‹ La Nouvelle-France de Cartier à Champlain, 1540-1603 [microforme]Chapitre 24 sur 98 · RE ER · texte numérisé non relu

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est au pied des sauts, et qu’il a appris des souvages qu'il fallait dix journées de marche, depuis les sauts jusqu’à un grand lac situé au-dessus d’eux.

En post-scriptum, Noëï ajoute qu'il va s'informer s’il n’y aurait pas moyen de trouver les relations que le capitaine Jacques Cartier avait écrites après ses deux derniers voyages en Canada, c’est-à-dire après l’année

Dans cette lettre encore, Jacques Noël parle inei demment d’un nommé Gilles Wattier, beau-frère de Groote. C'est une erreur de nom popularisée par Hakluyt. Ce Gilles Wattier n’est autre que Guillaume Gauthier, sieur de Lambestil, receveur des Devoirs de l’ancienne coutume, en 1595, puis miseur de la ville! Il avait épousé Françoise Groote, sœur de Jean, l'étudiant de Paris. Jean Groote, sieur de la Ruaudaye, était tout probablement fils de François Groote, sieur de La-Villeès-Nouveaux, et de Guillemette Colia 2 Les Groote se disaient d’origine hollandaise et se rattacher à la famille

Jacques Cartier, Claude de Pontbriand, sieur de Montréal. Or, rien ne prouve que ce fut bien là son titre véritable. En effet, nous lisons dans le Récit du second voyage que Claude de Pontbriand est qualifié de sieur âe Montcevelles. Mais nous croyons que c’est une erreur vulgarisée par l'édition canadienne des Voyages de Cartier ; car ce gentilhomme était sieur de Montreuil. Cartier dit expressément qu’il nomma cette montagne le Mont-Royal, et cela à diverses reprises. De Mont Royal on a fait par abréviation Montréal, nom que cette ville porte encore aujourd'hui.

1 Joüon de Longrais, Documents p. 144.

2 Ibidem. Il y eut un autre François Groote, sieur du Clos: Neuf, qui fut convétable de Saint-Malo vers la fin du XVI siècle.

dont sortit Grotius, auteur célèbre de Mare Laiberum !. Cette famille était fixée à Saint-Malo, avant 1488, car on la trouve dans la liste de l'emprunt de la Trémouille 2. Le 5 octobre 1518, au lendemain de son entrée à Saint-Malo, François I nomma un fils de Jean Groote le jeune et de Jeanne Brule *.

Dans une seconde épître à son cousin, Jacques Noël, rappelant ce qu'il avait écrit dans la précédente, au sujet des relations de voyage de son oncle, déclarait n'avoir rien pu découvrir, excepté un livre en forme de carte marine, rédigé par le Découvreur lui-même et qui se trouvait entre les mains du sieur de Crémeur. Celuie1 s'appelait Jean Jocet, alors connétable de Saint-Malo. Il était fils de Nicolas Jocet {, sieur de La Motte-Girault, alloué de la juridiction de Saint-Malo. Le sieur de CUrémeur était marié à Catherine Langourla et n'avait aucun lien de parenté avec les Cartier et les des Granges. Une de ses filles, Denise Guillaume, avait épousé, en 1547, xrand Jehan Eberard, sieur de La Chapelle, dont le nom est resté mémorable pour le long procès qu’il eut à soutenir devant le Parlement de Bretagne contre Jacques Cartier 5.

Noël nous apprend enfin, dans sa dernière lettre, qu'il avait remis à ses deux fils, Michel et Jean, alors au Yanada, le “livre fait en forme de carte marine.”

1 D. Taillandier, tome II, p. 249, note.

2 J. Des Longrais, p. 144, note 1.

3 Arch. de Saint-Malo, GG 1 Baptômes.

4 Le sénéchal N. Jocet fut anobli en 1575 pour services civils rendus à son pays.

5 Jacques Cartier, p. 137-140.

tion de la scène du

Leurs exploits comme navigateurs, assez peu

LA NOUVELLE-FRANCE L'histoire des Chaton et des Noël cesse d'avoir ispari connus, jetèrent sur ces deux familles un lustre qui devait bientôt cesser, et leur plus grand titre de gloire est de compter parmi les héritiers du Découvreur du Canada.

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