‹ La Nouvelle Calédonie: Son Climat - Sa Faune - Sa Flore; Ses Ressources Naturelles et Ses Possibilités AgricolesChapitre 38 sur 47 · SOS · texte numérisé non relu

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nous permettre de suivre la transformation complèle des embryons en larves inoculables par la trompe du culex.

Beaucoup des moustiques crèvent, d'ailleurs, avant le dix-septième jour d'observation c’est-à-dire avant que celte transformation ne soit achevée. | ; | |

IL paraît, néanmoins, démontré que le Culex commun est l'agent spécial où l'embryon de la Filaria immitis conserve sa vitalité, ce qui précise l'origine des contaminations sur les chiens de chasse et de bétail, | Eh

Or, les Culex existent très nombreux dans Ja brousse calédonienne. Mais celte contamination peut ne pas avoir cetle seule origine et peut- , être serait-il vraisemblable d'admettre qu’elle puisse se propager par l’eau des mares où vont pondre les moustiques et où les chiens se désaltèrent.

Traitement, — La prophylaxie de l'affection est, d'après ces données, impossible à réaliser pour le moment du moins, en raison des grandes élendues de terrains qui, en Calédonie, ne sont pas encore habitées. Ce qu’il importerait surtoul, à mon avis, ce serait développer l'esprit de lutte contre les moustiques, lutte dont les moyens sont aujourd’hui assez répandus et connus pour ne pas avoir à les rappeler.

Traitement proprement dit. — Je vais rapporter les diverses tentalives que J'ai faites non avec l'espoir d’une réalisation pratique, le nombre des vers el leur siège étant des obstacles trop évidents, mais pour pouvoir démontrer mieux encore la nécessilé de travailler à la prophylaxie d'une affection sur laquelle aucune médication connue n’a encore de prise. Ces essais ont élé basés sur l’action in vitro de certains agents médicamenteux, tels :, le sulfure de calcium, le monosulfure de sodium et le chlorhydrate de quinine qui se sont montrés très efficaces. ;

Une goutte de solution très étendue de ces agents luait les vers immédiatement sous l’objectif du microscope. Injectées à faible dose, ces solutions ont paru stimuler passagèrement l'organisme du chien surtout le sulfure de calcium, mais des doses de 75 centigrammes à 2 grammes ont produit des accidents graves chez le malade tout en laissant indifférents les embryons et adulles de Filaria immitis.

Le sérum de chien parasité paraïl contenir des Loxines ou des poisons plus ou moins complexes qui, en injections sous-cutanées ou intraveineuses, abaissent le nombre des globules blancs et aggravent

l'état du sujel.

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L’extrait de filaires obtenu par la filtration sous pression de vers adultes retirés aussitôt après la mort, lavés et broyés dans la solution physiologique de NaCI a été également injecté, mais sans résultat appréciable. Il est vrai de dire que ces derniers essais n'ont pas pu être répétés en nombre suffisant pour qu’une juste appréciation pût être émise. Peut-être ce moyen permettrait-il cependant de rendre le chien réfractaire contre ee des larves par la trompe des moustiques. |

En raison du ie très important de. chiens filariés existant en Calédonie et de l'obligation dans laquelle je me suis trouvé de donner mes soins à beaucoup d’entre eux, j'ai dû rechercher l'agent pratique capable de prolonger la survie de sujets auxquels tenaient particulièrement certains propriétaires pour les services qu'ils rendaient.

Après maintes tentatives, je me suis arrêté au sulfure de calcium sous forme granulaire qui paraissait être la plus pratiquement administrable et la plus économique à cause de l’affinité élective que les sels de soufre ont pour les voies respiratoires et la peau.

Pourquoi j'ai donné la préférence au sel de calcium? Parce que, en dehors du dégagement d’acide sulfhydrique que produisent tous les sulfures, le calcium tient le premier rang parmi les réparateurs en fournissant aux éléments anatomiques malades les malériaux nécessaires à la réparation d’une partie des pertes dues à Le désassimilation (Rabuteau). ;

Ces considérations suffisaient à justifier l'emploi de ce médicament, car l’acide sulfhydrique se diffusant partout dans l’intérieur des tissus et pénétrant dans le sang, ne pouvait qu'incommoder les filaires, en. tuer peut-être une partie par une action prolongée ou tout au moins ralentir l’éclosion des embryons et la vitalité des adultes. Ayant, en outre, pour action de suractiver la circulation et d'augmenter sensi-

blement l'appétit, ce sulfure ne pouvait qu'aider à combattre la faiblesse générale dont sont frappés les sujets atteints de filariose.

