sommes cordialement accueillis par notre compatriote, le Dr Félix Speiser qui était venu des Nouvelles Hébrides pour nous souhaiter la bienvenue, et par deux familles françaises auxquelles nous étions recommandés. Un bon logement nous avait été réservé à l'Hôtel de France.

Nouméa n’a pas un passé très lointain. La ville, qui devait devenir le centre de la colonie, ne fut fondée qu’en 1854, une année après que la France eût pris possession de l’île, par le commandant de vaisseau T'ardy de Montravel, qui lui donna le nom de « Port de France ». La capitale, au centre de laquelle s’allonge la Place des Cocotiers, se divise en deux parties. La basse ville, construite sur terrain plat dans le voisinage du port, est formée des principaux bâtiments d’administration et des maisons de commerce qui voisinent avec de nombreuses baraques de bois et de misérables auberges, Dans l’autre partie, adossée à la colline, s'étagent les maisons d'habitation et les villas des colons plus aisés. Tous les grands édifices de pierre tels que le palais du gouverneur, l'hôpital, la cathédrale et le temple protestant sont

Page 1