‹ La Nouvelle Calédonie: Son Climat - Sa Faune - Sa Flore; Ses Ressources Naturelles et Ses Possibilités AgricolesChapitre 11 sur 47 · UT · texte numérisé non relu

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Les semis ont lieu d'octobre à décembre, en chaleur montante. La maturité a lieu de mars à juin.

Rendement par hectare : 2? tonnes de paddy en moyenne, ce AP représente environ 1.500 kilogrammes de riz blanc.

Manioc. — Pousse dans tous les terrains, pourvu qu ‘ils soient meubles et bien draînés.

Rapporte au bout de 18 mois 40 tonnes à lhectare dans les terres ordinaires, alors que dans les bons terrains ce rendement peut atteindre 60 tonnes.

Ces rendements sont de beaucoup supérieurs à ceux de la Réunion, de Madagascar ou du Brésil, où la récolte ne dépasse pas 25 à 30 tonnes. A planter en chaleur montante de septembre à janvier. Ce tubercule, cru et écorcé, rappelle la châtaigne et, préparé comme des fruits confits, donne l'illusion de manger des marrons glacés. Des essais de fabrication de tapioca couronnés de succès n’ont pu malheureusement être continués pour des raisons d'ordre économique. Ce sont, d’ailleurs, toujours les capitaux qui manquent dans cette colonie pour industrialiser les productions, même les plus intéressantes.

Cette circonstance est d'autant plus regrettable, qu’en 1911, déjà la Maison Potin de Paris, qui était acheteur de toutes les disponibilités, a exprimé ses regrets de ne pouvoir être approvisionnée avec les tapiocas calédoniens qui répondaient, disait-elle, comme beauté ‘et qualité, aux meilleures sortes du Brésil.

Canne à sucre. — Avait donné lieu, dans les premières années qui ont suivi la prise de possession de l'ile, à des transactions assez importantes. Plusieurs usines dont on peut voir encore les vestiges, avaient été créées à Koé, Ourail, où la première fondée par M. Joubert avait commencé à fonctionner en 1865 déjà. Cette culture dut être abandonnée par suite de la présence trop fréquente des sauterelles qui n'existent plus aujourd’hui. Nombreux sont les terrains où pourrait être reprise cette culture qui nous éviterait d'aller chercher à l'étranger partie des sucres et rhums que rs la consommation française.

[Il est intéressant de rappeler que c'est à un envoi de plants de cannes calédoniennes que l’industrie sucrière de Maurice doit d’avoir été sauvée. Cette dernière Colonie a fait un nouvel appel à la Calédonie en 1912 pour obtenir un envoi de plants destinés à régénérer ses semences, ce qui prouve l'excellence de leur qualité. La Chambre d'Agriculture, à qui était adressée celle demande, y a fail naturelle-

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ment droit. Avait été, en 1863 déjà, l’objet de sérieuses et fructueuses tentatives, grâce à l'initiative de M. Vieillard, chirurgien de la Marine. Rien qu'à Wagap, les indigènes en livraient 1.200 kilogrammes au commerce, ell’année suivante, 20.000 pieds étaienten pleine végétation:

Tabac. — Pousse avec une vigueur remarquable. Donne 3 coupes par an et 1.800 kilogrammes en moyenne à l'hectare.

‘ La variété Deli s’est très bien acclimatée sans tendance à la dégénérescence.

La Java et le Kentucki ont également donné de bons résultats.

Voici comment la Commission interministérielle des tabacs coloniaux a apprécié en 1912 les échantillons GERS

Combustibilité bonne ou assez bonne. à

Teneur en nicotine, 2, 1 p. 100, ce qui doit être considéré comme une qualité. Goût bon, droit, neutre, assez léger et agréable même lorsqu'il est fumé seul. La Colonie ne pourrait-elle, dans ces conditions, contribuer à l’approvisionnement de la Régie Française qui

s'adresse encore en grande partie à l'Étranger? Depuis six ans, la Calédonie est soumise à la Régie comme la France, et le Département, sous prétexte de sauvegarder les intérêts de cette régie, a édicté des règlements tellement draconiens que les colons ont préféré abandonner une cullure qui pouvait cependant contribuer grandement à la prospérité du pays.

Vin. — La vigne se comporte très bien en Calédonie.

Au col d'Amieu près de La Foa, les frères Bergés ont planté un petit vignoble de 50 ares qui produisait bon an mal an 10 barriques d’un petit vin pétillant, très agréable au goût. Toutes les variétés de ceps ont été essayées avec succès.

Vanille. — Cette précieuse liane pousse vigoureusement et donne de nombreuses et longues gousses à arôme très développé.

M. Louis de Greslan a reconstitué une vanillerie abandonnée à la Dumbéa où il a récolté en 1912, 150 kilogrammes de vanille sur une superficie de un hectare, ce qui représente un fort joli revenu.

Oliviers. — Il est aèquis aujourd’hui que l'olivier est en Calédonie dans son pays d'élection et qu'il-n'est pas de terrain aride où il ne puisse pousser. Il s'y développe beaucoup plus rapidement que dans le midi de la France et donne ses frufts dès la 8 année.

