‹ La Nouvelle Calédonie: Son Climat - Sa Faune - Sa Flore; Ses Ressources Naturelles et Ses Possibilités AgricolesChapitre 23 sur 47 · RS ER · texte numérisé non relu

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À quelle race doit être rattaché le bœuf calédonien? C’est à un Anglais du nom de Paddon que la colonie doit l'introduction des premiers spécimens de la race bovine. Ceux-ci ont été importés d'Australie et étaient de la race « Durham » comme ceux introduits peu de temps après la prise de possession de l'ile par MM. Ralph et Cheval.

En 1878, certains pâturages surchargés ayant commencé à s'appauvrir et à paraître insuffisants pour l'élevage du Durham qui passait pour être exigeant au point de vue AUALOE M. Saxton tenta l'importation de quelques « Devon ».

De rares essais de croisement avec « l’Hereford » et « l’Angus »

constituent à peu près tout ce qui peut être dit sur les origines cu

bétail de Calédonie.

. Dans ce pays encore voué presque entièrement à la vie pastorale, où le lait naturel est, pour ainsi dire, inconnu el le beurre plusencore, il n'existe que peu de représentants des races laitières. Au Chef-lieu se trouve concentré un embryon d'industrie laitière à rendement limité et inférieur à la consommation locale qui est obligée de se contenter des 900 à 1.000 litres mis journellement à sa disposition. Dans le voisinage, on remarque cependant quelques spécimens de la race Aryshire ou croisés Aryshire de souche zélandaise et de la race Jersey, d’origine äustralienne. Il est donc permis de conclure que les ascendants du bétail calédonien sont, en grande partie, du Durham-Hereford et du Durham-Devon avec prédominance du Durham.

Il n'y a pas lieu de tenir compte du sang Angus, dont il n’a été introduit que quelques rares représentants. On avait cru remarquer que celte race résistail fort mal à la sécheresse. Peut-être ne faut-il voir dans ce manque de résistance que la présence de lésions tuberculeuses rencontrées à l’abatage sur tous les sujets importés.

Il est à remarquer que c’est le Durham qui, sans contredit, s’est le mieux adapté à cette vie à l’élat de nature auquel est soumis le bétail en Calédonie et que c’est lui qui s’est maintenu dans le moins mauvais état d'embonpoint au cours des mois de sécheresse qui sévissent régulièrement chaque année.

Rares ont été, de tout temps, les éleveurs qui, comprenant l’importance capitale d’infuser du sang nouÿeau, ont introduit, de distance en distance, des taureaux de race pure.

À part quelques gros propriétaires et groupements industriels, l'on peut dire que pas un éleveur petit ou moyen n'a lenté de maintenir

son troupeau en haut de l'échelle sociale animale, faute de pouvoir disposer de capitaux suffisants. .

Il appartenait donc à l'initiative de la Chambre d'Agricüllure, dont je suis resté Président pendant 10 ans, d'entreprendre l'amélioration méthodique du cheptel en général.

En 1913, cette Compagnie commença à importer des reproducteurs mâles et femelles Durham inscrits au Herd-Book d'Australie, pays qui passe, à juste titre, pour posséder des troupeaux pouvant supporter la comparaison avec les plus beaux de France. |

Ces reproducteurs furent. vendus aux OS publiques avec le plus grand succès. D k

Les aptitudes et qualités de cette race sont trop connues pour qu'il soit nécessaire de les rappeler, mais on ne me refusera pas d'admettre que si ces qualités peuvent être justernent appréciées lorsqu'il s’agit de bêtes australiennes, il paraît difficile de les méconnaitre lorsqu'il s’agit de sujets de même race vivant en Calédonie, c'est-à-dire dans un pays particulièrement privilégié.

Pourtant si fondée que puisse paraître cette déduction, elle n’a pu encore obtenir droit de cité auprès de certaines sphères qui, je ne sais pour quelles raisons, ne sont pas parvenues à s'affranchir de certains préjugés que tous mes efforts tendront à faire disparaître.

En dehors des aptitudes et qualités connues de la race Dürham, il y a lieu de noter que si elle s’accommode bien de la vieen liberté, malgré les longues distances que les bœufs et vaches ont souvent à parcourir pendant la période de sécheresse pour aller à la recherche de l'eau et de la nourriture qui leur sont nécessaires, elle a le très sérieux défaut d'être disproportionnée dans son avant et arrière-train au point de présenter, chez les sujets gras, surlout, des différences en moius de 40 et même 50 kilogrammes.

Il était donc indispensable, de ce côté encore, de rechercher s’il ne serait pas possible d’équilibrer les quartiers de viande, et la Chambre d'Agriculture n'a pas manqué d'envisager ce nouveau facteur qui devait augmenter notablement en cas de réussite, la valeur individuelle des animaux sans qu'il soit nécessaire d'accroître l'étendue des pâturages.

Des importations de France de notre pur sang Limousin, mâles et femelles, eurent alors lieu régulièrement pendant lrois années conséculives. |

Malheureusement, la déclaralion de guerre est venue surprendre le

AVS

Pays en pleine évolution économique et l'on dut interrompre celte amélioration qui avait cependant déjà marqué son empreinte sur les Jeunes générations, empreinte réellement heureuse puisqu’en 7918, ila été livré à Ouaco un premier troupeau de 100 têtes âgées de 4 ans, qui ont donné à l'abatage :

- 280 kilogrammes de viande nette, vaches comprises, etqu il est facile de constater encore actuellement à l’abattoir municipal de Nouméa des sujets présentant un équilibre presque parfait entre les deux quartiers de devant et de derrière.

Mais l'empreinte laissée par ces premières introduclions ne s'est pas. seulement bornée à ces résultals. J'ai pu remarquer, en effet, dans les quelques troupèéaux où ce sang commençait à primer que les sujets s'accommodaient mieux encore de la vie en liberté que les Durham et se maintenaient en meilleur état d'embonpoint pendant les mois difficiles de la sécheresse.

Les bœufs calédoniens, en résumé, sont déjà tels qu'ils se présentent comme d'excellents animaux de boucherie donnant un poids vif moyen de 400 à 500 kilogrammes.

Mais il n’est pas douteux qu'avec un peu de méthode, de sélection et d'organisation, on obtiendrait un cheptel qui pourrait, lui aussi, supporter la comparaison avec nos meilleurs produits de France.

Il ne me paraît pas possible de mieux étayer l'affirmation que je viens d'émettre qu'en rapportant les chiffres officiels qui ont été relevés à l’usine de Ouaco où 5.200 bœufs et vaches abattus au cours de l'exercice 1914 ont donné 270 kilogrammes de moyenne et 6.800 abattus en 1915 ont donné 260 kilogrammes (toujours vaches comprises).

L'usine de Ouaco a, en outre, expédié à elle seule à Sydney en 1914: 100.000 kilogrammes de suif alimentaire et 100.000 kilogrammes de peaux provenant des 5.200 têtes abattues, ce qui représente en chiffres ronds une moyenne de 20 kilogrammes par tête pour chacun de ces sous-produits. N'y a-t-il pas dans ces chiffres la preuve que la Calédonie pourrait participer heureusement, quoique modestement, au relèvement de notre cheptel national.

Je me hâte de dire que les usines ont loujours draîné le meilleur bétail de la Colonie, malgré les prix de misère payés par elles.

Rendement en viande: — Le rendement varie de 52 à 60 p. 100 suivant l’état d'embonpoint des bêtes.

Quant à la qualité de la viande, elle a définitivement acquis droit de

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