PONS
une tonne ou une demi- tonne de feuilles de Duboisie Du être ii diées à Londres où on en avait le plus pressant besoin.
Je savais, en effet, qu'il en existait dans certains endroits, mais je me récusai, n'ayant ni le temps, ni les moyens de m'occuper d’une question semblable. La Le
Il s'agissait, bien entendu, de ce succédané de l'atropine que les Anglais emploient fréquemment dans le traitement des maladies d’yeux : Duboisine myoporoïdes.
Goménol ou essence de niaouli. — Je signalerai Don 188. végétaux intéressants à connaître : le melaleuca viridiflora, de la famille
des Myrtacées, qui est l’arbre le plus répandu dans toute li le et que
les indigènes désignent sous le nom de « Niaouli ». |
L'écorce blanchâtre qui lui a valu le nom d'arbre blanc est employé depuis toujours par les naturels pour couvrir leurs habitations.
Quelques personnes ont tenté, avec succès, de l'utiliser pour faire du papier. Malheureusement, une exploitation sérieuse nécessiterait un matériel important, des capitaux et une compétence impossibles à trouver sur place. C’est des feuilles de cet arbre qui dégage une odeur balsamique à laquelle on a attribué en partie la salubrité du pays, que l’on extrait un produit aujourd’hui connu de la majorité des Français : le Goménol, appelé là-bas « essence de Niaouli ». |
D'un usage journalier dans toutesles familles, cette essence est non seulement douée des précieuses propriétés antiseptiques et cicatri- santes que l’on sait, mais elle jouit encore d’une véritable spécificité à l'égard des parasites, tels que poux, punaises et puces. Pendant toute la durée de la Grande Guerre, nos jeunes-gens qui en ont été pourvus régulièrement, n'ont pu se garantir de l’invasion de ces désagréables parasites que grâce à son usage. J'ai même entrepris à ce sujet une série d’expériences pour me rendre exactement compte de ses eflets et les résultats positifs que j'ai oblenus m'ont amené à ne plus me servir officiellement, au point de vue « antiparasitaire », que d'une solution d'essence de niaouli pour débarrasser de leurs poux les volailles, à l'importation des pays étrangers.
En l'absence de pulvérisateur Vaast ou autre, je me servais d’un petit arrosoir ordinaire dont la pomme était percée de trous très fins, et chaque tête de volaille était aspergée, pendant la durée de la quarantaine prescrite, avec une solution tiède que l’on agitait au moment où il devait en être fait usage. Les proportions *mpoysee étaient les suivantes :
Les parasites avaient généralement disparu après la 3° aspersion et leurs œufs étaient morts.
Les mêmes résultats ont été obtenus contre des invasions de punaises, mais il faut, de préférence, s'adresser, dans de semblables circonstances à l'essence pure que l’on projette au moyen d’un pulvérisateur. L'effet produit est immédiat el assez économique, dans le pays de production tout au moins où le prix du litre d'essence n'excède pas 15 ou 18 francs. ;
11 me faut enfin signaler le très heureux effet qu’un mélange d'huile ‘et d'essence permet d'obtenir au point de vue antiphlogistique et calmant.
La première fois que j'ai eu recours à ce mélange qui est, en somme, de l'huile goménolée, je me trouvais loin de toute ressource pharmaceutique et il s’agissait d’un petit chien fox-terrier qui venait d'être sérieusement brûlé sur différentes parties du corps par suite de l'explosion d’un fût vide à alcool sur lequel on était en train de souder un robinet. J'ai fait un véritable enveloppement humide, sans en attendre, je l’avoue, un résultat appréciable ; aussi ai-je été très agréablement étonné lorsqu’au moment de mon départ, 1 h. 1/2 environ après mon arrivée, je pus déjà constater que le chien, qui ne cessail de hurler, s'était calmé et commençait à répondre à la voix qui l’appelait. Je recommandai le renouvellement des enveloppements, et le propriétaire me fit savoir, à 8 jours de là, que les plaies étaient en pleine voie de guérison. Cette guérison était complète vingt jours environ après l'accident, beaucoup plus rapidement que l’aspect des plaies m'avait permis même de le laisser supposer.
Depuis lors, je n’ai jamais manqué de recourir à ce même traitement
chaque fois que les circonstances me l'ont permis et il m’a été donné fréquemment d’avoir l’occasion, au retour d’une partie de chasse ou de pèche, de l’employer sur moi ou sur les miens, à la suite de coups * de soleil ou même directement sur des brûlures, sans avoir jamais pu remarquer de défaillance au point de vue de l'effet produit. Je me suis, d’ailleurs, laissé dire que ce mélange était entré aujourd'hui dans la pratique courante à bord des bâtiments de guerre, de préférence à la solution picrique, et surtout dans les cas de brûlure très étendue.
RE 1 En
Acacias. — Parmi les richesses forestières qui ne peuvent trouver place ici et qu’une société australienne exploite actuellement à la baie du Sud, je signalerai quelques variétés d’acacias très intéressantes :
1° L'albizzia (molucana, je-crois) dont le premier plant serait originaire de Saïgon, et qui a été planté à Saint-Léonard par le Père Berne, Ce plant est devenu en 25 ans un arbre prodigieux en diamètre et hauteur. Il dépasse 40 mètres et 2? hommes forts ne peuvent l’embrasser.
J’ai souvenance d’avoir vu à Saint-Léonard une caféerie ombragée par des arbres de ce genre qui, eux aussi, sont devenus gigantesques. Le feuillage en est menu et très élégant. Il résiste très bien même aux grands vents et s’il est brisé par les cyclônes, comme tant d'arbres, ‘les branches repoussent rapidement et vigoureusement. Tous les terrains paraissent lui être bons, mais il se plait particulièrement dans les terrains forts et argileux.
Les vents régnants S-E, N-0 ont semé de proche en a proche dans cette direction de nombreuses gousses qui sont très légères et il y avait déjà en 1919 des groupes très importants de cette essence qui sont en train de transformer complètement le paysage. Il est même des collines argileuses où ne poussaient que de maigres niaoulis qui doivent en être aujourd’hui partout couvertes, :
Le bois de ces arbres est un peu léger, mais brûle admirablement et en raison des dimensions atteintes par ces arbres, il serait possible d’en obtenir de belles planches en longueur eten largeur.
Cette essence est à propager.
2 Il en est une autre, du genré « Acacia » également, qui paraît avoir les caractères de l’Adenanthera, arbre à très grand fût qui atteint, lui aussi, des dimensions gigantesques, mais dont Le bois est plus dur que celui de l’Albrzzia.
Le premier plant serait originaire comme le précédent de Saïgon.
3° Le Spirorbis qu est très répandu dans l'île. Son bois dur et facile à travailler a une grande ressemblance avec le noyer de France qu'il pourrait, au dire des gens compétents, remplacer dans la fabrication des ailes d'avion ét des crosses de fusil.
Rhynchosia. — Parmi les introductions végétales qui n’ont pas encore été signalées ni décrites, il est une légumineuse qui a été spécifiée par le Muséum de Paris sous le nom de Rhynchosia. J'ai cru devoir lui réserver un chapitre spécial à cause de l'importance particulière qu’elle a au point de vue thérapeutique, car elle s’est classée,