CHEVAUX
En l'absence de recensement officiel, mais en s'appuyant sur les renseignements recueillis par les différentes brigades de gendarmerie, on peut estimer à 6 ou 7.000 le nombre des chevaux et juments qui presque tous appartiennent aux colons. Les indigènes en détiennent tout au plus quelques centaines, ÿ compris les Loyaltiens.
L'état sanitaire y est excellent.
La morve et le farcin sont inconnus dans lé pays. On n’a encore signalé ni trypanosomiase, ni dourine, ni fluxion périodique. Depuis plusieurs” années on a pu noter, particulièrement dans certaines régions, quelques cas de cette ostéite hypertrophiante de nature infeclieuse observée dans toutes nos Colonies et dont la grosse tête est une des premières manifestations; mais l'affection est encore plutôt rare, les colons ou éleveurs acceptant de se débarrasser de tout sujet atteint. Toutes les recherches faites en collaboration avec le Docteur Lebœuf sur l'existence et la nature d’un agent pathogène, tant par l'examen direct des produits organiques que par les cultures, sont restées infructueuses. &
En dehors des accidents et claquages, la médecine des chevaux ne comporte donc que le traitement des maladies ordinaires : angines bronchites, pneumonies, entérites, coliques et quelques hépatites. A signaler cependant la présence fréquente, au cours des mois de chaleur, de plaies d'été dont il sera fait une mention spéciale.
L’extrème fréquence du tétanos qui existait partout dans la Colonie, mais plus particulièrement au Chef-lieu et ses alentours, a sérieusement diminué par suite de l'emploi régulier du sérum antitétanique.
Caractères que présentent les chevaux calédoniens. — Si tous les chevaux sont primitivement issus de pères et de mères australiens, il est difficile de les ramener à un type unique, Tous ont, il est vrai, un air de famille qu'il est impossible de méconnaître, mais aucun ne présente les caractères/constants d’une race.
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Ce sont des métis à différents degrés de mélange ayant pour ainsi dire, chacun des caractères propres. Ils sont lous issus du croisement: 1° du pur sang; 2 du 3/4 sang; 3° du 1/2 sang; 4° enfin d’étalons sans nom. PAU | | er |
Caractères généraux. — La laille moyenne qui, par suite du manque de sélection et d'infusion de sang nouveau, oscillait entre 1 m. 43 et 1 m. 50 s'est très sensiblement relevée depuis plusieurs : années... Xa82a PES
Si la tête est souvent grande; quoique loujours bien portée et bien
attachée, quelques-uns l'ont petite, carrée, à front large et droit. L’encolure est longue et grêle, le rein court et fort. La croupe, mal dirigée, rachète ce défaut par le développement et la puissance des muscles. qui la font mouvoir. La poilrine est profonde quoique souvent étroile. Les membres sont bien d’aplomb, mais grêles dans leurs tendons. Le sabot est pelit et le pied sûr. La peau enfin est fine. Doué d’uné santé vigoureuse, le pelit cheval calédonien a un tempérament sanguin nerveux très développé qui fait que toutes les fonclions sont, chez lui, très actives. La coloration de ses muqueuses est toujours d'un rouge franc; ses yeux vifs et expressifs quand il est en marche se meuvent fréquemment dans leurs orbites et témoignent d’une sensibilité morale qui peut acquérir d'assez grands développements par une culture raisonnée. Depuis leur naissance jusqu’au
moment où ils vont être mis en service, généralement à 4 ans, mais souvent même à 3 ans, les poulains vivent en plein air, exposés à toutes les intempéries sans être soumis, à part quelques exceptions, à un régime alimentaire quelconque. Seuls, les pur-sang sont l’objet de scins particuliers.
. Pendant la bonne saison où l’herbe est abondante, C reste -à-dire de mars à novembre, les jeunes se développent assez vite et acquièrent même un cerlain embonpoint, mais pendant la période de sécheresse où T’herbe se fait rare, ils ne tardent pas à dépérir et à être arrètés dans leur croissance. Il est donc facile de concevoir que, sous l’influence d’une pareille éducation, d’un élevage, aussi rude, le cheval calédonien qui possède beaucoup de sang, doive acquérir une force de résistance, une rusticité à toute épreuvé.
Résistance au travail — Raïd de 100 kilomètres. — Jusqu'en 1883, les corps de troupe stationnés à Nouméa, Artillerie, Gendarmerie el Infanterie, se remontaient exclusivement en chevaux australiens.
De 1883 à 1895, les Calédoniens ont été admis à faire partie des effectifs dans une proportion de moitié seulement, le Pays passant pour ne pouvoir fournir à tous les besoins.
A partir de cette date (1895), les Commissions de remonte se sont exclusivement adressées à la production locale pour combler les vides. Il a été prouvé depuis, grâce à des statistiques que j'ai dressées, que la moyenne des services des chevaux calédoniens a été de 8 ans alors que celle des australiens n’a jamais dépassé 5 ans.
Il est donc inutile d’insister sur l'intérêt qu’il y avait à conserver les qualités de ce cheval qui, grâce à quelques améliorations, pourrait être appelé à rendre les plus grands services au point de vue « remonte mililaire » pour nos autres Colonies, et particulièrement pour relever la race Indo-Chinoise avec laquelle elle a maints caractères communs.
Ces qualités se sont, d’ailleurs, tellement aftirmées au cours d'un raid de 100 kilomètres couru sur route très accidentée, il y a quelques années, qu'elles méritent d’être relatées rapidement.
12 chevaux se sont disputé cette épreuve qui a été courrue exclusivement au galop en 5h. 8 minutes, les cavaliers ayant accru progressivement l’allure en arrivant sur la fin du parcours, pour obtenir ce résultat inouï de couvrir les derniers 19 kilomètres en 38’ 20”, c'est-àdire à un train de 30 kilomètres à l'heure. Si l’on songe que cette magnifique épreuve a élé courue par des chevaux de: stock, par des
RAS, De A bêtes privées des soins les plus éléentires, vivant exposées à àtoutes les intempéries, très. sommairement nourries pour la plupart, on reconnaîtra que ce Pays possède une race excellente dont les qualités doivent non seulement être conservées, mais encore améliorées . ;
Importance économique de l'élevage dans la colonie. — - Touchant aux portes de l'Australie qui versail sur son marché la majorité des
. matières qui lui étaient nécessaires, le colon calédonien, par suite du
manque général de voies de communication, n'avait vu, Hour ses.
produits de la terre, qu'un placement difficile et peu immédiat. Aussi s'était-il gardé jusqu'à ces dernières années de selivrer à l'agriculture proprement dit, préférant faire l'élevage des chevaux et surtout du gros bétail facile à convertir en espèces sonnantes..
C’est, pour cette raison, que l'industrie bovine a occupé, de tout temps, le premier rang au point de vue « agricole » Mais cette imdustrie n’est plus suffisante aujourd’hui que le commerce se développe, que l'on demande à la terre de concourir à la prospérité du Pays, que des routes commencent à meltre en communication les centres entre eux et que les transports se font chaque jour plus pressants et plus impérieux.
Le cheval calédonien, tel qu'il existait, ne répondait plus aux besoins généraux et locaux. Il était nécessaire de lui donner du corps,