‹ La Nouvelle Calédonie: Son Climat - Sa Faune - Sa Flore; Ses Ressources Naturelles et Ses Possibilités AgricolesChapitre 14 sur 47 · FAUNE MARINE · texte numérisé non relu

FAUNE MARINE

On ne connaît, des poissons d'eau douce qui existent dans tous les cours d'eau ou rivières, que le nom de certaines variétés telles que mulets, carpes, goujons ou genres analogues, anguilles, et crevettes dont la chair est très appréciée. Il n'en est pas de même de la faune de mer qui a été trop souvent décrite pour qu’il me paraisse utile de m’y appesantir. Je signalerai, toutefois, que l’intérieur du récif forme un véritable vivier naturel où la pèche est très facile et où foisonnent à côté des rougets de jour et de nuit, des bossus, des becs de canne, des loches grises et saumonnées, des baleiniers, des aiguillettes, des raies, des crabes, des langoustes, oursins, poulpes holoturies, crevettes, une tortue qui fréquénte les côtes, toute la gamme des coquillages, huitres, moules, palourdes clovisses, une quantité de poissons à couleurs vives dont l’ensemble représente une valeur alimentaire de premier ordre.

Il en est cependant, parmi ces derniers surtout, qui sont vénéneux, rarement pendant toute l'année. C’est à l'époque qui correspond au corail en fleurs, que se produisent les cas d'empoisonnement les plus fréquents. Il en est qui agissent d’une façon assez virulente, insûffisante, pour mettre en danger la vie de quelques rares personnes qui doivent avoir un degré de réceptivité particulièré, mais du moins suffisant pour produire chez elles des désordres assez graves et d'assez longue durée. Chez la plupart, toutefois, on remarque une fois la période des coliques disparue, des démangeaisons intolérables qui atteignent parfois tout le corps avec des douleurs violentes dans les’ articulations.

Sans qu'il soit encore possible de désigner d’une façon précise les variétés qui produisent ces accidents et s’il est des signes auxquels on puisse reconnaître leur toxicité, l'on peut toutefois, affirmer que le siège de l'agent toxique se trouve presque exclusivement dans les ouies.

J'ai toujours recommandé, pendant toute la durée des chaleurs qui

pe

ÉLAA SES

correspondent là-bas aux mois dont le nom contient un r, de ne jamais faire cuire un poisson avec la tête, en dehors des rougets, communards etloches grises qui jamais ne produisent de ces accidents. Ce sont, d’ailleurs, toujours les personnes qui ont mangé cette tête ou la chair la plus proche qui sont atteintes, avec le plus de sévérité, sévérité qui s’atténue pour disparaître même complètement de la tête à la queue. C'est ce qui explique pourquoi toutes les personnes ayant mangé du même poisson ne sont pas toujours malades. J'ai fait à plusieurs reprises l'expérience de donner les têtes crues à manger à des chats et je me souviens encore de deux d entre eux qui ont passé rapidement de vie à trépas.

Ge:sont surtout les poissons à couleurs très brillantes q qui m'ont paru

“présenter le plus de dangér el ceux qui, sans couleurs, peuvent être

classés dans la catégorie des gros poissons.

Mais il est des personnes, et en particulier les Japonais, qui consomment ces derniers journellement sans crainte et sans prendre la plus

petite précaution. Ils prétendent posséder un antidoteinfaillible contre .

tous les empoisonnements.

‘Get antidote serait un arbuste poussant au bord de mer et n’existant encore que dans certains parages de la Colonie (ilôts environnants). S'il m'a été impossible de le faire encore spécifier, je ne manquerai pas de m'y employer aussitôt que je serai en possession des spécimens nécessaires. ,

Be enquête à laquelle ; je me suis s livré, il ressort qu'il n 'est pas un noie qui n’ait sur sa table une petite fiole renfermant une forte

infusion de l’arbuste en question, infusion dont une cuillerée à bouche

est prise après chaque repas de poisson. Il n’est, d’ailleurs, pas à ma connaissance de cas d'empoisonnement qui se soit produit sur l’un d'eux. La propriété particulière de ce végétal est connue aujourd’hui d'un petit nombre de Calédoniens qui ne craignent pas d’en faire usage dès qu'ils se sentent pris de la « gratte » et qui m'ont dat avoir été guéris radicalement et très rapidement.

J'ai dû. interrompre les expériences que j'avais entreprises à ce sujet par suite de mon retour-en France et malgré les quelques coïncidences heureuses que j'ai déjà obtenues, il serait prématuré d'en faire état avant d’avoir pu réunir un faisceau plus important d’observations. Il y aurait incontestablement intérêt à faire poursuivre, ou plutôt à faire reprendre ces expériences, en raison des conséquences heureuses qu’orr enpourrait peut-être tirer.

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