Plantes à parfums. — Le climat sec et à ondées de la Calédonie, semblable à celui de la Méditerranée, mais plus chaud, est plus propice que tout autre à la culture des plantes et fleurs à parfum. Le

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Jasmin, la cassie, le gardenia pourraient y devenir l’objet d'une exploitation très intéressante.

Des essais ont déjà été tentés dans celle voie, mais l'absence des

capilaux nécessaires à la réussite d'une semblable industrie est la raison pour laquelle ces essais n'ont pas été couronnés de succès.

Blé. — Des échantillons de blé furent envoyés à l'Exposition de Londres de 1863, ce qui prouve que cette céréale peut venir dans cerlains terrains de la Calédonie et cependant, malgré différents autres essais plus récents couronnés de sucéès, personne ne songe aujourd'hui à satisfaire à une partie des besoins locaux, tant subsistent encore certains préjugés.

Avoine et Orge. — Ont été également l’objet d'essais intér essanls de 1862 à 1866, et plus récemment, sur certaines propriétés, dont Port Laguerre, où l'on a récolté de l’avoine de toute beauté.

Pommes de terre. — Bien que ce tubercule ne puisse être compté au nombre des cultures d'exportation, il m'a paru intéressant de lui consacrer quelques lignes, en raison des circonstances particulières qui ont permis de résoudre le point d'interrogation dont il a été pendant trop longtemps l'objet. Jusqu'en 1910, en effet, il était généralement admis que le pays ne pouvait pas produire de pommes de terre. Un concours avec primes importantes en argent fut alors organisé par la Chambre d’Agricullure el le succès en fut si vif que les Calédoniens eux-mêmes s'exlasièrent devant les splendides tubercules qui furent exposés. Il y eut une vinglaine de lots plus beaux les uns que les autres et les variétés les plus admirées furent : Brownell’s beauty. Beauty of Hebron, Up to date et Magnum.

Les colons avaient réussi à produire en une seule fois, sans engrais, 2.000 quintaux, alors que le pays pourrait facilement en récolter cent fois plus. Bien qu'ayant élé très éprouvé par les pluies, M. Daly, qui remporta le premier prix, avait obtenu 14 tonnes de {ubercules marchands avec deux tonnes de semences dans deux hectares, soit un rapport de 7 pour 1. Ces rapports ont varié de 7 à 11 pour 1 etil est des Lubércules qui ont pesé 1 kgr. 225. On peut semer dès que les premières pluies commencent, c’est-à-dire en mars et continuer jusqu’en octobre. On est assuré de pouvoir faire au moins 2 récoltes par an. Suivant l'époque de l’ensemencement, le temps nécessaire à une récolte varie de 90 à 114 jours.

Doit-on planter des tubercules entiers ou de fragments et doit-on choisir des sujets gros, moyens ou pelits?

ne

Des NE conduites suivant les directives de M. Villeroy de France ont corroboré exactement les résultats qu'il avait lui-même obtenus, à savoir qu'il fallait donner la préférence aux tubercules divisés en 4 ou choisir, comme il est recommandé en Australie, des tubercules de la grosseur d'un œuf de poule.

Il est nécessaire, bien entendu, de renouveler les semences #E plus souvent possible, mais il y aurait erreur à croire que.ces dernières ne peuvent pas être produites par le colon lui-même. J'ai personnellement, à maintes reprises, tenté l'expérience, et je puis affirmer qu'en les récoltant encore vertes et en sélectionnant les pieds les plus vigoureux, non seulement on réussit à conserver les semences d’une

année à l'autre, mais on obtient encore de cette façon un bon tiers de récolte de plus.

Li CULTURES DIVERSES

À côté de ces cultures, on peut encore produire des patates, des ignames, des taros, tous les fruits des régions subtropicales, mangues, oranges, mandarines, citrons, bananes, papaies, ananas, tous les légumes et une grande partie des fruits d'Europe qui peuvent riva-

liser avec les plus HE proue de France par le volume et la qualité.

La puissance du sol calédonien est si surprenante qu'avec un peu d’eau seulement, on arrive communément à faire 7 et 8 coupes de luzerne par an {j'en ai fait jusqu'à 10 sur une petite propriété que j'ai créée à litre expérimental) et il serait réellement triste, je dirai même antipatriotique sil'on ne cherchait pas à développer encore cetle puissance qu'avec un peu de méthode et d'organisation on arriverait très facilement à régulariser au cours de toutes Les saisons.

Coton. — Antipatriotique, ce serait, car si la France toute entière qui subit actuellement du côté de ses filatures une crise très angoissante, ne réussit pas à trouver de nouvelles sources de production de, coton, nous seront tous dans l'obligation, très prochainement, chacun dans notre modeste sphère, de payer nos costumes non plus de 4 à 600 francs, mais bien de 1.200 à 1.400 francs. 4

Sait-on que nos besoins annuels en coton seul se chiffrent, sans compter la laine, à 4 milliards environ. Or, l'Amérique qui était notre plus important fournisseur et qui nous vendait, il y a peu de temps encore, les 85 p. 100 de sa production, ne nous en a cédé, ces années

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