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$. Ed., p. 106.
chercher à manger, et la poule ne se soucie guère que de manger et de caqueter et de se tenir en joie ; « ainsi le font les bons proudes hommes mariez, qui en sont bien à louer », ajoute-t-il avec un clignement d'œil satirique ' . Quand la femme parle de se soumettre à une privation, l'auteur foit la réflexion que « s'il y a souff'retté, le bon homme l'aura, et non pas elle^ » (VIII). C'est à la fois pour relever ce qu'il a de peu naturel dans la faiblesse de la complexion amoureuse de l'homme, et pour flageller le trop grand appétit de la femme qu'il dit assez naïvement : « si ung homme ne suffîsoit à une femme, que Dieu et l'Eglise auroient ordonné que chacune en eust deux, ou tant qu'il lui sufiiroit ' » (VII). Et avec quel superbe dédain il blâme le mari pour avoir épié sa femme : « dont il fait que foui, car noble cuer de homme ne doit point enquérir du fait des femmes "^ » (VI) — l'homme doit être assez au-dessus des femmes pour ne pas se mêler de leurs actions ! De l'union entre un jeune homme et une vieille femme il dit, dans sa manière franchement réaliste, qu'il n'y a rien qui déplaise davantage à un jeune homme « ne qui plus lui nuist à la santé » — et du mariage d'un homme âgé qui prend femme jeune, il dit avec une mine gaillarde : « je m'en ry, en considèrent la fin qu'il en aviendra> » (XIV).
Tout ce que l'auteur dit des femmes est, comme on l'a noté plus haut, déjà connu dans la littérature française, au moins quant aux traits essentiels. Il est en effet curieux de voir combien les Quin:^e joies nous rappellent en cela la littérature des fableaux. Les ressemblances sont si fortes que, si on jugeait possible que l'auteur eût connu ces productions antérieures de la satire contre les femmes, on ne pourrait pas ne pas y voir une source directe de ses inspirations. Toutes les nuances qu'il nous présente, ou à peu près toutes, se retrouvent déjà dans les fableaux, non seulement l'infidélité avec tous ses conflits, toutes ses ruses et ses mensonges, mais aussi l'orgueil, la vanité, la manie de contredire toujours à ce que dit et veut le mari, l'art de dissimuler, qu'il s'agisse de feindre une maladie ou autre chose, la tactique de refuser au mari la nourriture ou de lui faire croire qu'il a le cerveau fêlé. Divers petits