‹ La Nouvelle Calédonie: Son Climat - Sa Faune - Sa Flore; Ses Ressources Naturelles et Ses Possibilités AgricolesChapitre 12 sur 47 · D9NE · texte numérisé non relu

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‘dernières, que 15 p. 100 seulement, et encore ne nous les a-t-elle cédés que parce que l'organisation de toutes ses broches n’est pas encore assez complète pour lui permettre de transformer sur place en produits manufacturés toutes ses récoltes.

Le jour où cette organisation sera achevée — et elle se développe à pas de géant, comme sait le faire l'Amérique lorsqu'elle veut atteindre un but, — le sort de nos filatures sera réglé et il est même permis de se demander où nous irons chercher alors ce qu'exigent nos énormes besoins en poudre à base de nitro-cellulose.

Et que l’on ne s’imagine pas pouvoir combler les vides avec le coton de l'Inde ou de l'Egypte, car le premier est de qualité trop inférieure et le second trop cher pour pouvoir entrer dans notre consommation

courante.

Il faut donc, coûte que coûte, si nous ne voulons pas rester tributaires même de nos alliés, que nous cherchions partout où nous le pourrons de nouvelles sources de production et ces nouvelles sources de production, nos Colonies pourront nous les fournir; mais il faut faire vite, si nous ne voulons pas encore nous voir devancés une fois de plus.

L’Angleterre, elle aussi, subit la même crise que nous et c’est en réalité celte crise qui a donné lieu au fameux ultimatum que la Grande Bretagne a adressé à l'Egypte au lendemain du meurtre du Sirdar. Le Gouvernement Soudanais avait limité à 150.000 hectares la superficie cultivable en coton irrigué avec les eaux du barrage du Sennar qui va

entrer en service en juillet 1925, alors que la Grande Bretagne a notifié au Gouvernement égyplien son intention de cultiver ce Lextile sans limitation de superficie. Le conflit égypto-soudanais apparaît done, ‘ avant tout, comme un conflit de distribution d'eau en vue de la culture en grand du coton. ;

Si ce n’est pas d'aujourd'hui que notre ravitaillement en laine et : coton bruts est devenu préoccupant; peut-être paraîtra-t-1l intéressant de dresser un tableau aussi saisissant que possible des essais tentés et des résultats oblenus un peu partout chez nous en Indo-Chine, à Madagascar, à la Côte d'Ivoire, au Congo, et surtout en A. O. F. où M. le Gouverneur Général Carde a fait sien le vaste projet de la caplation des eaux du Niger de M. l'Ingénieur Bellime, projet qui nécessitera une dépense de 600 millions. Ce tableau permettra de mieux faire ressortir la précieuse source de production immédiate qu'offre à la France et à nos filatures notre Colonie du Pacifique, la Nouvelle Calédonie et ses faubourgs les Nouvelles Hébrides.

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Il ya quelques mois à peine, on paraissait encore ignorer, en-eftel,. que ce groupe produisait un coton local réputé des meilleurs et possédant l’immense avantage de ne pas être herbacé, mais, au contrairevivace, arborescent et très productif. |

Des expériences entreprises depuis plusieurs années déjà en A. O. F.. sur les cotons égyptiens el américains, expériences très judicieusement dirigées par le Docteur Forbes, il ressort (Rapport officiel paru en novembre 1924) : \

1° Que la culture sèche des cotons égyptiens a tolalement échoué, le climat ne leur convenant pas;

2° Que 10 variétés de colon américain à soies moyennes ont, par contre, donné les rendements suivants :

325 kilogrammes de coton brut à l’hectare avec un pourcentage de- 29 p. 100 de fibre, soit 95 kilogrammes environ à l’hectare.

3° Qu'il est possible, au moyen de l'irrigation, de cultiver avec profit les cotonniers, type égyptien à moyennes et longues soies dans les. régions de l'Afrique où la hauteur Reres des pluies n'atteint que 400 à 500 millimètres.

49 Que les cotonniers américains peuvent être produits par irrigation partout où 800 millimètres de pluies ne sont pas enregistrés et, par dry farming, au contraire, c’est-à-dire sans irrigation dans toutes les régions où la hauteur pluviométrique n'est pas inférieure à cette quantité (800 millimètres). :

Le rapport ajoute que partout où les chutes moyennes atteignent. chaque année 1200 millimètres, on peut obtenir des cotons possédantles. qualités des variétés moyennes d’ Amérique.

