‹ La nouvelle française au 15e siecleChapitre 42 sur 98 · Kd., p · texte numérisé non relu

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grossier, comme le sont les fableaux ou Matheolus ; et il suffit de comparer des scènes analogues pour constater chez notre auteur une grâce qui manque à tous ses prédécesseurs. Quand on lit la scène où la femme, retrouvant l'amant « affamé » et « enragé », lui montre des secrets d'amour « et fait plusieurs petites merencolies que elle n'ouseroit faire ne montrer à son mary », tandis que lui à son tour lui fera « moult de petites bichotteries ou elle prendra grant plaisir ' », on croit entendre le roucoulement de deux tourterelles. Et avec quelle maîtrise amusante il caractérise la jeune fille de la onzième JoiCy quand il l'appelle « ung jeune tendron qui ne fait que vitailler entre xv et XVII ans ».

Les métaphores qu'il emploie quelquefois pour appuyer ses caractéristiques sont assez primitives, et calculées pour des imaginations peu raffinées. On en a déjà vu des exemples dans les images qu'il emploie en parlant du mari. A celles citées plus haut ajoutons encore les suivantes : « ainsi est abesié le proudomme, et pest l'erbe et est transfiguré en une beste, sans enchantement ^ » (Vil) ; « sera reboutté lors comme un vieil faulconnier, qui ne vaut plus à nul mestier ' » (XII). Il est dit encore du mari : « et deust ores porter pierres à son coul touz les jours », et un peu plus loin qu'il est « plus crotté que ung chien », « ainsi acoustumé à noises et à travail comme goutieres à pluye * » (VIII). Le mari et la femme qui ne peuvent pas jouir des plaisirs amoureux, sont « comme qui auroit grant soif, et auroit la bouche touchant à l'eaue, et ne porroit boire > » (X), et quand, au moment critique, la jeune fille doit faire croire à son mari qu'elle est vierge, « elle giete ung cry d'alaine souppireux, ainsi comme d'une personne qui se met à coup tout nud en l'eaue froide jusques aux mamelles, et ne l'a pas accoustumé ^ » (XI). Comme on voit, ce ne sont pas des métaphores très littéraires. — Deux fois il y a des allusions historiques : « la dame crie et tense et li met sus tout le mal et le meschief, aussi bien comme s'il deust faire la paix entre les deux rois de France

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