GARÇONS
fitj.es
Petite enfance ,
à 7 ans.
7 à 12 ans.
12 à 15 ans.
15 à 20 ans.
à 6 ans.
Demième enfance et âge bête. . .
Adolescence
6 à 10 ans.
10 à 13 ans.
Première jeunesse
13 à 18 ans.
Quelques détails : ces poussées laissent apparaître tout à tour, dans Tordre de l'activité, des replis sur soi-mè'me et des mouvements qui se répandent, dans l'ordre intellectuel, des fabrications d'outils à penser et des observations à l'aide de ces outils constitués, en termes plus généraux, des alternances de subjectivité et d'objectivité.
Le tableau suivant parlera de lui-même ; dans les deux colonnes qui résument la précédente thèse, les lettres K et E signifient repli et expansion ; les lettres CetO signifient constructions d'instruments et observations par l'instrument.
plus généralement tous les paragraphes sur Page critique, p. 69 et suiv. Sur la distinction entre Page critique et la pulderté, , cf. aussi Paul Janet, Obsessions et Psychasthénief(Alc&n, 1903), tome I, p. 618.
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Ainsi, les vagues de croissance nous emportent tantôt dans un sens, tantôt dans un autre,' comme un bateau gui louvoie.
On peut détailler encore ; on arrive ainsi à ce que la psychologie moderne a nommé l'évolution des intérêts et ce que Ton pourrait aussi nommer l'évolution des tendances, ~ tendances et intérêts auxquels W. James faisait allusion.
D'abord la petite enfance (1). On y a distingué (distinction toujours révisable) d'abord les intérêts sensoriels : stade du suceur et du regardeur (jusqu'à 3 mois), de Tattrapeur (de 3 à 5 mois), du palpeur et de l'imitateur (5 à 12 mois), du trotteur (12 à 15 mois). On y a trouvé ensuite des intérêts subjectifs : stade du parloteur et du constructeur (16 mois à 3 ans), puis du questionneur (de 3 à 7 ans) : le mot subjectif est exact, car la construction qui précède trois ans est matérielle aussi bien qu'intellectuelle, et les € pourquoi » qui suivent trois ans s'inquiètent de l'utilité et non de l'essence des choses : les intérêts dits subjectifs se concentrent autour d'un moi naissant.
Mais ce sont les intérêts postérieurs à sept ans que nous voulons surtout retenir dans cette étude. Après plusieurs autres (2) nous avons fait une enquête dans
(1) Cf. Nagt, D. Entw. d. Interess. d. K, z. exp. Pd. 1907, V, 198-218. E. Gramaussbl, Premier Eveil intellectuel de Venfant, 2* édit. 1911, (Alcan.) R. Gruchbt, Eveil psychophysiologique de Venfant du jour de sa naissance à Vâge de deux ans, (Année psychologique, 1911, XVll, p. 48-63.)
(2) Cf. Glaparèdb, Psychologie de Venfant et pédagogie expert-' mentale (Rundig, Genève). On ne trouvera dans Claparède qu'un résumé. L'une des enquêtes les plus anciennes et les plus oélèbres est celle de Stanley Hali sur le jeu de poupée (en 1896). Mis^ Darrah pose cette question : < A qui Voulez-Yous res-
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Tel apparaît le déTeloppement de lenfant. Il y a d'abord à l'accepter. Mais oa peut tenter aussi de l'expliquer. Or la psychologie de rindÎTidu se complète par celle de la race. Eatre leurs deux éTolutions il y a en effet un certain parallélisme. Cette concordance sera une explication empirique qu*ua examen approfondi pourra peut-être transf«>rmer en explication rationnelle.
l'évolution de la race françaisr
Le parallélisme individu-race a été énoncé pour la
sembler? » (A study of children^s idealg, Pop. science monthly, 1898). M. Varendonck a groupé les réponses à des questions analogues, sous forme de courbes exprimant des pour cent par âges et par catégories {Les idéals d enfants, Ar. de Ps. VII, 1908). (i)' Enquête faite avec le concours de M. M. Montaasut, cbef de maison à l'Ecole des Rocbes.
