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mais tout ce motif de l'inaltérable amour du mari pour sa femme et son idée qu'elle est pourtant la meilleure des créatures, n'est pas traité d'une manière satirique (il en a déjà été question), sauf que cette confiance du mari, comme l'auteur le présente, repose sur sa propre bêtise'. Il est difficile aussi, à mon avis, d'attribuer à la déclaration suivante une portée satirique : « Et quant à moy, je croy que Dieu ne donne adversité aux gens sinon selon ce qu'il les scet francs et débonnaires pour paciamment endurer ; et ne donne froit aux gens sinon ce qu'ils sont garniz de robes ^ » (IV). Ici c'est plutôt au contraire l'aveu que l'homme sait supporter le fardeau de la vie. L'âpreté générale dans la peinture des femmes est entremêlée çà et là des traits ironiques. Quand, dans la cinquième joie, la femme appelle la chambrière à son aide contre l'amant, elle ne vient pas, « qui est grant pitié », dit l'auteur ; il fait la même réflexion quand il la montre impuissante à se défendre contre le jeune homme, et ajoute : « car ce n'est rien que d'une pouvre femme seule » (même expression dans la joie XV) ; et elle ne crie pas, parce qu'elle juge que « mieux vaut garder son honneur, puisque ainsi est ». Quand la femme, dans la quinzième /oî>, veut sauver son amant et court au devant du mari courroucé, c'est « pour faire son devoir, car elle doit toujours garder de faire murtres ». Dans la cinquième joie, il est dit que le mari a entendu parler de « ung petit eschapeillon » qu'a eu la femme en sa jeunesse ; mais d'autres assurent que ce n'est que calomnie, et l'auteur ajoute avec une feinte colère « comme plusieurs sont blasmées à grant tort. Dieu le sceit bien, par les joletrins allans et venans par les rues, quant parlent des bonnes preudes femmes quant autre chose n'en povent avoir' ». Il faudrait sans doute prendre pour ironie la réflexion de l'auteur sur la mort d'une femme « et me semble que c'est aussi grant douleur comme nulle qui soit dicte dessus -* » (XIV), s'il n'y avait la description idyllique du ménage au début de cette Joie^ qui formerait alors un trop fort contraste. Il est souvent difficile de voir quelle mine l'auteur fait en son for intérieur.
1. V. par exemple la comparaison avec le coq. Cependant l'auteur ajoute une fois .^ ce propos sur un ton satirique ; « Aucunes fois la reigle fault, mais c'est entre anciens ribaux désespérez et sans raison qui n'ont point d'entendement ».