ROBERVAL A FRANCOIS-ROI
Roberval remonte le Saint-Laurent jusqu’au Cap-Rouge.—[1s'y fortifie. — Son hivernage.—Mutinerie.—Maladie.—Son voyage au Saguonay. — Royèze.—Cartier ramène Roberval en France.—Règlement de comptes avec Cartier. —Roberval revint-il au Canada.—Vivait encore en 1557.
Pendant que Jehan Alfonce allait à la découverte d’une route nouvelle afin de se rendre au Cathay et à l’île de Zipangu, Roberval remontait le Saint-Laurent, pour ne s'arrêter que vis-à-vis de l'embouchure de la rivière du Cap-Rouge, où il aperçut les habitatiorfs abandonnées par Cartier. On était au milieu de juillet. L'équipage descendit à terre dans des barques, et l’on se hâta de transporter les approvisionnements et les munitions dans
les masures érigées à la hâte par les coinpagnons de
Cartier l'automne précédent. Roberval choisit le même endroit pour s’y fortifier et y faire l'installation de tout son monde.! Le premier fort qu’il fit construire était situé au sommet de la falaise dominant la rivière du côté nord-est, sur l'extrémité du cap, d’où l’on aperçoit le Saint-Laurent et la petite rivière qui s’y décharge- Ce fort se composait de deux corps de logis, flanqués chacun d’une tour, dont l’une renfermait une salle, une cuisine, des chambres d'office et des celliers. A proximité de cette habitation, on élèva un four et des moulins ; on creusa un puits devant le bâtiment qui faisait face au grand fleuve. Voulant rendre sa position inattaquable, Roberval fit ériger un second logis, au pied de la montagne, il se composait de deux corps auxquels attenait une tour à double étage. (C’est dans ce lieu
que furent déposées les provisions. Les ouvriers et les artisans eurent des chambres spécialement aménagées pour eux dans les deux bâtiments, et sur la pointe du cap, et dans la gorge profonde.
Lorsque l'installation fut à peu près complète, après un mois et demi de travaux assidus, Roberval réunit ses
1 M. Faribault, annotateur des Voyages de Cartier et de Roberval, écrivait en 1843: ‘* Le fort et les divers édifices érigés par M. de Roberval, sont vraisemblablement la continuation des ouvrages commencés par Uartier.... Le sommet de la pointe du cap qui forme un des côtés de l’entrée de la rivière du Cap-Rouge, est évidemment le lieu qui fut choisi p#r Cartier et Roberval pour y élever ces diverses fortifications ; car la pointe de ce cap commande également et éminemment la rivière du Cap-Rouge, ainsi que le fleuve Saint-Laurent. Sur cette même pointe, on voit aujourd’hui la belle résidence de William Atkinson, placée dans une situation tout à fait pittoresque.” Cette residence appelée aujourd'hui Redclyfe, appartient au colonel Bell Forsyth.
principaux officiers et délibéra avec eux sur les précautions à prendre afin de passer l'hiver sans s’exposer à mourir de faim. La mi-septembre était sonnée; les gelées nocturnes annonçaïent les approches de l'hiver. Serait-il possible de vivre pendant six mois avec un aussi faible approvisionnement ? Nourrir deux cents personnes deyenait un problème assez difficile à résoudre, sans autre ressource que du poisson salé, quelques barils de farine et de fèves, dans un pays inconnu, à côté d’une population mal disposée, peut-être même ennemie. L'on ne pouvait compter sur des secours de France avant le retour du printemps, et encore ces secours viendraientils jamais !
O folie et imprévoyance! Pourquoi Roberval ne repassait-il pas dans son pays avéc sa troupe de malheureux que la disette et la maladie devaient rendre plus misérables ? Pourquoi lutter contre des difficultés que des hor-mes forts, robustes et bien trempés auraient pu vaincre, tandis qu’il ne pouvait s'appuyer que sur des gens que la société avait rejetés de son sein, ou sur des marins recueillis çà et là dans les différents ports de mer, gens impropres à former un noyau de saine colonisation.