Beaucoup de propriétaires traitent aujourd’hui leurs chiens de cette façon et bien que les résultats obtenus ne soient ni absolus, ni constants, il m'est cependant permis de dire qu'il m'est arrivé fréquemment de constater une disparition momentanée de la toux, un retour progressif de l'appétit et que j'ai eu des malades qui sont restés deux mois sans présenter presque aucun signe consécutif à l'existence de la filaire. J'ai, d’ailleurs, observé, au cours de ces améliorations une diminulion notable des embryons.

L'essentiel est de donner le médicament régulièrement et sans arrèt Jusqu'à «effet utile », c'est-à-dire jusqu’à saturation du corps quirépand

alors même dans ses excrétions, une odeur caractéristique d'hydrogène

sulfuré. Une fois ce résultat produit, cesser pendant 5 ou 6 jours et reprendre le même traitement jusqu'à Role saturation du corps. Ne recourir alors à cette médication ci l'apparition d’un des sue tômes de la maladie.

Atoxyl. — J'ai eu l’occasion de tenter les jeclioss d’atoxyl en solution à 5 p. 1000 et à raison de 5 centimètres cubes et 10 centimètres cubes tous les deux jours suivant la taille des chiens. Je les ai rapidement abandonnées en raison des accidents graves survenus sur plusieurs sujets dont un même est mort très rapidement.

Il serait intéressant aujoûrd'hui de faire des essais avec l'arsénobenzol et les salvarsan ou néosalvarsan qui paraissent donner de bons résultats en médecine humaine.

Filaires de la poule (Filaria Mansoni, Colbold, 1879), — Cette filaire est extrèmement répandue en Calédonie où on l’observe sous la membrane clignotante de l'œil des Gallinacés des deux sexes et de : tous âges.

La structure du ver correspond exactement à celle de la filaire observée par Manson à Amoy (Chine), dans les yeux de la poule. Il

existe généralement dans les deux yeux, mais uniquement sous la

troisième paupière d'où on le voit quelquefois faire saillie et glisser sur le pourtour de la cornée. Dans la majorité des cas, toutefois, il passe inaperçu des éleveurs, car il ne paraît déterminer chez l'animal qu'une sensation d'irritalion passap ère qui provoque le grattage des paupières.

- Le nombre des vers trouvés dans chaque œil peut varier de 2 à 40. Marchant toujours par paire, le mâle est le plus souvent accolé à la femelle. Le premier est long de 16 à 20 millimètres et la seconde de 18 à 23 millimètres, Le corps est blanchâtre, filiforme, plus grêle du côté de l'extrémité céphalique qui est arrondie et effilée vers l'extrémité postérieure ou caudale. Bouche terminale orbiculaire, inerme, munie de renflements peu distincts. Le mâle a la queue recourbée et non munie d'ailes membraneuses. Il possède 4 ou 5 papilles dont 2 préanales plus petites et 2 ou 3% post-anales avec 2 spicules très inégaux.

Les œufs sont extrêmement nombreux et occupent la presque totaliLé du corps de la femelle. Ils sont ovoïdes et se présentent à différents

stades de développement à leur sortie de l'utérus. La vulve est placée près de la partie postérieure du corps.

L'extraclion de ces filaires est très délicale, les vers se relirant sous les replis de la conjonctive sous-palpébrale et ne pouvant être atteints -qu’au moyen d'une pince très fine.

En certaines régions, la proportion des sujets contaminés esl considérable. Un éleveur du centre de Kounac m'a écrit que tous les animaux de sa volière (300 Lêtes) présentaient des vers dans les yeux.

À Nouméa, sur 161 sujets examinés, 90 étaient filariés, soit 56 p. 100.

Les volières indemnes sont, d'ailleurs, peu frappées par les autres maladies infectieuses des volailles.

