‹ La Nouvelle Calédonie: Son Climat - Sa Faune - Sa Flore; Ses Ressources Naturelles et Ses Possibilités AgricolesChapitre 40 sur 47 · LUTTE CONTRE LES MOUCHES ET LES MOUSTIQUES · texte numérisé non relu

LUTTE CONTRE LES MOUCHES ET LES MOUSTIQUES

Dose contre les mouches plates ou hippobosques.

Huile de foie de morue. — Personne n'ignore avec quelle opiniàtreté reviennent sur les animaux (chevaux et gros bétail), quand on cherche à les éloigner, les fameuses mouches plates qui ont valu à la Calédonie des mesures prohibitives de la part du Commonwealth australien. Personne n’ignore également que si l’on parvient à les prendre à la main, il est très difficile de les tuer, à cause de l’élasticilé de leur tégument et de la forme aplatie de leur corps qui leur permettent de résister à un degré assez important de compression.

‘ Le seul et meilleur moyen à notre disposition est de leur arracher la tête, aucune composition connue n'ayant sur elles une action hocive réellement utile.

Les huiles de coco ou de cade ou le pétrole les éloignent bien momentanément, mais sans les alteindre toxiquement.

Il paraîtra donc intéressant de connaîlre les résullats d’une série d'expériences que j'ai entreprises à ce sujet et qui peuvent être appelées à rendre de réels services dans certaines circonslances.

H s’agit de l'huile de morue qui possède à l’égard de tous les moustiques et particulièrement des Hippobosques une action toxique spécifique.

Si l’on-enduit de cette huile les régions d'une cheval ou d’un bœuf où les mouches plates siègent de préférence, son effet immédiat est de tuer instantanément celles qu’elle atteint même légèrement.

Il est possible, avec la main ainsi huilée, de débarrasser un animal en quelques minutes de toutes les mouches dont il est porteur sans avoir à craindre pour la peau d'action caustique consécutive. La même . action toxique se manifeste à l'égard des mouches domestiques el

moustiques, voire même des tiques qui Sônt si difieiles à extraire de la peau des chiens. |

Au contact d’une goutte de cette huile, la tique se rétracte et peut être facilement recueillie. Peut-être y aurait-il intérêt à faire des essais avec cette huile dans toutes Les régions où sévit la maladie des tiques et où l’on a recours aux bains. | É

Mais là ne s'arrête pas son effet. Elle agit encore prophylactiquement en éloignant Les mouches de toutes les régions qui en ont été enduites, sans que cet effet persiste, toutefois, au-delà de 24 heures.

J'en ai fait maintes fois l’expérience dans les cas toujours très délicats où, à la suite d'expertise, je me suis trouvé dans l'obligation de procéder à une autopsie et où, dans les colonies surtout, on se trouve assailli par de véritables nuées de mouches.

Malgré l'odeur désagréable que répand cette huile et qui la fait écarter de la pratique courante, je n'ai jamais hésité à m'en enduire les mains en mème temps que j'en faisais badigeonner la partie du corps de l'animal qui devait être examinée et, dans toutes les circonstances, il m'a été possible de travailler très aisément sans avoir à me protéger contre leurs piqûres.

Mais son action se manifeste, encore, très utilement au point de vue .

cicatrisant dans le cas de plaies rebelles à tous traitements et sur lesquelles des bains de soleil auraient seuls un effet salutaire si les mouches ne venaient rendre ce dernier traitement tout à fait illusoire.

