VA. G. Pari», Kimuuiia, VII (1878J, p. j
K. Moiiuigiou Cl Kaynaud, Htcudl jf^néml de l'ubliaux, t. VI, p. 158.
du coloris chevaleresque, mais on y présente en tout cas une scène de la vie réelle.
On a dit que tout réalisme, considéré historiquement, est relatif, car « les limites du possible varient selon les peuples et les époques ' ». Jusqu'à un certain point cela peut être vrai. Mais il y a néanmoins un réalisme littéraire qui a conservé son caractère intact à travers toutes les époques, autant que les hommes, au fond de leur être et dans beaucoup de leurs traits de caractère, de leurs instincts, de leurs habitudes, de leurs faiblesses et de leurs vertus, sont demeurés semblables à eux-mêmes à travers les époques de l'humanité. Ce réalisme s'exprime précisément par les traits qui sont caractéristiques de la nouvelle moderne : la description psychologique intime et la peinture fidèle de détails extérieurs observés avec netteté. Il peut, comme nous l'avons vu, se manifester même dans un cadre composé d'éléments purement romantiques ou idéalistes ; mais il trouve naturellement un terrain plus favorable quand le milieu lui-même est emprunté à la vie extérieure, et que le récit vise à traiter des sujets tirés de cette même vie. Quand on voit comment s'est développée, du xiv^auxvi's., la nouvelle en Italie et en France, s'attachant surtout à décrire de tels sujets et à présenter une situation, avec l'origine, le nœud et le dénouement — le plus souvent comique, mais parfois aussi tragique, — il est naturel de chercher non dans le lai, mais dans le fableaii son précurseur immédiat. Ce genre littéraire offre bien à un degré éminent toutes ces données préalables. Non que le merveilleux et l'invraisemblable n'y aient aussi leur place : nous y trouvons à la fois des miracles et des situations tout à fait invraisemblables; et si, par la nature du merveilleux employé, ces épisodes contrastent avec ceux des contes de fées, ils sont en tout cas aussi éloignées de la sphère des réalités courantes que peuvent l'être ceux des œuvres romantiques. Mais les fableaux puisent cependant leur matière principale dans des situations et des conflits que le public jugeait connus et possibles. Il suflit de songer aux innombrables histoires de femmes et de moines : elles avaient incontestablement leur pendant dans la réalité, bien que les situations ne se présentassent pas toujours sous la même forme dans la vie ; et, si elles étaient ensuite reprises par tant de conteurs, c'est précisément