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LhS NOUVELLES DE SENS 2Î9
tion artistique de l'auteur. — II est difficile de dire dans quelle mesure l'arrangement du chapitre vu doit être attribué à notre auteur ; il s'agit du sujet très connu du mari qui confesse à sa femme qu'il a commis un meurtre et qui, à la suite d'une querelle, est dénoncé par elle. Mais il se trouve ajouté ici un autre thème, celui du prêtre qui confesse le meurtrier de son père : ce fils est si indulgent que non seulement il absout le meurtrier, ce qui est son devoir, mais qu'il lui donne encore son cheval pour lui faciliter sa disparition. Or, cette refonte n'est pas sans donner plus de mouvement au récit, raconté, du reste, d'une manière excessivement brève et sans esprit. La réflexion moralisante à la fin, qui se termine par cette maxime : « car femme, n'en doubtez mie, ne peut celer que ce qu'elle ne sait pas », semble bien provenir de l'auteur lui-même, quoiqu'en général il n'ait pas l'habitude de résumer ses doctrines par de telles conclusions. — Si quelquefois nous trouvons chez lui des épisodes bien ajustés qui ne se retrouvent pas dans les versions connues des mêmes thèmes, nous ne sommes malheureusement pas autorisés à y voir des preuves de son esprit de composition, car ils auront pu faire partie d'un modèle perdu ; tel est p. ex. le miracle du chap. xii, dont il a été déjà parlé. Quelques cas où l'auteur n'a fait que résumer en prose, en le concentrant fortement, un conte versifié qui nous est resté (comme les chap. xix ', xxi^ et xxv '), nous donnent une idée nette de sa manière de traiter ses sources. On se figure aisément qu'il a employé aussi le même procédé pour d'autres nouvelles dont les originaux nous sont inconnus.
Quant à ces sources, M. Vossler en avait déjà relevé un assez grand nombre, et les notes de M. Langlois coïncident naturellement en partie avec les siennes '^. Mais s'il ressort clairement de ces recherches que