Après avoir fait un minutieux examen des provisions, on comprit qu’il fallait mettre tout ce monde à la ration, si l’on voulait ne pas périr de faim. Roberval divisa ses compagnons par groupes, chacun devant recevoir pour pitance, deux pains d’une livre et une demi livre de beurre ; le soir, du bœuf en petite quantité et une couple de poignées de fèves. Les mercredis, vendredis et samedis, on ferait une distribution de morue
sèche ou verte au dîner, du marsouin et des fèves au souper.
L'hiver se passa ainsi au milieu d'abstinences forcées. Jependant la disette ne fut pas extrême. Les sauvages, attirés par des présents de peu de valeur, leur apportaient des aloses salées. La maladie fit plus de ravages que la faim. Vers la fin de l’hiver le scorbut enleva cinquante personnes. Après la maladie, éclatèrent des désordres de tout genre : le vol, la révolte et d’autres offenses que Roberval! punit avec la plus grande sévérité. Un des mécréants, Michel Gaillon, fut pendu pour avoir volé. Jean de Nantes fut mis aux fers et enfermé dans un cachot; d’autres eurent à subir le supplice du fouet. Enfin ce fut un véritable enfer que cette vie à François- Roi, nom que Roberval avait substitué au Chaglesbourg- Royal de Cartier. ! Roberval réussit à établir l’ordre au milieu de cette troupe indisciplinée, mais ce fut en usant de la justice la plus inexorable. Les sauvages semblent avoir été paisibles durant ce long hivernage ; ils appartenaient sans doute aux mêmes peuples qu'avait connus Cartier en 1586. Sans être meilleurs qu'auparavant, ils comprenaient que leurs attaques seraient facilement repoussées. Aussi se tinrent-ils tranquilles, au grand contentement de Roberval, qui avait assez d’autres ennemis sur les bras.
Le printemps arrivé, le chef se mit en devoir de pous-
1 Nous lisons France-Prime dans Hakluyt, et France-Roi dans le Routier de Jehan Alfonce. Mais ces deux noms sont également insignifiants. Roberval l'appelle François-Roi dans ses Lettres de grâce au Sieur de Saint-Nectaire en date du 9 septembre 1542.—Harrisse, Notes p. 276.
ser une exploration dans la rivière Saguenay. Il se proposait bien d’en remonter le cours aussi loin que possible, afin de découvrir les célèbres mines d’or qu’il avait entendu vanter par Cartier. Ce pays avait une réputation évidemment fausse sous le rapport de sa richesse en métaux précieux. Cartier en avait entendu parler par les sauvages d’Hochelaga et de Stadaconé. Les rapports, identiquement les mêmes de ces deux nations, avaient fini parle convaincre que le Saguenay étaitun autre Golconde. Il eût été désireux de s’y rendre lui-même, mais il n’y alla jamais, soit qu’il n'en eut pas le temps, soit qu'il crut le voyage trop pénible. La mine d’or dont Roberval avait fait l'épreuve ne provenait pas du Saguenay, mais de la rivière du Cap-Rouge. Quant aux diamants étincelants, on devine aisément ce qu'ils étaient : de beaux fragments de cristal de roche, que l’en pouvait amasser en quantité sur le versant septentrional des côteaux baignés par le grand fleuve.
Donnacona, Taignoagny, Domagaya et les autres sauvages,qui avaient vécu en Francependant plusieursannées, ne perdirent pas l'occasion de faire les plus brillantes descriptions du Saguenay. Cartier, relatant ses voyages, avait, sur une Carte marine dont Jacques Noël, son parent, nous fait connaître l'existence dans une lettre datée de l’année 1587, marqué ces mots lisiblement écrits : C’est ici où est La terre du Saguenay, laquelle est riche et abonde en pierres précieuses.
Ce lieu, au témoignage de Noël, qui visita le Canada longtemps après sa découverte, était “ au-dessus de celui: où la rivière se partage en deux, au milieu des deux branches de la dite rivière, et quelque peu plus proche
de la branche qui court vers le nord-ouest”! Noël voulait sans doute désigner la rivière des Outaouais et le fleuve Saint-Laurent qui forment une immense vallée ; la rivière des Outaouais est l’une des branches, —celle dont il parle, —qui court vers le nord-ouest. C’est dans ce plateau que le petit-neveu du Découvreur plaçait erronément la terre du Saguenay.