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par le goût des aventures ou le goût de la conatrucUoa : qu'on songe au succès actuel du . Mfeeano ., et au besoin d'Imiter l'aéro après lalocomotive du père, après le. chevat du, grand'pére H). C'est a cet âge qu'il
raison : le sentiment est assoupi et la raison parle trop bas.
Des romans moins enfantins, mais pas malsains, Daudet, Bazin, parfois même Bouroet. encore Le NStre et Punck Brenlano, Dickens aussi parce qu'observateur. Au-dessous de l'élite, le roman d'aventures stupide de la période précédente est remplacé par Alexandre Dumas et Waiter Scott. Tout cela prouve, au moins vers la iln de la période, une précocité sentimentale à tendance morale. Les enfants d'aujourd'hui voient alors le sérieui de la vie; les jnpts • fiançailles -, • divorce ■ ont pour eux un sens : ils prévoient leurs difflculUs d'hommes. A cet égard ils difTèrent
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Zénaïde Fleuriot et Jules Girardin, c'està-dire les auteurs du < Journal de la Jeunesse ■ , et les premiers Daudet.
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LÈS TBÀDITIONS DES GÉNÉRATIONS PASSÉES i*i
première fois par les biologistes dans la fameuse formule : «L'embryogénie reproduit laphylogénie ». Là loi est-elle vraie, approchée ou inexacte ? Signifiet-elle que les formes embryonnaires sont les témoins d'un autrefois où nos ancêtres auraient été effectivement batraciens ou poissons, ou, au contraire, puisque l'embryon humain ressemble, non aux animaux adultes, mais aux embryons des animaux, ne peuton interpréter sa vie utérine comme une revue, non du passé, mais des possibilités du passé, et, si les deux embryons, l'humain et l'animal, ont d'autant plus de caractères communs qu'ils sont pli\s évolués, ne peut-on dire que l'embryon humain fait du passé une revue d'autant plus minutieuse que ce passé est plus proche, comme s'il voulait parla prendre un élan, pour entrer dans l'évolution de sa race avec la vitesse qu'elle a au moment de sa naissance (1) ?. Autant de questions qui sont loin de notre sujet et hors de notre expérience.
Mais si, au lieu de comparer l'embryon humain et les animaux primitifs', on comparait l'enfance et Thistoire, on rentrerait tout ensemble dans le problème de l'éducation et dans le champ du contrôle t^).
En effet, quand un enfant vient au monde, c'est au milieu d'institutions — usines, routes, coutumes, lois, science, morale — qui conservent quelque chose des sociétés disparues ; elles en conservent sans doute d'autant plus que ces sociétés sont plus récentes, de rares vestiges d'il y a mille ans, un peu
(1) Cette interprétation est celle de M. Bergson dans VEtolution créatrice.
(2) Notis avons énoncé ces idées, une première fois, dans les Nouvelles Méthodes d'Education (Alcan), p. 5 et suiv.
plus de restes de l'avant dernier siècle, surtoat des inventions d'hier. Gardons-nous, il est vrai^ de mesurer la survie d'une institution à son seul rapprochement dans le temps. Les choses sont plus complexes. En général, les formes sociales comme la famille durent plus longtemps que celles qui dérivent de la vie économique, puisque, pour transformer une famille, il faut élever des enfants autrement que n'ont été élevés les pères, ce qui exige au moins une génération, tandis que, pour bouleverser la société écono- ' mique, il suffit de découvrir une houillère ou de perfectionner une turbine : la famille du xiii* siècle est ainsi plus vivante que le libre-échangisme du XIX®. Plus particulièrement, il y a dans l'histoire des accidents aussi passagers que des modes : le plus tenace, chez nous, a été la monarchie centralisée à laquelle on pensait à peine il y a trois cents ans, et y" qui, plusieurs fois maquillée au xix® siècle, paraît irrémédiablement caduque. Sous ces réserves, les siècles ont laissé dans nos institutions des marques qui s'effacent peu à peu. Le seul passé qui subsiste en elles, c'est le passé utilisable. En vivant d'elles, le jeune homme résume donc l'existence des aïeux, mais seulement dans la mesure où elle est une leçon féconde : il fait un prélude pratique : c'est un entraînement encore (i). Entre sa vie et celle de l'embryon, la différence n'est que dans la date des souvenirs résumés. Avant de venir au jour, l'embryon se remémore les époques animales antérieures & l'apparition du genre humain ; après l'âge de raison, l'enfant repasse les
(1 ) Lire les développements de cette idée et d'idées analogues dans deux articles de M MAURrcE Leoendhe. U Histoire comme Science morale (Annales de Philosophie chrétienne, 1913).
