‹ La nouvelle éducation françaiseChapitre 15 sur 77 · III. Élaboration des tendances naturelles · texte numérisé non relu

III. Élaboration des tendances naturelles

1** La répétition créatrice d'habitudes, — Sur ce sujet très peu d'expériences ont été faites ; des études, comme celles de Bourdon (i), concernent plutôt l'entraînement physique, c'est-à-dire la forme la plus élémentaire de l'habitude; pour le reste, on en est à l'êîûûirisme : c'est que, pour en sortjr , il faudrait opérer sur un même sujet pendant des mois et des années, ce à quo i sont mal préparés les laboratoires de psychologie expérimentale (2) : nous nous excusons d'avance de Jà brièveté et du vague de notre € mise au point ».

L'habitude, peut-on dire, est une tendance naturelle spécialisée : c'est que nos tendances appellent la spécialisation, c'est-à-dire s'orientent de préférence vers l'objet où elles se sont satisfaites les premières fois. Un garçon aimerait le jeu : il découyre le poker : le poker seul compte désormais pour lui. Un autre a l'esprit inductif : il réussirait dans toutes les sciences : un hasard lui fait faire un

(1) Recherches sur Vhabilude, Année psychologique, 1902. Presque rien n'a été écrit sur ce sujet entre la thèse célèbre de Ravaisson qui est une œuvre de métaphysique, jusqu'au récent opuscule de l'abbé Roland-Gossfxin, L'Habitude (Beauchesne, 1920), qui veut aussi prouver certaines thèses.

(2) Desiaboratoires, aussi bien montés, mais placés dans des internats où de vrais éducateurs c suivraient » longtemps certains élèves, seraient plus susceptibles d'entreprendre ces recherches. De même les « œuvres » qui se proposent de guérir les fumeurs ou les ivrognes. Le grand obstacle, c est la crainte de tous ces hommes « d'action » de s'attarder à la science « pure », comme si la science pure n'était pas la meilleure auxiliaire de leur activité.

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euse : ainsi ]es habitudes de pureté.

[it comme des mécanismes montés, sans

nisme risque de se détraquer ou de

)a mécanismes voisins, sans que nous-

vions peine ou joie pendant le meuve-

l'activité chez l'knfant 9J

ment de cet appareil parasite : ainsi les habitudes d'ordre. D'autres habitudes exaspèrent la tendance qui les fait naître et créent autour d'elles des tics qui la renforcent : ce sont les passions, comme celles de l'opium et de la morphine : d'une part, les malades sont sans cesse portés à augmenter la dose, d'autre part, les opiomanes du docteur Dupouy, privés d'opium, fument à vide, et les morphinomanes do Morel-Lavallée, autant que de la sensation de la morphine, ont besoin de celle de la piqûre. — Naturellement, ce sont les dernières habitudes qui se prennent le plus vite ou se perdent le plus mal.

B) La rapidité d'acquisition d'une habitude varie avec le sujet.

Variations générales. — L'habitude se prend d'autant plus vite que l'organisme est plus plastique. Plastique veut dire d'abord jeune : les enfants apprennent un métier mieux que les adultes : à cet égard nous n'avons de mesures que pour la mémoire (1), qui n'est qu'un conditionnant de l'habitude : nous savons du moins, par les professeurs de langues ou de musique, qu'il faut commencer ces études dès les premières années, et certaines habitudes, comme celle des caprices, sont prises dès les premières nuits au berceau. Mais la plasticité peut aussi se perdre par la fatigue, qui joue le rôle d'un vieillissement temporaire : c'est pourquoi on évitera d'entraîner à quoi que ce soit un sujet incomplètement reposé.

Variations spécifiques. — On en pressent l'importance . Certaines natures seront rebelles , en

(1) Voir plus loin, livre II, ch. m, g I, m.

tAMB D£ L ENFANT

içoiioral, il autres, eu général, accueillantes auxhabi- ^ t^&^ U se peut que la dernière catégorie comprenne coîy sujets^ étudiés par Mûnsterberg, qui se complai- &out Ujuis les besogne monotones, dans lesquelles a^ ailleurs elles perçoivent d4nûnitésimales variétés qui leur laissent, dans une certaine mesure, la joie Je l'imprévu (1) : la question est à peine étudiée.

C) — Enfin la rapidité d'acquisition d'une habitude vane avec la manière dont le sujet répète Vacte auquel il v^i s'accoutumer.

Voilà le point essentiel pour le praticien. Mais aussitôt nous devons nous rappeler la distinction déjà faite ontre les habitudes qui se prennent toutes seules et qui sont généralement suspectes — et les autres. Les dernières seules nous intéressent, car pour elles seules se pose un problème. Problème de qualité et de quantité.

