‹ La nouvelle française au 15e siecleChapitre 24 sur 98 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

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LES aUINZE JOYES DE MARIAGE 3I

homme, et « l'allusion est au passé : c'est le futur Charles V (Dauphin jusqu'en 1364) » et la seconde fois c c'est un enfant : le futur Charles VI (Dauphin depuis 1368)' ». Mais si nous regardons les passages cités, que trouvons-nous? Que la mention a un sens tout symbolique : « je n'eusse jamais prins aultre, et eust-il été daulphin de Viennois » ; « et se délivre sa femme d'un bel enfant, et fust ores le dauphin de Viennois ■" ». Il s'agit naturellement dans les deux cas d'une comparaison avec tout ce qu'on sait de plus magnifique et de plus beau, sans la moindre intention de donner de cette idée une application concrète. Comment se pourrait-il, du reste, que l'auteur fît à deux endroits si rapprochés une allusion à deux dauphins réels différents, dont l'un serait déjà roi? — Si elle ne peut permettre des conclusions de cet ordre, la mention du titre ancien du Dauphin aurait-elle pourtant quelque valeur pour la connaissance de la date? Il est évident que, si l'on ne parlait, en plein xv^ siècle, que du Dauphin tout court, le double nom indique une période plus ancienne. Il resterait, il est vrai, qu'il pourrait être employé ici d'une manière un peu archaïque. La difficulté consiste à savoir jusqu'à quelle époque en général cet usage s'étend. Même s'il n'est pas dans les actes officiels ni dans les chroniques, il peut très bien être resté dans le langage populaire.

Il y a une indication d'un autre genre qui n'a pas attiré, que je sache, l'attention des philologues, et qui le mérite cependant. Dans la première /o/c, la femme parle des habillements que portent toutes les autres dames sauf elle : « robe d'écarlate, ou de Malignes, ou de fin vert, fourée de bon gris ou de menu-ver, à grands manches, et chaperon à l'avenant, à grant cruche, avecques un tessu de soye rouge ou vert, traynent jusques à terre et tout fait à la nouvelle guise' ». Il semble qu'on devrait trouver ici un point de repère pour la date, mais les indications dont je dispose ne permettent cependant pas de conclusions certaines. « A dater de la fin du xiv*= siècle, dit Viollet le Duc dans son grand Dicliounaire de Fameublement, les manches des vêtements d'hommes et de femmes prennent parfois les formes les plus étranges... elles se gonflent autour de l'arrière-bras et aux épaules », et il ajoute que les grandes manches tenant au corps de robe de dessus disparaissent vers

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