‹ La Nouvelle-Calédonie et les Iles Loyalty;Chapitre 37 sur 39 · PER O RON · texte numérisé non relu

PER O RON

avec les personnes de haut rang. L’île se divise en trois districts: Loëssi au Sud, Oué et Gatcha plus au Nord, chacun sous la direction d’un grand chef.

A Képénéé vivait, lors de notre séjour, un Anglais nommé James Wright, qui menait une de ces existences bizarres d’Européens, comme on en rencontre beaucoup dans les îles du Pacifique.

Fig. 165. Rocher calcaire à la plage, près de Képénéé.

Arrivé à Lifou plus de 35 ans auparavant, il vivait là entouré de ses 13 enfants, tous de superbes métis; il était devenu comme le patriarche de l’île et se trouvait apparenté, par les mariages de ses enfants, à plusieurs chefs indigènes. Nous étions contents de pouvoir passer dans sa confortable demeure la première nuit après notre arrivée. C’est chez lui, également, que le naturaliste anglais À. Willey habita pendant 8 mois, alors qu'il poursuivait avec persévérance, mais malheureusement sans atteindre au résultat désiré, ses patientes recherches sur le développement embryologique du Nautilus.

Le jour suivant, on mit à notre disposition, pour la durée de notre séjour, deux chambres et une cuisine dans une maison voisine où l’un des fils Wright vivait avec de nombreux compagnons et domestiques. C'était une demeure très modeste qui suffisait cependant à nos besoins, bien que nous nous y sentions à l’étroit.

Nos travaux à Lifou furent plus d’une fois entravés par le mauvais temps. Je trouve très souvent dans mon journal la mention: pluie et vent. Le 20 Avril, la tempête venant du S.E. augmenta et atteignit une violence telle, qu’elle enleva, d’un seul coup, le toit de tôle ondulée d’une maison voisine, ce qui provoqua la chute d’un pan de mur. Le vent soufflait avec furie, étalant presque horizontalement les longues palmes des cocotiers, la mer ne formait plus qu’une seule masse écumante et la pluie tombait si serrée qu'elle ne permettait la vue qu’à une très faible distance. Mais, chose étrange, il ne se produisit, durant cette tempête, aucun phénomène d'électricité atmosphérique.

Ces fortes pluies, qui accompagnent presque toujours les ouragans, sont sûrement un important obstacle à la propagation par l’air des animaux et des plantes, car elles inondent tout ce qui tourbillonne avec le vent et le précipitent sur le sol. La fin d'Avril et le mois de Mai comptèrent cependant des journées plus claires, malgré un niveau barométrique souvent très bas et des vents violents venant de l'Ouest et du Nord-Ouest. Ces bourrasques nous empêchèrent, jusqu’au 10 Mai, de partir pour Ouvéa.

Le plateau qui, autour de Képénéé, descend en pente douce vers la plage, a une élévation d'environ 20 m.; presque partout horizontal, il forme la plus grande partie de l’île. Sur le côté Nord de la Baie du Sandal s'élève le rocher du cap Yacho qui dépasse le niveau du plateau (dans la fig. 165, on le voit à gauche, dans le lointain); sa hauteur, que j'ai mesurée, est à peu près de 55 m. De son sommet, on domine une grande partie de l’île et, tout d’abord, la vaste baïe, entourée d’une falaise rocheuse. On s’aperçoit que cette dernière est interrompue, non seulement près de Képénéé, mais encore en d’autres endroits où des brèches, formant de petits vallons étroits, conduisent sur le plateau. Vers le bord oriental de l’île s’allonge une muraille rocheuse, à

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