‹ La Nouvelle-France de Cartier à Champlain, 1540-1603 [microforme]Chapitre 76 sur 98 · ESS · texte numérisé non relu

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mieux, d’après M. Jal, des navires bordés à carvel. Les navires à carvel différaient des navires à clin en ce que leurs bordages, au lieu de chevaucher, étaient placés l’un au-dessus ou à côté de l’autre carrément, la tranche de celui-ci touchant et recouvrant la tranche de celui-là, Le bordage à carvel, ajoute-t-il, était le bordage ordinaire ; le bordage à clin était exceptionnel ; il en est de même aujourd’hui.

Les navigateurs dieppois construisaient des navires à carvel, de 140 à 160 tonneaux.

À Fécamp on pêchait le hareng avec des crayes, bâtiments à trois mâts, n'ayant ni hune ni mât de hune.

On trouvait à Rouen des foncets, des hourques, des escutes, tous vaisseaux à clin et à carvel, pour le service entre cette ville et la mer. Les vaisseaux de guerre étaient de grosses barches et des galéaces ou galères de grande dimension. Il y avait de ces barches qui étaient armées de douze cents hommes de guerre, portaient deux cents pièces d'artillerie, tiraient de grosses pierres, des boulets de fonte et des boulets serpentins.

Sur la côte de Guyenne, comme aux Sables d'Olonne, à La Rochelle, aux îles d'Oléron, à Brouage, à Marennes, on sé servait de caravelles, de clinquarts, de pinasses, de baleinières, de gabares, d’anguilles.

Le clinquart était un petit bateau plat, d'origine suédoise.

Les pinasses étaient des bâtiments à voiles ; il y en avait quelquefois qui mesuraient jusqu'à 134 pieds de quille : c'étaient les grandes pinasses. Les petites étaient

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étroites, légères, avaient trois mâts comme une chaloupe ot bordaient des avirons.

Le baleinier était un navire léger, propre à la course et à la navigation marchande.

Les galéaces étaient des bateaux plats par-dessous et forts de bord, qui servaient à la pêche et très résistables à la mer.

Les anguilles, que le Père Fournier appelle aiguilles, étaient fort aflilées à la proue, et servaient à la pêche d'an poisson, nommé muigre, très en vogue sur les côtes.

Les grands navires de guerre portaient le nom de galions. Ceux de charge s'appelaient carraques.

Les pataches ou polacres étaient des vaisseaux armés pour le service des grands navires et pour aller aux découvertes

On peut diviser les vaisseaux de l’époque en trois catégories : les grands, les moyens et les petits. Dans la première entraient les galions, les galéaces, les hourques, les fustes ou flutes, les caraveiles et les flibots. Parmi les moyens, notons les barques, les brulôts, les pataches ou polacres, les galiotes, les pinasses, les brigantins, les pinquets, les gabarres et les heus.

* Dans les grands navires marchands ou nefs onéraires l’on rangeait les navires suivant leur dignité. Le maître ou bourgeois était le chef, puis venait en second le pilote. C’étaient ensuite le contre-maître, le facteur ou premier marchand, le second marchand, l'écrivain, le

1 Nous avous puisé les renseignements précédents dans les Navigations françaises de M. Margry.

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chirurgien, le dépensier ou économe des vivres, le canonnier, le bosman préposé au placement des ancres, (bosser l'ancre), le maître de chaloupe, les charpentiers, les matelots, les garçons, les pages, et les gourmettes appelés aussi souillons.

Les pilotes étaient généralement peu experts dans la navigation, et ils faisaient leur route de vue à vue, se guidant d'après les formes différentes des caps ou promontoires : les uns leur donnaient l’idée d’une chapelle, d’un château, d’une tour; les autres prenaient l'apparence d’un clocher, d’un moulin à vent. La marée, la couleur de certaines terres, servaient aussi à les guider. Plusieurs d’entre 2ux consultaient les livres de Pierre de Médine, de Manoel Figueiredo, le Miroir de la mer, le Flambeau, le Trésor, la Colonne de la mer, et d’autres routiers dans le genre de celui de Jehan Alfonce, de Hugues de Linschot, de Garcie de Ferrande. “ Mais du ciel et des mathématiques, écrivait en 1671 l’auteur des Us et coutumes de la mer, ils n'estiment pas en avoir besoin. Si ce n’est seulement la connaissance des gardes du Nort qui composent la petite Ourse par la direction de coupes, par la posture de laquelle constellation les Hauturiers remarquent le sit ou le vrai lieu du Pôle 1.” Mais on rencontrait de nombreuses exceptions à cette règle, qui ne semble pas s'appliquer avec autant de rigueur aux Portugais, aux Hollandais et aux Zélandais ?. |

1 Us et Coutumes de lu mer, p. 408.

2 Ibidem, p. 407.

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