De qualité. La répétition crée une habitude à condition que le sujet soit suffisamment « actif y>. Sauf pour certaines habitudes organiques, auxquelles nous ne pensons pas spécialement ici, on ne s'habitue pas aux gestes, si fréquents soient-ils, auxquels on n'a pas quelque peu consenti : des jeunes gens, honnêtes tant qu'ils sont restés sous une influence tyrannique, aussitôt libérés d'elle, sont devenus brusquement voleurs ; la vertu était on eux, non d'eux ; ils

(1) Hugo Munstbrbrrg, Psychology and Industrial Efficiency (Boston et New-York, Houghton Miffltn Company), p. 190 et suiv. Entre autres expériences, on lit rapidement au sujet une liste de mots donl la moitié sont de même espèce (comme des noms de Ûeurs), les autres n'ont aucun. rapport entre eux, et on demande quelle est la catégorie qui domine : ceux qui sont frappés par la répétition sont aussi ceux qui aiment les besognes monotones.

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en étaient témoins, pas acteurs ; ce qu'il faut répéter, ce sont des actes, et non des conditions.

De quantité. Comme par hypothèse il s'agit d'habitudes qui, s'appuyant sur des tendances ébauchées, vont à rencontre de tendances puissantes-; pour les conquérir, il faudra <c aller fort ». C'est ce que déclare W. James, à la suite de Bain, en ces trois règles, ou plutôt en ces trois recettes, que le lecteur complétera, s'il veut, par des recettes analogues :

a) La première est qu'il faut se jeter à l'eau d'emblée par une initiative énergique et irrévocable (1). Vous vous êtes fixé un programme d'exercices physiques que vos conseillers ont approuvé .-.commencez demain matin.

b) La seconde maxime est : ne souffrez jamais d'exception tant que l'habitude nouvelle n'est pas sûrement enracinée dans votre vie (2). Vous croyez avoir de bonnes raisons de faire un accroc à votre programme : vous vous êtes couché tard hier, vous vous réveillez avec la migraine, c'est dimanche : prétextes détestables.

c) Voici maintenant une troisième maxime à ajouter aux deux précédentes : saisissez la première occasion d'appliquer chacune de vos résolutions; suivez immédiatement toute suggestion émotionnelle orientée dans le sens do l'habitude à acquérir (3). Ce n'est danc point assez de suivre son programme mécaniquement : une planche franchit un fossé, sautez au lieu de prendre la planche ; un beau spectacle

(1) W. Jambs, Précis de psychologie, ch. x, De l'habitude, p.'lSH.

(2) Ibid. p. 187.

(3j Ibid. p. 188.

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sportif s'offre non loin de votre route, courez-y. Les habitudes de l'autre espèce, au contraire, — avoir la colère facile, dire tout le mal qu'on peut de ses petits amis, — se prennent toutes seules. Aussi ne saurait-on surveiller de trop près les habitudes naissantes. Mais enfin il se peut qu'on se laisse surprendre. Voilà qu'il est trop tard. Que faire ? On peut essayer trois procédés :

a) Le premier est une attaque de front. On tentera de faire naître l'habitude contraire par ce qu'on pourrait appeler une méthode d'inhibilion. Que de gens l'ont employée, qui, jadis, à la sonnerie de leur réveil, au lieu de sauter du lit, ne savaient que discuter avec l'horaire fixé la veille ! Le procédé consiste, chaque fois que l'habitude s'exprime en acte, à condamner cet acte involontaire, à traduire ce décret en images, et à laisser ces images produire l'acte réparateur. On recommence sans se décourager. Peu à peu le temps qui s'écoule entre le réflexe qu'on regrette et tout le processus psychologique dont on le fait suivre diminue jusqu'à s'annuler; ûnalement le jugement précède le réflexe ; à ce moment-là celui-ci est inhibé : une nouvelle habitude s'est substituée à la première.

