‹ La nouvelle éducation françaiseChapitre 44 sur 77 · PS · texte numérisé non relu

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et, par une contradiction singulière, ces classes étaient les plus nombreuses lorsque les élèves plus âgés étaient le plus capables de développer leur activité personnelle.

Le grand principe et la grande nouveauté de notre méthode est donc de ne pas établir de distinction fondamentale entre étude et classe.

L'élève ayant une double tâche, absorber des laits et apprendre à travailler, les classes et les études auront chacune un double aspect,

1® Une partie en sera consacrée à des exercices de mémoire presque pure ; ils se passeront en étude et la classe servira d'une part à enseigner comment la mémoire doit jouer, d'autre part à contrôler lesrésul* tats obtenus.

^^ Une deuxième partiersera employée à des besognes plus originales; ces besognes seront faites une ou deux fois en présence du maître, puis répétées par les élèves laissés à eux-mêmes ; la classe est ainsi le modèle de ce qui doit se passer en étude.

Quant à la documentation et à l'expression, elles tiennent d'une part aux exercices de mémoire, d'autre part aux exercices d'iûduction et sont soumises aux mêmes règles.

La présence du professeur est donc aussi nécessaire en étude qu'en classe; en classe, c'est une présence plus continue, pendant l'étude il peut se tenir dans un bureau voisin des salles où sont les élèves, à la condition cependant qu'il vienne de temps à autre jeter les yeux sur leur travail ou qu'il soit à la disposition de ceux d'entre eux qui auraient besoin de ses conseils; il sera doublé d'un maître d'études, grand élève ou professionnel, dont le rôle se borne**

rait à maintenir le silence et peut-être à exercer sur les élèves un contrôle plus scientifique où le chronométrage aurait sa place.

Ce nouveau travail suppose de nouveaux agence^ menU. Il ne faut plus, comme jadis, meubler de deux façons différentes la classe, salle nue aux tables étroites où Ton ne peut faire autre chose que parler et écrire, et Fétude, salle aux lourds pupitres qui sont comme des malles à livres. La classe et Tétude doivent être disposées de la même manière, c'est-à- • dire qu'elles doivent avoir comme annexes des laboratoires de physique, d'histoire naturelle ou des bibliothèques qui, contenant des documents géographiques ou historiques, deviennent de véritables laboratoires d'histoire et de géographie. Ces laboratoires doivent renfermer un matériel très simple, mais reproduit à un assez grand nombre d'exemplaires pour que chaque élève y puisse travailler individuellement. Ainsi c'est la classe de physique doublée de son laboratoire qui "servira d'étude de physique ; un roulement sera établi entre les élèves pour que tous les appareils soient constamment utilisés. De même, pour les travaux sur documents écrits, la salle sera une bibliothèque assez grande pour contenir les élèves de plusieurs classes, et on y joindra des salles plus petites pour laisser travailler séparément les auditifs ou les verbomoteurs, et même de petits cabinets nécessaires aux problèmes qui se font par groupes de deux ou trois.

En même temps qu'on rebâtirait la maison d'école, on se servirait de tout ce que des expériences récentes ont appris sur le confort des usines et des bureaux. L'éclairage doit se faire par grandes baies

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eu face desquelles ne se trouve aucun mur trop brillant. Le soir, éclairage par plafond difFuseur ou par petites lampes individuelles articulées. En tous temps, pupitres presque verticaux sur tables surélevées et chaises k dossiers munies d'appuie-tôtes. Knlin on veillera à ce que les élèves aient un certaio temps de travail debout.

Ce matériel coûte cher et, malgré la diminution dos heures de classe, les professeurs capables de susciter un travail personnel coûtent plus cher encore. Notre réforme aurait doue pour premier résultat d'aggraver la crise économique dont les écoles souffrent aujourd'hui; c'est pourquoi l'on a proposé de remplacer l'enseignement oral par l'enseignement par corretpondance. L'enseignement par correspondance est normal aux États-Unis et se répand de plus en plus chez nous (1). Que vaut-il?

Il lui est probablement impossible de développer ce qu'il y a de pins haut dans nos facultés mentales : les exercices nécessaires supposent un matériel expérimental qui ne s'expédie pas comme les disques phonographiques qui servent à l'étude des langues étrangères, et l'art d'expérimenter fait naître chez le disciple des hypothèses, des doutes, un découragement ou une Joie qu'il doit communiquer au maître dans un contact direct.

Par contre, les cours par correspondance conviennent admirablement à la documentation pure. Peut-être même seront-ils la seule manière de déclencher un grand mouvement contre les procédés suran-

nés des écoles françaises. A cet égard cependant leur bienfait dépend de deux conditions.

Premièrement ils ne doivent point s'adresser à des élèves trop jeunes. Leur vrai public, ce sont des ingénieurs, ou des employés, ou des ouvriers occupés toute la journée, dispersés au bord d'un puits de mine ou au pied d'une chute d'eau, et qui d'ailleurs, puisqu'ils ont le désir d'une ascension, sont assez intelligents pour s'instruire sans répétiteur. Hais l'enseignement par correspondance nous paraît encore accessible à des adolescents, peut-être même à des enfants, à condition toutefois qu'ils y aient été préparés. Or cet apprentissage est tmp compliqué pour être fait dans la solitude ; l'enseignement par correspondance ne peut débuter par correspondance ; ces futurs élèves doivent donc être réunis, ne fût-ce que quelques mois, dans des classes analogues aux classes actuelles. Le procédé qu'on y apprendra ressemble beaucoup aux règles de mémoire où de documentation que nous avons exposées plus haut. Dès lors l'école par correspondance ne sera plus, comme cela arrive souvent, une entreprise indépendante, mais un simple prolongement d'un lycée ou d'un collège. Ce lycée ou ce collège devrait consentir par là à perdre à un certain âge une partie de sa clientèle trop éloignée ou pas assez rich% mais par contre il en regagnera une autre et beaucoup plus nombreuse : ce serait peut-être une façon d'équilibrer son budget déficitaire pour le plus grand bien de notre culture.

Tout ce paragraphe a été consacré à l'étude des procédés qui rendent le travail efficient ; reste à exposer le programme que cette efficience communiquera.

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