Ce sont ces constatalions qui ont amené ceux qui s'intéressent parli-culièrement à celte culture, à dresser une carte des possibilités. cotonnières en A. O. F., possibilités auxquelles il est toutefois, impossible d’assigner aujourd'hui des limites exactes.

Pour arriver à réaliser ces possibilités, on a abouti à un plan de campagne progressif qui comporte par paliers: l'aménagement hydraulique et agricole des régions comprises dans les vallées du Niger èt du. Sénégal, au furet à mesure, de la captation des eaux du Niger qui permettra, une fois terminée, de disposer de 750.000 hectares propices. à celte culture. Ce n’est pas critiquer ce projet qui ne peut être réalisable qu'à lrès longue échéance que d'oser dire qu'il restera de: longtemps subordonné à une question financière. En attendant sa réalisation et en attendant également que nos autres colonies arrivent

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à cénnaître les données techniques indispensables au développement de la production cotonnière, données qui comprennent les procédés de culture et les variétés à cultiver encore imprécises un peu partout et qui doivent cependant précéder toute propagande auprès des populations, il est permis de se demander où la France pourra s'assurer des quantités importantes que réclame sa consommation courante, le jour où l'Amérique industrialisera toute sa production et où nous ne trouverons plus chez elle que des produits manufacturés.

Et la nécessité d’amplifier et d’intensifier la création de notre empire colonial s'impose d'autant plus que les récoltes américaines - ont baissé de qualité depuis quelques années el que leurs cotons à courte fibre, bien qu'étant cultivés sur une aire plus étendue, correspondent, en réalité, à des récoltes moindres qui aggraveront, d'année en année, les difficultés de nos filatures.

C'est pour toutes ces raisons qui ont un véritable caractère national qu'il y aurait lieu de ne pas négliger les précieuses ressources que nous offrent la Nouvelle Calédonie et les Nouvelles Hébrides et qu’elles nous offrent d’une façon immédiate, car la culture là-bas n'en est plus à la phase des essais ou à la recherche des variétés adaptables au pays. Elle est, au contraire, parfaitement assise, donne des résultats constants en dry.farming de beaucoup supérieurs à ceux que nous promettent sous irrigation les études faites en A. O.F.

Le rendement moyen à l’hectare dans les terres ordinaires y est, en effet, de 1.000 à 1.200 kilogrammes donnant, à raison de 30 p.100, de 330 à 400 kilogrammes de fibres nettes, d'une longueur oscillant entre 33 millimètres et 40 millimètres, c'est-à-dire de beaucoup plus longue que partout ailleurs. |

Si l’on prend pour base les chiffres donnés par M. le Docteur Forbes, le coton ne peut être produit naturellement sans irrigation que dans les régions où la chute pluviométrique n’est pas inférieure à 1200 millimètres.Or, en Calédonie, d’après les statistiques officielles faites par M. le Docteur Mialaret, la quantité moyenne de pluie tombée sur toute l'étendue de la Colonie a été pendant 10 ans de 1.845 millimètres pour 142 jours de pluie avec comme maximum 2.439 mullimètres et comme minimum 1.263 millimètres.

Cette constatation permet donc d'affirmer qu'on sera donc toujours assuré, au cours de l’année, d'une quantité d'eau supérieure à celle qui est nécessaire pour que le coton puisse.parcourir normalement les différents cycles de son développement.

Le F9GME

Si l’on ajoute à cette précision que la Calédonie pééède un cotofinier local, acclimaté dans le pays depuis plus de 30 ans déja, et que ce: cotonnier est vivace et arborescent, c'est-à-dire qu'il n’a pas besoin d'être replanté Lous les ans, comme c’est le cas pour les cotonniers américains et égyptiens, on reconnaîtra l'immense privilège dont jouit cette colonie puisque, par suite de celte donnée technique, on supprime l'obligation de l’assolement triennal qui nécessite 3 hectares pour un, si l’on veut ie les approvisionnements soient assurés d' une façon continue.

Connu sous le nom de coton calédonien, le laboratoire 7 productions coloniales l’a rapporté au type du Gossypium Peruvianum.