Mieux renseigné en 1543 que Noël en 1587, Roberval connaissait, au moins d’une manière approximative l'endroit où existait ce pays fortuné, et il en donna la preuve en essayant de remonter le cours de la seule rivière qui pouvait l'y conduire. Il quitta François-Roi le 5 juin avec soixante-dix. hommes, sur huit barques de différentes dimensions. Mais comme le jour était
sur son déclin, il ne donna le signal du départ que le lendemain à six heures du matin. Le fort restait à la
garde de trente hommes. Roberval leur avait recommandé de ne pas abandonner leur poste avant qu'il fut de retour de son expédition dont il avait fixé le terme au premier jour de juillet. Afin de ne pas laisser dormir son autorité, il avait donné à Royèze une commissi-n de
1 Voir Appendice, Pièce E, deux lettres de J. Noël à Jean Groote. Elles sont citées par Hakluyt, et nous les trouvons traduites dans l'édition canadienne des Voyages de Cartier, p. 99, et dans les Documents nouveaux de M. Joüon des Longrais, p. 145. ‘‘Ilest piquant, ajoute celui-ci, de voir dans cette période d’inertie en matière coloniale qui précède chez nous le règne de Henri IV, ce ‘monsieur anglais ” (Hakluyt) mettre tout en œuvre pour retrouver les Relations perdues de Cartier et recueillir les notions personnelles des marins et trafiquants qui se rendaient encore à ce Canada si négligé. Hakluyt ne devait pas être un géographe cosmopolite, mais un excellent Anglais très soucieux des intérêts de son pays.”
lieutenant, avec les mêmes pouvoirs dont il avait été pourvu lui-même.
On ne connaît que peu de détails sur l'expédition de Roberval au Saguenay, si ce n’est qu’il remonta le cours de la rivière, jusqu’à une bonne distance de son embouchure. Quelques-uns ont prétendu qu’il poussa sa course exploratrice jusqu’à l'entrée de la rivière Mistassini, où il aurait laissé des constructions dont certains voyageurs français trouvèrent plus tard des vestiges. Cette prétention est insoutenable, vu que Roberval n'eut pas le temps de se livrer à de tels travaux. Pat-il même atteindre le lac Saint-Jean ? C’est possible, car il est difficile de croire, qu'attiré par l'espoir de trouver de l'or et des diamants, il ne tentât un suprême effort. Les difficultés de la navigation entre Chicoutimi et la tête du Saguenay,durent nécessairement interrompre la route par eau. S'il pénétra jusqu’au lac, ce fut par voie de terre et à partir de Chicoutimi où commence une longue série de rapides impossibles à franchir. Il est assez probable que c'est de Tadoussac que Roberval renvoya à son fort de François-Roi, trois barques avec leurs équipages. La première arriva à destination Je quatorze juin, huit jours après son départ ; elle portait L’Espinay, La Brosse, Frotté, Longueval et quelques autres. Une seconde apparut cinq jours après. Villeneuve, Talbot et trois autres Français apportaient avec eux un sac de blé et une lettre de Roberval pour Royèze. Le chef demandait de l’attendre jusqu’au 22 juillet. Passé ce temps, on serait libre de partir pour la France. La troisième : embarcation ne parvint pas à destination. Sur leshuit :
personnes qui la montaient, on retrace les noms de Noire- Fontaine et d’un nommé Levasseur, de Coutances. !
