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Les propriétés sont sovuTenl subdivisées . mais elle con- Ueanent la plupart des bvns, terres incultes, biens coutmiinaïu. etc.
la coDcentration de la propriété a peu Tarie pendant cent ans. — On peut donc conclure que la France, stirtont si on la compare à ses voisins, est le pays de la petite propriété. Cotte division du sol possédé a été une éducatrice patiente.
Or, dans ce terme c petits propriétaires >, non Feulement les deux mots portent, mais l'adjectif « agricole > sous-enten Ju ; ayant à lutter contre les saisons, ils n'ont pas^^ejaiso ns d'être géné reux: disséminés sur le sol, i's nV>nt pas rhahîtiiHo f^ft f^'un\r ; pfttitflj leurs HftfiSftin s tftndpnt. h M.r<^ jrn ftsgnins, propriétaires, ils ont d e la j xeine à êt re audacie iy^Certes, à côté des défauts, il y a les qualités ; parce que nous sommes une démocratie terrienne, chacun de nous a accumulé en lui des réserves d'initiative ou de ténacité qui, pendant la guerre, nous ont étonnés nous-mêmes. Mais cos qualités sont plus morales, les défauts sont plus sociaux; les premières sont plus incorporées à la race, les seconds sont plus susceptibles de varier avec des groupements nouveaux ; saluons nos trésors, une fois pour toutes,
pour nous donaer confiance, et n'en parlons plus.
On se convaincrait mieux encore de notre désadaptation à la vie moderne en examinant les divers types de nos paysans, selon les conditions de leur travail, selon les aspirations et les idées dont les plus récentes sont issues delà Révolution, selon les groupes divers dans lesquels se sont incarnées conditions matérielles et tendances mentales. On distinguerait ainsi (1) entre autres :
i" Un premier type d'agriculteurs^ ceux qui travaillent dans les grandes fermes du Nord et du Bassin de Paris. Sol transformé artificiellement, cultures industrielles comme la betterave, appelant des usines comme les sucreries, domaines de 50 à 200 hectares^ grosses unités avec un nombreux personnel à la tète duquel est un fermier technicien, avec des sousordres rappelant les contremaîtres : tendance, encore rare dans la culture française, vers le type industriel. Dès lors ce personnel pourra pratiqueras « réformes de 89 », dans un sens très précis, liberté civile, égalité civile, liberté politique, égalité politique, mais il ne croira pas aux « dogmes de 89 », liberté ou égalité tout- court, car, dans sa vie de' tous les jours, il sentira la nécessité de la dépendance (entre tous les éléments de son atelier comme entre son atelier et le reste du monde : d'où limitation de la liberté individuelle) et la nécessité de la hiérarchie (elle résulte de
(i] Sur cette question, lire un ouvrage d'ensemble, Les Français d'aujourd'hui, d'EDMono Demolins, (Firmin-Didot), des monographies régionales comme oelles de M. Descamps ou de M. Bures qu'a publiées la « Science sociale i, le livre de M. Andké Sibofribd, Tableau politique de la France de POuest (Colin), et certaines pages des travaux des élèves de M. Vidal delà Biache.
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isole les fermes, confirmaot le caractère indépendant analysé déjà. Dans Therbage où paissent les bestiaux et où poussent les pommiers à cidre, le travail est aisé et Tenrichissement sûr, d'autant plus qu'il s'y joint souvent le commerce des grosses pièces de bétail, permettant, grâce à une présentation babile, un gros profit. Mais la facilité de cet enrichissement ne permet pas au paysan de s'élever au-dessus d'une aisance moyenne; une fois atteinte, il s'y repose; son but, profiter de la vie, le verre d'alcool on main ; ses moyens, limiter le nombre des enfants pour ne pas diviser son héritage ; ici l'indépendance prend l'aspect d'un égoïsme jouisseur et restrictif. — Analogues, tous les éleveurs des plaines. — Au contraire, en montagne, Alpes et Pyrénées, des sentiments communautaires subsistent, qui s'appuient sur les restes des communautés familiales, ou sur la communauté, encore pratiquée, des pâturages d'une même vallée : mais ces sentiments sont bien précaires, car les individus se servent du groupe au lieu de le servir, et, quand le groupe se dissout ou quand ils émigrent en plaine, ils retombent dans un isolement de pauvre, avec une apparente soumission qui cache beaucoup d'aigreur.
4° Les vignerons (exception faite des grands propriétaires et surtout des industriels qui transforment le vin en eau-de-vie). Ils vivent sur tous les coteaux au sud de la limite septentrionale de la vigne, en Touraine, par exemple. L abeur de q uatre mois, qui tolère les engins primitifs et permet un atelier aussi petit qu'on veut, morcelant les propriétés, morcelant les exploitations, rompant tout lien économique entre parents. Cependant le produit est riche, ou, plutôt,
selon les années, sa valeur varie beaucoup : ces travailleurs aux méthodes élémentaires, faute d'habitudes de prévoyance, dépensent t out jans les années heur euses et gro gnent dans les tem psjiiau3Mlan)'où un égalitarisme mesquin, qui ajoute aux caractères généraux des agriculteurs respr it d'envie et de critk^ie.
5° Les cueilleurs de fruits. Ainsi les habitants des coteaux secs, exposés au Midi, de la Provence. Us vivent d'olives, et aussi d'amandes, de Ogues, etc.. L'olive donne l'huile; et voilà créés une industrie et un commerce; mais ils sont entre les mains d'une autre classe ; pour l'agriculteur, l'eifet de l'olivier est le même que celui de la vigne, division extrême des exploitations et des propriétés. En outre, les loisirs sous le soleil permettent une vie de voisinage : causeries où les idées se clarifient; et les restes de la vie municipale d'origine romaine inclinent à la politique : dans le Midi surtout se sont formée des orateurs parlementaires, qui ont réuni nos aspirations à la liberté et à l'égalité en un corps de doctrine.-^
Nous venons d'essayer l'esquisse d'une esquisse : telle quelle, elle montre qu'à serrer la question do plus près, on accentue notre première réponse : cueilleurs de fruits, vignerons, éleveurs ou agriculteurs proprement dits, sous des formes diverses, sont plus ou moins égoïstes, indisciplinés, bornés et prudents.
Nous avons raisonné jusqu'ici comme si tous les Français étaient paysans. Or, il n'y en a guère que la moitié. Cependant, dans l'autre moitié, il y a une foule de gens à qui nos conclusions s'appliquent. Ceux, en effet, qui ont émigré à la ville, fonction-
naires ou ouvriers, sont des fils d'agriculteurs qui ont gardé bien des ressemblances avec leurs pères, car le groupement famille est généralement plus solide que les groupements professionnels, et les caractères qu'on y a acquis durent, à travers la variété des autres, pendant quelques générations. Aussi notre industrie, nos transports, notre commerce ont une allure propre qui rappelle celle de notre agriculture. Ils suscitent, comme elle, dans la plupart des cas, une propriété réduite et des ateliers de petites dimensions. L'absence de houille, et de houille bon marché, la centralisation qui a construit à prix élevés notre outillage national, la Cour qui jadis a réclamé une industrie de luxe dont nos paysans, plus affinés qu'ailleurs, étaient parfaitement capables de créer et de maint' nir la tradition, tout cela a mis des limites à la concentration des entreprises. Un bref tableau le rappellera (1).
Petits établissements (moins de 5 salariés).
M oyens établissements (de 5 à 50 salaries).
Grands établissements (plus de 50 salaries).!