Bien que, d'une façon générale, la présence de ces vers ne détermine aucun symplôme fâcheux, il ne paraîlra peut-être pas hypothétique de signaler les rapports possibles de celte affection avec une endémie très répandue en Calédonie où elle cause de sérieux ravages : la diphtérie aviaire. :

M. Guérin, de l'Institut Pasteur de Lille, qui a, d’ailleurs fait l'étude expérimentale de celte affection dont il a classé le coccobacille spécifique, a signalé la fréquence des lésions oculaires de la diphtérie qu’il explique par le grattage des animaux avec leurs pattes souillées d'excréments.

Or, en Calédonie, la diphlérie aviaire se présente sous toutes ses formes. Nous en avons.isolé, avec le Docteur Noc, le cocco-bacille identique à celui décrit par M. Guérin et qui reproduit expérimentale- - ment les lésions pseudo-membraneuses.

Si la forme oculaire est des plus fréquente, nombreux sont les sujets qui sont également atteints de diphtérie pharyngée ou intestinale.

Les autres espèces de volailles répandues dans les basses-cours ne paraissent pas être porteurs de filaria mansoni.

Etendue à d’autres espèces animales (bovidés, ovidés, oiseaux, cerfs, roussettes) la filariose ne s’est fait observer sur aucune d'elles.

Service vétérinaire. — Dans cette colonie, où l'élevage du gros bélail forme la base de l’industrie agricole, le service vétérinaire est encore à l’état embryonnaire, étant assuré par un seul praticien qui est dans l'obligation de toujours rester au Chef-lieu, sans ppuvoir effectuer de tournées dans l’intérieur de l’île où, cependant, la présence d’un professionnel serait indispensable pour inspecter les troupeaux et diriger les éleveurs dans l'amélioration de leurs élèves.

Ayant son autonomie propre, ce service est directement placé sous les ordres du Gouverneur. e

Il est chargé d'assurer l'exécution des prescriptions de police sanilaire des animaux, d'étudier toutes les questions se rattachant à l'élevage, à l'amélioration des races locales et de rechercher la nature des maladies épizootiques. C'est à ce service qu'incombe encore l'inspection des abattoirs et marchés, rôle des plus importants, puisqu'il concourt à assurer une parfaite hygiène à la consommation.

L'importation des animaux de loutes espèces ne peut avoir lieu que par le bureau des Douanes de Nouméa. Ces animaux doivent être accompagnés d’un certificat d'origine délivré par un vétérinaire du lieu de provenance et ne sont autorisés à être débarqués que sous condition de subir une quarantaine basée sur la durée d'incubation des différentes maladies contagieuses.

Les taureaux et vaches de reproduction devaient être accompagnés en outre, d'un certificat de tuberculination jusqu’en 1918, date à laquelle le Gouverneur, sur la demande de la Chambre d'Agriculture et de la Commission du bétail, prit un arrêté de prohibition absolue, contre toutes les régions de l'Australie où sévit la maladie des tiques. C'est de Nouvelle-Zélande seulement aujourd'hui que l'on peut importer praliquement des reproducteurs bovins à cause des quelques relations commerciales existant entre les deux pays.

Les béliers et brebis doivent, eux, être accompagnés d’un certificat constatant qu'ils ont été vaccinés depuis 21 jours au moins contre le charbon.

Aucune obligation de visite à la sortie n’est imposée au commerce, sauf en ce qui concerne les sous-produits animaux, Lels que : peaux, suifs, laines, os, cornes, onglons, pour lesquels l'Australie exige un certificat sanitaire. Les cornes et onglons doivent même avoir élé bouillis pour être admis dans un port du Commonwealth.

Un Institut microbiologique fonctionne à Nouméa depuis août 1913. Deux médecins mililaires, délégués de l'Institut Pasteur, doivent en assurer le fonctionnement, mais, en réalité, il n’y en a généralement qu'un, qui est dans l'impossibilité la plus absolue de faire face à toutes les exigences d’un service aussi chargé.

A ceux qui oseraient encore mettre en doute l'utilité de cet Institut, il suffirait de répondre que, c'est grâce à lui, si la peste n’a plus fait de victimes dans le pays el si la lèpre a pu être dépistée et anthropo-

mélrée.

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