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3. C'est ce que fait Lcnient dans son ouvrage précité; mais il donne alors à ce genre esthétique un sens par trop étendu.
situations ne se distingue guère de la littérature précédente. L'auteur les envisage du même regard que ses devanciers, bien que ce regard porte plus loin ; son âme est aussi émue des scènes qu'il décrit, quoiqu'elle vibre avec une sensibilité plus affinée. La main seule diffère beaucoup, car elle cra^'onne en lignes plus fines et peint avec des nuances plus variées. Cependant, à envisager l'ensemble, il manque ici la conception froide, hautaine qui caractérise la satire et lui fait jeter sur toutes choses un regard dédaigneux, et le ridicule répandu sur les figures et qui les rend comiques, et aussi la technique de la satire, qui procède par équivoques et sous-entendus, et qui cherche l'effet dans le contraste et dans l'amusant.
Il semble que l'auteur, par le titre qu'il a choisi pour son ouvrage, ait voulu lui donner précisément le caractère de la satire ainsi conçue, et c'est sans doute la raison principale pour laquelle l'ouvrage est ainsi qualifié. Mais déjà l'explication qu'il donne du titre dans le prologue montre combien peu il saisit lui-même la nature de la satire. Il dit, avec une netteté et un détail qui ne laissent rien à désirer, que les gens mariés regardent ces « quinze seremonies » du mariage comme « joyes, plaisances et félicités », mais ajoute que « selon tout bon entendement » elles sont « les plus grands tourmens, douleurs, tristesses, et quinze les plus grandes maleuretez qui soient en terre, esquelles nules autres paines, sans incision de membres, ne sont pareilles à continuer ». C'est émousser d'avance la satire ; et il semble assez déplacé que l'auteur, immédiatement après, prenne un ton vraiment ironique et dise que ceux-là font bien qui se marient, « pour ce que nous ne sommes en ce monde que pour faire penitances, soufirir affliction et mater la chair, afin d'avoir Paradis ' ». De même la tournure manque de piquant, quand il déclare écrire ces Quin:(c joyes de ma) iage pour leur consolation « en perdant ma peine, mon encre et mon pappier ».
Il y a pourtant bien des passages qui, comme ce prologue, se tiennent à la limite de la satire, sans pourtant aller jusque-là. C'est souvent le cas dans la description des maris. Quand le mari, après avoir été joué par sa femme, « loue Dieu en son courage dont il lui donna ung si riche joyau comme el est », c'est bien là une tournure ironique ;