Ed., p. }o
C'est à la fin seulement que l'auteur lui fait se dire à part lui, après avoir compris comment tout s'était passé, qu'il avait voulu s'opposer « aux choses qui devaient arriver ' ».
La prose souligne beaucoup plus que le Dit le paganisme de l'empereur, par exemple au commencement * et dans la scène où il parle avec l'abbé, lui exprimant son regret de voir Constantin baptisé et lui disant avec un gros rire que la loi chrétienne ne vaut rien et que tous ceux qui y croient sont perdus K En général, elle appuie beaucoup sur les traits extérieurs, quelquefois d'une manière très heureuse; mais elle n'approfondit jamais. Dans le Dit, la fille de l'empereur vit dans une sorte d'exil, loin dé la cour ; la prose considère peut-être ce trait comme trop romantique et loge la princesse dans le château de son père à Constantinople, ce qui implique une excursion de l'empereur, pendant laquelle il peut envoyer le jeune homme en message à sa cour. Mais tout cela se fait d'une façon logique et parfaitement naturelle. L'auteur de la nouvelle insiste sur de petits détails par lesquels il croit vivifier l'action : ainsi, on apprend par quels moyens le chambellan réussit à enlever l'enfant de ses parents ; que les moines chantent matines au moment où l'enfant est déposé devant l'abbaye, et qu'ils le trouvent après avoir fini leur chant ; que l'enfant reste en vie à cause de sa chair molle, malgré les terribles blessures du couteau de l'empereur -* ; on apprend de même le contenu littéral de la lettre destinée à apporter la mort à Constantin 5, tandis que dans le Dit cette lettre est seulement indiquée ^. A d'autres endroits, le texte en prose diffère plus considérablement de celui en vers. La rencontre de l'empereur et de l'abbé, où le premier, après avoir reconnu l'adolescent, obtient que l'abbé le lui cède, est racontée dans le Dit en 3 5 vers ', tandis que la prose a besoin de plus de cinq pages pour le même