‹ La nouvelle éducation françaiseChapitre 20 sur 77 · EMPLOYÉES A APPRENDRE AU BOUT DE LA SEMAINE · texte numérisé non relu

EMPLOYÉES A APPRENDRE AU BOUT DE LA SEMAINE

Mais, pour apprendre de façon durable, ce grand nombre de répétitions gagne à être réparti en plusieurs séances. Dans le cas de 12 syllabes, il vaut mieux 38 répétitions en trois jours que 68 à la suite (2). D'onc on grave les souvenirs à l'aide d'assez nombreux sillons creusés à de certains intervalles.

Les résultats de ces expériences — et d'autres qui sont analogues — peuvent être classés suivant les époques de l'enfance (3).

Si, pour commencer, -on ne considère que la mémoire immédiate des mots isolés, on trouve qu'elle augmente légèrement avec Vâge; elle passe à peu près de cinq à six, entre dix et vingt ans. Cette quasi constance, notée par Binet et Henri, est confirmée par d'autres observateurs. Pour Bourdon, la mémoire augmente un peu de huit à quatorze ans, presque insensiblement de quatorze à vingt. Meumann (4),

(1) H. PiÉRON, Recherches expérimentales sur les phénomèms de mémoire (Année psych. 1893, p. 186).

(2) Ebbinohaus, Veher dos Gedàchtniss (Leipzig. 1885).

(3) Ne parlons pas de la mémoire du bébé, qui n'a pas été étudiée analytiquement; elle est pour ainsi dire nulle quelques jours après la naissance; vers trois ou quatre mois, mouvements de la bouche à la vue d*une bouteille de lait ; & un an, on oublie ses parents après quelques jours d'absence, etc.

(4) Experimentelle Pàdagogik, 1907, t. I, p. 192 et suiv.

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Weszely (i) et NetschajefF (2) placent ce maximum vers quinze ans. Il est vrai, remarque Pohlmaun (3), qu'il s'agit peut-être d'un maximum relatif qui précède* rait les troubles de la puberté, et n'apparaîtrait comme maximum absolu que parce que les expériences ont porté surtout sur des enfants d'école ; en poursuivant l'observation sur des adultes, on constate de nouveaux progrès ; après l'âge mûr seulement laî mémoire commence à baisser, et to*ut cela est en somme conforme à Topinion courante, pour laquelle les souvenirs d'enfance sont les mieux attachés, parce que la tète d'enfant est faite de l'argile la plus plastique.

Voilà pour la mémoire brute. .Mais, en regardant de plus près, on voit ces résultats se nuancer. Dans une série de vingt mots, les petits (10 ans) retiennent indifféremment le premier, le deuxième, le troisième... ou le vingtième (4) ; les grands (15 ans) retiennent surtout les premiers (parce qu'ils ont cherché à les relier par une phrase de leur invention) et les derniers (parce que, sentant la un de la dictée, ils ont su redoubler d'attention) (5). La mémoire des petits est plus passive que celle des grands. On s'en convaincra mieux à la lecture d'une note de M. Hav^kins. Deux séries de quinze mots écrits au tableau noir sont

(1) Zur Frage der AuswendiglernenSy Neues Jahrbuch fur klass. Alterth. und fur Pâdagogik, 2 Alth. t. XVI, 1905.

(2) Expérimente lie Untersuchungen ûber die Gedàchtnissent' vnckelung hei Schulkindem, Zeitschrift fur Psychologie, 1900, t. XXIV, p. 321-351.

(3) Experimenielle Beitràge zur Lehre von Gedàchtniss, {Ber^ lin, 1906).

(4) Avec préférence toutefois pour les mots usuels ou concrets.

(5) Ëcole des Roches, 1905.

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découvertes tour à tour, la première tout entière pendant 30 secondes, la deuxième mot par mot, chaque mot deux secondes ; les coefficients de mémoire sont:

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