Celte culture est, d’ailleurs, au nombre de celles qui sont normalement pratiquées dans le pays et le coton obtenu est le meilleur de tous ceux que produisent nos autres colonies, el il en est le meilleur, parce qu’il acquiert une qualité intrinsèque spéciale due au terroir même. Ce terroir, il ne faul: pas craindre de le rappeler, jouit d’une telle influence que tous les produits récoltés en Calédonie obtiennent sur les produits similaires des autres colonies une bonification qui se traduit toujours par une valeur plus grande.

Je ne puis mieux appuyer. celle nouvelle affirmation qu’en faisant connaître les prix atleints par les cotons calédoniens'et hébridais à la date du 15 avril 1925 : de 650 à 700 francs les 50 kilogrammes, c'est-à-dire de 50 à 150 francs plus chers que ceux du Soudan, du Dahomey, de la Côte d'Ivoire et de Togo qui oscillent entre 575 et 600 francs, et que ceux de l'Indochine et de Madagascar qui ont débuté à 550 francs pour ne pas dépasser 575 francs.

Il n'est pas inutile enfin de rappeler que le groupe du Pacifique Austral a déjà fourni à la Métropole en 1923 presque le tiers de l’ensemble de notre production coloniale (1.140 tonnes de fibres sur 3.600) et que la récolte de 1924 atteindra environ 2.000 tonnes.

Terres. — Nombreuses sont les terres qui peuvent être considérées comme propres à celle cullure en Nouvelle Calédonie, et particulièrement aux Nouvelles Hébrides.

Main-d'œuvre. — Avec la venue des contingents de main-d'œuvre annamite que l’Indochine veut bien accorder à ces iles qui, normalement, doivent lui être ratlathées parce qu'elle est, en réalité, la Métropole du Pacifique et de la main-d'œuvre javanaise que le Gouverneur Néerlandais a la bienveillance de lui continuer, il ne manque que des capitaux pour que notre groupe d'iles fasse rapidement figure

méritoire dans l'ensemble de nos possessions productrices de coton. ne faut pas, d’ailleurs, laisser ignorer à ces capitaux jusqu'ici insuffisamment instruits, qu’ils seront largement rémunérés puisque, dès la 5° année ces capitaux doivent être normalement récupérés et que notre industrie nationale disposera d'un coton d'une qualité. et d’une valeur marchande telles ire peu de colonies seront à même de lui procurer. ‘

L'Administration aurait, d'ailleurs, le plus grand intérêt, elle-même, à comprendre plus effectivement ce groupe dans les limites de son programme cotonnier, car celui-ci, seul, pourra lui permettre, en raison des importantes étendues de terrains à mettre immédiatement en culture d'atteindre avec plus de confiance et moins d'aléas la ‘période de réalisation que va nécessiter la mise au point technique des futurs champs d'exploitation.

Ensemencement. — Doit se faire en chaleur montante, d'octobre à fin décembre. Fait plus tôt ou plus tard, on court le risque de perdre une récolte et de voir la plante souffrir d’un abaissement de température. |

La 1'° floraison a lieu en avril et mai, et la récolte s’échelonne sur 2 mois de fin mai à fin juillet, suivant la maturité des capsules.

Une 2° floraison beaucoup moins importante se produit souvent à

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partir de septembre à novembre donnant lieu à une 2° récolte qui, elle aussi. se répartit sur les 2 mois suivants.

Une fois cette période terminée, on procède à la taille des arbustes qui est absolument indispensable, car à l'encontre de ce qui se passe sur la généralité des autres plantes, le cotonnier ne donne ses fruits que sur le jeune bois.

En principe, supprimer tout le vieux bois à 0 m. 30 ou Om. 40 du sol et ne laisser sur chaque pied une fois les rejets poussés que les 5 ou 6 plus vigoureux. Choisir enfin ces sujets assez éloignés les uns des autres pour permeltre à l'air de circuler librement entre eux et au soleil d'y pénétrer.

Cacaoyer. — A trouvé son terrain de prédilection aux Nouvelles Hébrides. Sa culture a pris une extension que justifient les résullats déjà acquis. En moins de 3 ans, la récolte est passée de 300 à 1.100 tonnes et il n’est pas douteux qu'avec la perspective dont jouit aujourd’hui cet archipel d’un peuplement consiant, grâce aux contingents de travailleurs que lui assure si bienveillammentle Gouvernement de l'Indo- Chine, la colonisation française va pouvoir développer sérieusement

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