Ici se termine le récit du voyage de Roberval au Canada, tel que rapporté par Hakluyt. Le reste a été perdu. Cette lacune, regrettable à tous égards, nous force à recourir à des conjectures sur la suite de cette expédition infructueuse. Lescarbot supplée cependant dans une certaine mesure aux renseignements qui nous manquent par ailleurs. Il rapporte que “le Roy occupé à de grandes affaires qui pressaient la France pour lors, il n’y eut moyens d'envoyer de nouveaux rafraîchissements de vivres à ceux qui devaient avoir rendu le pays capable de les nourrir ;....et que le dit de Roberval fut mandé pour servir le Roi par deça, car je trouve par le compte du dit Cartier, qu'il employa huit mois à l'aller quérir après y avoir demeuré dix-sept mois”? Ce passage de l'Hérodote de Port-Royal, indique que Cartier fit un quatrième voyage au Canada, après y avoir séjourné lui-même pendant dix-sept mois, et que, conformément aux désirs du roi, il ramena Roberval en même temps que lui. Les colons qui avaient partagé la mauvaise fortune du lieutenant général, furent tous rapatriés, au nombre d’une centaine.
L'insuccès de cette tentative de colonisation fut un bonheur pour le Canada. C’est l'opinion que partagent tous ceux qui ont écrit notre histoire. L'abbé Ferland, entre autres, s'exprime dans ce sens : “ Il ne faut point.
1: Bien que Hakluyt dise Constances, nous opinons pour Coutances, chef-lieu d'arrondissement dans le département de ls Manche, près de Saint-Lô. |
2 Lescarbot, Liv. 111, ch. XXXI.
regretter, dit-il, la fâcheuse issue de coloniser un pays au moyen de malheureux, qui auraient légué à leur postérité leurs misères tant physiques que morales.” ! Combien d’insuccès de cette nature l’histoire de ce continent eut à enregistrer avant que les Européens pussent s’y asseoir d’une manière solide et permanente !
Ferland croit que Roberval visita probablement Hochelaga dans l'automne de 1542. Rien dans le texte fourni par Hakluyt, ne confirme l'existence de ce voyage. S'il l’entreprit, ce ne fut que tard à l’automne, et sans en avoir retiré aucun avantage connu.
De retour en France, vers la fin de l’année 1543, ? Roberval se mit en frais de régler les comptes de son expédition. Les 45,000 livres que le roi avait soutirées de sa caisse personnelle, n’avaient pas suffi à combler toutes les dépenses ; il avait même contracté des emprunts particuliers. Cartier avait produit en cour un compte dont le détail couvrait soixante-dix feuillets d'écriture à la main, et dont le total s'élevait à 39,988 livres 4 sols 6 deniers tournois. Dès le trois avril 1543, le roi avait désigné maître Robert Legoupil, 3 conseiller et lieutenant de l’amirauté# à la Table de Marbre de
1 Ferland, t. I, p. 45.
2 Nous croyons avoir suffisamment établi dans Jacques Cartier. (p. 26 à 31) la date du Voyage de huit mois, pour ne pas être obligé d'y revenir.
8 Voir Michelant, p. 21-23. L’ordonnance de François I est datée à Evreux, le 3 avril, 1542.
4 L'amirauté.était l'un des trois tribunaux de la Z'able de Marbre et connaissait de toutes les contestations concernant la marine et le commerce maritime pour tout le ressort du Parlement de Paris.
Rouen, pour examiner les comptes présentés par le capitaine malouin après son troisième voyage. Legoupil était autorisé à s’adjoindre un certain nombre de commissaires pour faire un étude plus minutieuse des réclamations de Cartier. Le 21 juin 1544, les commissaires firent l’apurement des comptes, et en vinrent à la conclusion que la Couronne se trouvait redevable à ce dernier de 8,638 livres 4 sols 6 deniers tournois. Cartier reconnaissait avoir dépensé pour tous ses frais, près de 31,350 livres dont il avait reçu 30,000 de Jean Duval, trésorier de l'épargne, et six cents écus soleil (1,350 livres) de Roberval, qui les avait empruntés de François Cronier, bourgeois de Saint-Malo.
