‹ La nouvelle française au 15e siecleChapitre 14 sur 98 · Ed., p · texte numérisé non relu

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l8 LA NOUVELLE FRANÇAISE AVANT LE XV' SIECLE

sujet '. Là, l'empereur voit le garçon quand il sert son maître et demande qui il est, sur quoi l'abbé raconte son histoire ; l'empereur demande à le prendre pour lui, et l'abbé y consent, à son grand regret, il est vrai, mais parce qu'il n'ose pas s'y opposer. Ici, tout est autrement compliqué et vivant. L'abbé va trouver l'empereur avec un grand cortège, dont fait partie Constantin, admiré de tous à cause de sa beauté (ainsi est préparée l'attention de l'empereur). Arrivés et les premières salutations échangées, l'empereur regarde Constantin (remarquez comment celui-ci tient son chapeau de feutre à la main pendant qu'il parle avec l'empereur !) et s'enquiert de ses origines. L'abbé hésite et fait des réponses évasives ; ils causent ensemble, entre autres sur la religion du garçon, et l'abbé enfin raconte tout. L'empereur reconnaît l'enfant aux détails du récit et le demande pour lui. Alors l'abbé répond qu'il ne peut pas en décider sans consulter son couvent ; il retourne, et on lui dit qu'il aurait fallu céder tout de suite pour ne pas provoquer le mécontentement du monarque. Le prieur est chargé de reconduire le garçon, il dit : « De par Dieu ! » et se met en route, salue l'empereur, prend le garçon par la main et le lui présente solennellement au nom de l'abbé et du couvent. — Autre épisode semblable : la scène au jardin de la cour, Constantin trouvé pendant son sommeil par la princesse, la lettre fatale dérobée et échangée contre celle qui portera bonheur. L'entrée au jardin est déjà très précisée dans la nouvelle : « ... si pensa, si com Dies le volt, k'il n'iroit point en celui point, ains atenderoit tant c'on eust disné ; et il faisoit molt grant caut si com entour la S. Jehan, si entra ou gardin tout à cheval. Li gardins fu et grans et Ions, et li variés osta à son ceval le frain et li deslacha le poitrail et le laisa pestre ; puis en vint en un recoi d'un arbre, et li lieus fu aukes roisans, si s'endormi tos. » L'attitude de la princesse est beaucoup mieux définie que dans le Dit : tout d'abord, elle éloigne toutes ses compagnes, sauf une, avec laquelle elle discute vivement l'étrange situation ; après avoir fait jurer silence à la pucelle, la princesse invente elle-même la ruse de l'autre lettre (dans le Dit c'est la compagne qui, sur sa demande, la propose, trait certainement nioin.s bon), procède à la substitution, éveille le garçon en chantant et faisant du tapage et le conduit enfin devant le châtelain ^ (dans le Dit,

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