‹ La nouvelle française au 15e siecleChapitre 32 sur 98 · Ed., p · texte numérisé non relu

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toute condicion de femme de sa nature telle, quelque mary que el ait, et jasoit ce qu'elle est bien aise et qu'il ne lui fault rien, elle met tousjours son entente à mettre son mari en aucun songe ou pencée » ; et un peu plus loin dans la même Joie, une défense ironique de son attitude envers le mari : « une femme n'a que faire mectre paine d'acquerre la grâce de celui qui l'aime bien, et qui lui fait tous les ser\'ices qu'il peut ; mais elle doit bien faire conte d'acquérir la grâce de celuy qui ne tient conte d'elle, par la belle chiere et beaux services » ; et encore dans le même chapitre : « femme veut tousjours estre flattée : ne il n'est si grant mensonge, tant soit-il estrange, que elle ne croye tantoust, mes que ce soit en sa louange ' » (VI) ; « la femme sera à l'aventure diverse et maie (et n'en y a gueres d'autres) * » (IX) ; les maris qui trompent leurs femmes ne savent pas ce qu'ils font : « quar la femme qui se sent envillenie ne vault riens si el ne met paine à en avoir retour ' » (XI) (voilà une raison suffisante pour rester fidèle !) ; « il n'est riens si sachant comme est femme en ce qu'elle veult faire touchant la matière secrette ■♦ » (XI) ; « la plus sage femme du monde, au regart du sens, en a autant comme j'ay d'or en l'œil, ou comme un singe a de queue, car le sens lui fault avant qu'elle soit à la moitié de ce qu'elle veult dire ou faire ^ » (XII). Très caractéristiques sont les comparaisons qu'il fait entre l'homme et la femme. Je citerai surtout la longue discussion au commencement de la septième Joie sur ce que les deux ont à endurer dans le mariage : la femme ne se fane pas aussi vite que l'homme, car elle ne prend pas les peines et les soucis qu'il éprouve et ne fait pas le même travail ; il est vrai que pendant sa grossesse elle est « bien empeschée », et que l'enfantement lui coûte bien de la peine et de la douleur; « mais ce n'est rien à comparer envers ung soussy que ung homme raisonnable prent, de pencées profondes pour aucune grant chose qu'il a affaire » ; et pour la peine de l'enfantement, c'est une chose naturelle, de même que la poule pond un œuf ce par ung pertuis où paravant vous n'eusses pas mis ung petit doy » ; et plus la poule pond, plus elle est grasse ; mais aussi le coq ne fait que lui

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