siècles raisonnables de notre histoire sociale. Le parallélisme eoibryogénique-phylogénique devient le parallélisme ontogénique-historique (1). Et 1' « hypothèse > des biologistes n'a été qu'une occasibn pour les historiens, trop prudents, et les éducateurs, trop pratiques, derapprocherleurs documents jusqu'à faire éclater un parallélisme qu'ils n'auraient sans doute pas aperçu les premiers.
De ce parallélisme il nous reste, sur quelques exemples, à faire la preuve.
Pour l'établir, gardons-nous de remonter trop haut dans une histoire indéchiiïrée. Pour deux raisons. D'abord il n'y a pas une humanité, mais des humanités, qui se sont développées «ans presque rien se devoir les unes aux autres : les Chinois et les Indous d'il y a trente siècles sont nos devanciers, mais pas nos aïeux : nous pouvons les négliger comme les habitants de Mars. Ensuite, dans le mélange confus de nos aïeux véritables, il y a des peuples qui nous ont infusé des qualités d'importances très inégales : Rome a influé surtout sur notre vie publique, notre famille vient surtout des Francs et du Christianisme. C'est pourquoi, au lieu de l'histoire humaine, nous nous contenterons de l'histoire française. Nous y noterons, pour simplifier, et quelque répugnance que nous puissions avoir pour la méthode des petits casiers, quatre époques, une époque primitive, le. Moyen Âge', les siècles de la Renaissance et de la
(1) Plusieurs auteurs ont posé le problème : Baldwin, Le développement mental chez Venfant et dans la race (trad. fr. Alcan); Dewey, Sc/iooi and Society; Woods Hutchinson, The Growth of the Child's Mv>d. (Educ. Times, tome XL, 1891, Londres) ; A. Ferbièrb. La loi biogénétique et Véducation (Arch. de psych., tome IX> 1910).
Révolution, enfin l'ère qui s'est ouverte vers la fin du xix*^ siècle. Selon nos principes, ces périodes doivent être d'autant plus longues, donc d'autant plus distraitemëtit remarquées, qu'elles sont plus éloignées. Dès lors nous devrons nous contenter d'une médiocre précision, d'abord à cause de l'incertitude de certains documents historiques, ensuite parce que la psychologie de l'enfance contient souvent, comme élément de trouble, la volonté de l'éducateur. C'est pourquoi nous nous bornerons à faire entrer dans un court tableau, qui occupe la page 65, les traits les /plus intéressants.
>^ Ces traits, à chaque époque, sont généralement con" cordants, sauf peut-être la centralisation du xyii*" au XIX® siècle, qui va à l'encontre de la concurrence anarchique de la production. Chaque siècle a dès lors sa physionomie. On peut le caractériser d'un jxiot, incomplet et inexact, c'est entendu, mais éclairant quand même quand on regarde de loin. Ainsi, pour ne pas insister sur les temps d'élaboration chaotique et lente, nous appellerons le Moyen Age l'âge de l'autorité, la Renaissance et la Révolution l'âge de l'individualisme, le XX' siècle l'âge d'une discipline nouvelle . où l'on obéit à des collectivités démesurées. Il suffit à l'historien d'avoir mis ces étiquettes pour que le psychologue y reconnaisse ses formules. Chez les petits, il a noté un besoin de fantaisie un peu routinière, chez les moyens l'attente d'une discipline souvent passive et rude, chez les adolescents un désir de responsabilité dans de petits groupes librement formés, chez les jeunes gens enfin Ja faculté encore mal développée de s'insérer dans de vastes desseins* Le parallélisme crève les yeux des myopes.
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