Les commissaires —au nombre de huit—qui signèrent le rapport favorable aux prétentions de Cartier, étaient Robert Legoupil, Robert Lelarge, Pierre Caradas, avocat et procureur du roi, Jean Loue, greffier de l’Amiral, Thomas Saldaigne, Alvaro de Latour, François Maillard et Jean Noury. C'est dans le document préparé par leurs soins, que l'on trouve cette allusion au voyage de huit mois que Cartier entreprit en 1543 avec le tiers navire dont parle Lescarbot, et qui n’était autre que l'Emérillon'resté en la propriété du Découvreur. Voici
ce passage : ‘“ En ce qui est du tiers navire mettrez pour dix-sept mois qu'il à été au dit voyage du dit Cartier, et pour huit mois qu'il a été à retourner quérir le dit Roberval du Canada”! Cette phrase détachée d’un long document officiel, prouve trois faits historiques importants : 1° Que Cartier séjourna au Canada pendant dix-
1 Michelant, Documents sur Jacques Curtier, Appendice, pp. 28 et
sept mois, lors du troisième voyage qu'il y fit comme capitaine général et maître pilote de l’escadre de Roberval ; 2° Qu'il alla à la recherche de Roberval, à la demande du roi ; 3° Que ce dernier voyage enfin durs huit mois.
La décision des commissaires nommés par l’Amirauté mit fin aux difficultés entre Roberval et Cartier ; ce dernier obtint gain de cause. Jamais cependant il ne toucha les 8,368 livres qu'il réclamait pour son dû. Plus tard ses héritiers essayèrent de faire valoir leurs droits à cette somme d'argent, demandant à titre de compensation que la Couronne leur accordât un privilège spécial pour l'exploitation des richesses du Canada. Ce motif fit certainement pencher la balance en leur faveur, mais, comme nous le verrons plus loin, les Malouins s’interposèrent de toute leur autorité pour empêcher cette infraction à la liberté du commerce, et ils réussirent vite à faire révoquer ce privilège. !
Les dernières années de la vie de Jean-François de la Roque, seigneur de Roberval, Nogens et Prax, sont obscures. Il n’appert pas que sa commission de 1540 ait été renouvelée en sa faveur. C’est assez dire qu’il ne fit pas d’autres voyages au Canada, quoiqu'en dise Charlevoix : “Tous conviennent, rapporte l’Historien de la Nouvelle-France, qu'il fit un nouvel embarquement en 1549, avec son frère qui passait pour un des plus braves hommes de la France et que François I avait surnommé
. 1 Voir Chapitre IX.
RETEZ ES non NN
le Gendarme d’Annibal. Ils périrent dans ce voyage avec tous ceux qui les accompagnaient, et on n'a jamais bien su par quel accident ce malheur était arrivé.” 1
Où le Père Charlevoix a-t-il puisé les détails de cette fin sinistre de Roberval et de son frère ? Champlain, Lescarbot, Bergeron ne soufflent pas mot de cet accident. De son côté, André Thevet affirme que le “ petit roi de Vimeux ” fut assassiné nuitamment près du charnier des Innocents, à Paris. Nous ne croyons pas au voyage de 1549, pour la raison que la France avait complètement détourné ses regards du Canada depuis que François I avait fermé les yeux à la lumière. Cartier vivait retiré dans son manoir de Limoilou, et Roberval, profitant de son influence à la Cour, s'occupait d'industries et d'entreprises publiques. Nous le trouvons en 1548 à la tête d’une exploitation des mines de
charbon du royaume.? Ce poste devait plus attirer son attention que les mines d’or et les pierres précieuses du Saguenay, qui n’enrichirent jamais personne.
Roberval vivait encore en 1557, année de la mort de Jacques Cartier. Durant les années précédentes, il avait travaillé aux fortifications de Paris. ?
C’est à dater de 1557, que nous perdons la trace du sieur de la Roque, pour ne la plus retrouver.
1 Charlevoix, I, p. 22.
2 A. Challamel, Mémoires du peuple français, VI, p. 140.
8 Il existeun document intitulé : ‘: Ordre donné per les officiers dela ville de Paris à Roberval comme compensation de ses travaux aux fortifications de cette ville ” signé par Perot, Boursier, Patin, De Cour-
say et Messier. Au verso se lit le reçu de Roberval signé ‘ La Roque.” Ce document porte la date de 1557.