‹ La nouvelle française au 15e siecleChapitre 19 sur 98 · Ed., p · texte numérisé non relu

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en effet très bien relevé, et toute la scène qui la fait ressortir est écrite avec beaucoup de verve'. Malheureusement, rares sont les scènes sur lesquelles on pourrait porter une pareille appréciation. Je citerai encore celle où la comtesse rencontre pour la première fois son père, son mari et son frère à la cour du Soudan ; leur première réplique lui inspire des soupçons, et elle ressent une forte émotion ; la seconde, qui lui fait voir la vérité, la trouve calme et résolue, et elle demande simplement à son nouveau mari de lui donner les prisonniers pour elle. Tout cela est bien fait -. En général, le dialogue est assez développé ; mais le ton naïf est trop souvent l'expression de la pure nature et manque de la grâce artistique.

Ainsi se présente la nouvelle française en prose du xiii^ siècle, jugée d'après les rares échantillons qui nous en sont restés. L'intérêt qu'elle offre au point de vue des sujets est à peu près nul, car les vieilles traditions romantiques ne sont pas abandonnées. Ce qui est à noter pour nous, c'est l'effort vers un style alerte et aisé, qui se fait sentir surtout dans le dialogue ; et çà et là nous voyons percer une conception nouvelle de la manière dont doivent être étudiés et présentés dans ce genre de littérature les individus humains.

Passons au xiv* siècle. Les « nouvelles » publiées sous ce titre par d'Héricault et Moland ' sont tout autre chose que des nouvelles dans le sens où nous avons pris le mot. Le premier morceau du recueil, Assetteth, est une histoire biblique écrite dans un style qui rappelle l'original, et, malgré ses qualités possibles, elle s'écarte tout à fait du genre que nous traitons ici. Ensuite vient l'Histoire de Foulques Fit^^ Warin, qui n'est que le remaniement d'une vieille chronique et en porte les traces très visibles. Le troisième morceau, enfin, est une traduction de l'ouvrage de jeunesse de Boccace, Filostrato, et a été composé non pas au xiv^ mais au w" siècles Ce recueil, par conséquent, n'offre aucun intérêt pour le développement de la nouvelle française à cette époque.

Il en est un peu autrement du livre qu'écrivit le chevalier de La

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