J'ai eu occasion de l’expérimenter fréquemment dans de semblables conditions et surtout sur des chevaux qui n'étaient pas encore suffisamment dressés pour être traités à l'écurie. J'ai constaté, dans tous les cas, une guérison complète et plutôt rapide. Parmi-ces guérisons, je signalerai particulièrement un poulain de sang âgé de 3 ans qui, en sautant une barrière s'était accroché à des fils de fer à piquants et s'était arraché presque toute la peau du canon antérieur gauche. Vigoureux et très difficile de caractère, il ne m'a pas été possible de le faire coucher et de lui faire les sutures nécessaires, à cause des ressources en hommes tout à fait limitées qui existaient sur la station où il était né. Je n’eus à ma disposition qu’une coulisse où tant bien que mal on l’immobilisa juste le temps nécessaire pour que je puisse lui sectionner le grand lambeau de peau qui pendait lamentable du côté droit. La section une fois opérée, on badigeonna simplement la plaie avec de l’huile de foie de morue et je recommandais de renouveler ces badigeonnages tous les jours si possible.

Je revis le malade deux mois après, complètement guéri.

. I m'a été également donné, au cours d’une de mes tournées dans l'intérieur de l’île à une station d'élevage éloignée de tout secours médical, de voir un Javanais qui était porteur depuis plus de trois mois au tibia droit d'une plaie longue de 15 centimètrés sur 7 de large, profonde, d'aspect plombé, et qui, au dire du gérant, paraissait chaque jour se creuser. Cet Asiatique était, pour ainsi dire, inutilisable et devait être transporté au Chef-lieu sur le premier bateau faisant le service de la Côte. lait

Ayant trouvé sur place de l'huile de foie de morue à l'usage des enfants du gérant, je fissneltoyer la région malade très soigneusement et après l'avoir badigeonnée, largement de l'huile en question, je fis étendre le Javanais, la jambe bien exposée au soleil. Le soir, en

rentrant, l’Asiatique vint à moi pour me remercier, car depuis bien longtemps, me dit-il, il n'avait pu reposer aussi calme sans être assailli par une nuée de mouches. Je rayonnai pendant plusieurs jours dans les environs et revis la plaie de ce boy qui s’étail transformée au point de donner à l'œil l’aspect d’une plaie rosée en’pleine prolifération. Il reprit, d’ailleurs, son travail rapidement sans avoir eu besoin d'être: transféré au Chef-lieu.

Cet effet pourrait donc devenir précieux dans les cas de plaie de nature spécifique puisque son emploi supprimerait la transmission possible par l'intermédiaire des mouches et moustiques.

Dans les colonies à lèpre, il serait peut-être intéressant d’en essayer l'emploi sur tous les DORE de plaies ouvertes.

Je ne signalerai, qu’à titre de curiosité, l’utilisation qu'a faite et que fait aujourd’hui encore de celte huile un éleveur de moutons de Calédonie, M. Brock.

Ayant à enregistrer chaque année, au moment des castrations qui sont là-bas failes par tout le monde, sans soins pour ainsi dire, de nombreuses morts dues au télanos, il eut l’idée aussitôt après l’opération, de badigeonner la région opérée avec cette huile et de constater une absence presque totale de mortalités avec une guérison plus rapide des plaies opéraloires.

Il n’y a pas lieu, à la réflexion, d’être étonné de cette action, neltement cicatrisante, si l’on songe aux propriétés que possède cette huile de par ses éléments essentiels: iode, brôme et phosphore, qui en font un reconstituant de premier ordre, un excitant el un tonificateur

du système nerveux. ‘

| de sa lente évaporation, cl en “loigne so longtemps

D. ; adultes. su | $ à Se 154 ge. Il me faut ajouter pour terminer que seule l'huile de foie de Ho A “pra: paru jouir de cette action spécifique, les autres huiles de poisson

“qe ‘ ai expérimentées ayant toutes été causliques pes la peau.

Fe hi a 5 Do: ET | LT y c = (a Ch ; TE us R à \ l'ENS Five) NYSE | eo DES :

on > : ; { Le Tobin. 2 ue Sr 2 ë La t 4 —— À, "4 x T L FES F 2 o © { ee. = D Ù SN 4 e z à “ x * | L 1] < = ; vs { 2 AR a ù: d ï = « a . À >, f \ PA l a } == LA .

ss À

Page 1