.J b) Quelquefois il est impossible d'opérer par inhi- -^-V^^^fjbi tion. 11 se peu t alors qu'on puisse opérer par trahs- ^:^^ir^ JerL Nous entendons par là que jnos tendancegj grimi- \y \ tives sont as se z souples pour pouvoir se codifie r en

h al)itucles diverses : en remontant assez haut, c'est un instinct commun qui fait le contrebandier et le douanier; les critiques les plus hargneux sont' peutêtre des créateurs qu'on a bridés.; il y a même des passions humaines qui se muent en vocationsreli-

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gieases (1). Dételles transformations sont une seconde planche de salut, qu'on saisira de la même façon que la première.

c) ËnOn, d'une manière plus générale, pour éviter d'être à la merci des habitudes maîtresses, comme pour être en mesure d'établir en soi des habitudes servantes, il faut, et c'est la quatrième des maximes de W. James, maintenir vivante en soi ja jaçulté^ Fe gort enj a sou mettant chaque jour à un petit exercice sans profit (2). Ce mépris de l'efficience directe est la plus souple efficience. Gomme à chaque âge de nouveaux instincts bouillonnent, c'est la seule manière d'être à l'affût d'habitudes qui s'établiraient à votre insu. Et ainsi l'habitude, quand on daignera la prendre, au lieu de vous écraser, vous servira de piédestal.

2® L entraînement dans la vie de V esprit. — Voilà les directions d'ensemble. Mais comment, en fait, « administrer > sa vie dans l'acquisition de ces habitudes? La partie la moins mal étudiée du problème concerne les habitudes sportives et se nomme V entraînement. Le multiple effet de l'entraînement — résistance aux toxines que le travail produit, accroissement de la masse des muscles, diminution de la quantité de graisse — s'obtient par une gradation d'exercices plus ou moins connue de tout le monde aujourd'hui et d'ailleurs décrite dans des ouvrages spéciaux, auxquels nous nous contentons de renvoyer (3). Cet entraî-

(1) Cf. Th. Floobxoy. Une mystique morferne, (Arch. de Psych. tonap XV.)

(2) W. James, loc. cit, p. 191. ^

(3) Par exemple les ouvrages du lieutenant de vaisseau Hébeut, VEducation physique ou V entraînement complet par la méthode naturelle (exposé et résultats) (Ymberty 1912), Jfa leçon

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nement est relativement simple et bref (1). C'est pourquoi, si incomplète qu'en soit la doctrine, elle peut servir de modèle à Tacquisition de toutes les habitudes.

Nous citerons des programmes, sinon scientiûquement établis, du moins généralement éprouvés.

Supposons qu'on veuille accoutumer un tout petit enfant à la maîtrise de ses gestes. On le forcera à se tenir droit, ilans une attitude naturelle, sans effort, et il devra, pendant ce temps-là, par exemple compter 100 en ne se permettant d'autre mouvement que ses clignements d'yeux, puis se reposer un temps à peu près égal, ensuite recommencer six fois, enfin refaire chaque jour un exercice analogue dans des positions variées.

Supposons qu'il faille s'en prendre à la paresse chez des enfants plus âgés. L'éducateur imposera à son élève chaque jour quelques exercices d'activité : par exemple, être levé avant que la cloche ait fini de sonner (cas des dormeurs), ou se déshabiller et se rhabiller avant de se mettre à table en commençant son repas là où il se trouve quand il revient (cas des lents). Dans tous les cas, il peut à tout moment se rappeler les actes à accomplir à l'aide de signes que les Américains appellent « records >. Chaque soir on fera un bref examen, chaque semaine un examen plus complet, pour décider s'il faut augmenter ou dimi-

type d'entraînement (Vuibert 1913), ou encore le chapitre de l'entrainement dans deux livres récents, la Fatigue^ du docteur Joskfa loTBTKO (Flammarion. 1920} et Physiologie générale de l'Education physiquej du docteur Maurice Boiobt, (Payot, Paris, 1920). (l)Bref; exemples: un mois pour un tireur à la cible, six semaines pour un rameur, quelques mois pour un coureur & bicyclette.

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nuer la dose des exercices, et au besoin on représentera ses efforts par un graphique. Continuer de la sorte pendant un mois. Se reposer un mois. Passer le mois suivant à un défaut voisin. Nouveau mois de repos. Nouveau mois de travail. Et ainsi de suite. Un éducateur averti doit fixer les exercices et vérifier les examens. Les résultats sont souvent incomparables. C'est que la méthode s'appuie sur ce principe de la vie morale comme de la vie intellectuelle, qu'il faut diviser les difficultés, les accroître progressivement et s'arrêter après tout grand effort. Les détails peuvent varier (1). L'essentiel est un < régime ».

Nous voyons par là l'analogie entre l'acquisition des habitudes et l'entraînement. En fait l'analogie est multiple. La ressemblance des méthodes sautQ aux yeux la première. Ensuite l'entraînement crée quelque chose d'artificiel et d'instable; si on ne l'entretient pas, la forme se perd ; il en est de môme de l'habitude : elle crée une forme morale qu'il faut parfois beaucoup de précautions pour garder : c'est dans ce cas que l'habitude n'est plus une seconde nature. Enfin l'entraînement, daAis son acception sportive, est un exercice du vouloir, car vouloir aboutit, après divers intermédiaires, à des actions sur des muscles ; or, quand on n'est pas maître d'eux, on sent tout effort volontaire inutile ; beaucoup de gens s'abstiennent de décisions parce qu'ils doutent qu'elles puissent se transformer en gestes ; les âmes ne sont pas libres quand elles sont prisonnières de corps lourds ; bien souvent l'homme veut parce qu'il

(1) Aux détails près, la méthode est commune à des « réalisateurs » comme Franklin et à des c mystiques > comme les religieux.

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sait qu'il peut : être nu sportif en forme est la première condition d'une volonté en force.

Tous ces procédés, dont nous n'avons pas décrit le point de départ, ne sont que la manière de confirmer un geste initial. Ce geste a pu être imposé mécaniquement : pour déshabituer un enfant de se gratter, on peut essayer de lui attacher les mains : succès généralement médiocre : la contrainte physique ne se change pas souvent en habitude. — On pourrait arriver au même résultat en menaçant l'enfant d'une punition ou en le terrorisant du regard et de la voix : cette contrainte d'une autre espèce ne vaut guère mieux que les précédentes. — Si l'habitude, pour s'enraciner, exige de la part du sujet un minimum de consentement, le sujet ne doit agir que sous l'empire d'une image qu'on suscitera chez lui par l'intermédiaire d'un jugement (1). Le rôle du maître est donc de déposer ce jugement dans l'esprit. Ce n'est plus de l'autorité, au sens vulgaire du mot, c'est de la suggestion,

3° La suggestion. — La suggestion joue dans l'éducation un rôle immense, qu'on n'a commencé à apercevoir que de nos jours. Mais le mot a été pris dans des acceptions si diverses et parfois en si mauvaise part qu'il nous faut l'expliquer nettement.

Suggestion a deux sens très différents.

a) C'est d'abord la suggestion hypnotiqucy dans laquelle celui qui suggère annihile complètement la personnalité de son sujet. 11 parait qu'elle a pu servir à guérir certains vices ; le médicament est pourt9.nt

(1) Voir au paragraphe suivant, II, 1% B, p. 108. les détails de ce processus.

L^CTIVITÉ.CHEZ l'eNPANT 99

dangereux ; la loi n'en permet le maniement qu'au médecin : nous laisserons cette suggestion-là en dehors de notre étude (1).

b) C'est ensuite la suggestion ordinaire dans laquelle la personnalité du sujet est seulement diminuée par Tinfluence de son maître ou de son tentateur> mais peutêtre en vue de son enrichissement futur.

Cette suggestion a fait l'objet de travaux malheureusement incomplets, au premier rang desquels il faut citer ceux de Binet.

Voici une idée de sa méthode. — Il montre un instant à des enfants, une par une, douze lignes dont les longueurs sont, en millimètres, 12, 24, 36, 48, 60, 60, 72, 72, 84, 84, 96, 96, et il demande de les reproduire au fur et à mesure sur une feuille de papier; les enfants, habitués à voir grandir les lignes de la première à la cinquième, « peuvent > s'imaginer qu'elles grandiront toujours ; c'est là la « suggestion > ; il y a ainsi des « pièges » à la 6% à la 8% à la 10"^ et à la 12* lignes ; la différence que l'enfant a notée entre les longueurs « vues > de deux lignes « présentées » égales mesure sa suggestibilité (2). » Une autre fois on a montré à l'enfant, pendant quelques secondes, des objets « collés » sur un carton, dontuD bouton ; après quoi on lui a demandé : « Le bouton n'est-il pas fixé au carton avec du ûl? » (suggestion modérée), ou bien : (c II y a quatre trous ; quelle est la couleur du fil qui passe par ces trous et qui fixe

(1} Rappelons simplement les noms de Janet, Bernheim, Baibinski. Un exposé d' ensemble, V Hypnotisme et la suggestion, du docteur Grasset (Dôin), avec la théorie particulière de Tauteur^ mais qui ne masque pas les faits objectifs.

(2) Binet, La Suggestibilité , (Schleicher, 1900, p. 83 et suiv.)

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le bouton au carton? » (suggestion forte); la suggestibilité est mesurée par le nombre de chutes dans des pièges de ce genre.

Les expériences de Binet montrent l'extrême suggestibilité d'enfants de Tâge de l'école primaire (plus tard, oa résiste mieux). Bornons-nous, à titre d'exemple, à un seul résultat, celui des deux questionnaires relatifs au « carton > et dont nous n'avons reproduit qu'une question (1).

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