‹ La Nouvelle-France de Cartier à Champlain, 1540-1603 [microforme]Chapitre 92 sur 98 · RÈGLEMENT POUR LA VENTE DES MORUES · texte numérisé non relu

RÈGLEMENT POUR LA VENTE DES MORUES

1527, 22 juillet

‘ À tous ceux qui ces présentes lettres verront, Jean Halley, escuyer, garde du scel aux obligations de la Viconté d’Auge, Salut. Scavoir faisons que par Richard Lebarbier & Pierre Doublet, tabellions royaux jurez et establis en ladicte viconté au siège de Pont l'Evesque nous a été témoingné avoir veu, tenu et leu mot après mot un Chartrier faisant mention des droictures libertés & prééminences de la coutusme et prévosté de Honneflau & travers de Saine, sain et entier au seing & écriture duquel teneur ensuict.

Cy commence la table de la Coustusme et Prevosté de Honnefleur & travers de la Rivière de Saine, etc.

Item est à scavoir que morüe sallée s’aquite par le cent ét doit avoir chacun cent de moruessix vingt douze morues et doit chacun cent huit deniers tournois.

Item celui qui achete morue à la douzaine doit pour chacune pièce ou denier.

Ce fut faict et collationné par lesdicts tabellions le vingt deuxiesme jour de juillet l'an mil cinq cent vingt ot sept 1.

Pièce E

LETTRE ÉCRITE ADM. JEAN GROOTE, étudiant à Paris, par Jacques Noel de Saint-Malo, petitneveu de Jacques Cartier, relativement à la découverte des saults en Canada

Monsieur Groote,

Votre beau-frère M. Gilles Watier m'a montré ce matin une carte publiée à Paris, dédiée à un nommé M. Hakluyt, gentilhomme anglois, dans laquelle toutes Isles occidentales, la région du nouveau Mexique & les pais de Canada, Hochelaga & Saguenay se trouvent compris.

Je maintiens que la Rivière de Canada qui est décrite dans cette Carte n’y est pas placée mme elle se trouve dans mon livre, lequel est conforme à celui de Jacques Car-tier, & que lad. carte ne place pas le Grand Lac qui est au dessus des Saults en 1a façon que les Sauvages qui demeu-

1 Nous devons à l'obligeance de M. Bréard c scument, qui est inédit.

rent aux dits Saults nous en ont donné connaissance. Dans la susdite carte que vous m'avez envoyée, le Crand Lac s’y trouve placé trop au Nord, les saults & chûtes d'eau sont par le 44e degré de latitude & il n’est pas aussi difficile de passer qu’on se l’imagine. Les eauix ne tombent pas d’aucunes hauteurs bien considérables; ce n’est qu’un lieu de la rivière où il y a mauvais fond; il seroit possible de cons” truire des barques au dessus des saults et il est facile de marcher par terre jusques à la fin des 3 saults : il n’y a pas plus de cinq lieues de marche. :

J'ai été sur le haut d’une montagne qui est au picd desd. saults, d’où J'ai pu voir lad. Rivière au delà desd. saults ; laquelle se monstre plus large qu elle n’est en l’endroit où nous l’avons passée, Par le peuple du pais nous a été dit qu’il y avait dix journées de marche depuis les Saults jusqu’au Grand Lac; mais nous ne scavons pas combien de lieues ils comptent pour une journée.

Je ne puis pour le moment vous en écrire plus long, car le courrier ne peult demeurer plus longtemps, Je ter. minerai donc pour le présent en vous présentant mes meilleurs saluts, priant Dieu de vous accorder l’accomplissement de tous vos désirs.

Votre ami affectionné, JACQUES NOEL.

De Saint-Malo, avec hâte, ce 19e de juin 1587.

Mon cousin, je vous prie de me faire le plaisir de m’envoyer le livre qui traite de la découverte du Nouveau Mexique & l’une de ces nouvelles cartes des Indes occidentales que vous avez envoyée à votre beau-frère Gilles Watier

& qui est dédiée à M. Hakluyt, Monsieur Auglois. Je ne manqueray pas de me informer par moi-mesme sil y a moyen de trouver ces relations que le capitaine Jacques Cartier a écrites après ses deux derniers voyages en Canada,

Autre lettre écrite à M. Jean Groote par led. Jacques Noel

Monsieur Groote,

Je ne puis vous écrire rien davantage de tout ce que j'ai pu trouver des écrits de feu mon oncle le capitaine Jacques Cartier (quoique j'aie fait des recherches partout où il m'a été possible de le faire dans cette ville), à l’exception d’un certain livre faict en manière d’une carte marine, laquelle à été redigée de la propre main de mon oncle sus-

, dit, & qui se trouve maintenant en la possession du sieur de Cremeur, Cette carte est passablement bien tracée & dessinée en ce qui regarde toute la rivière de Canada; ce dont je suis bien certain, par ce que d’icelle j'ai moi-même connoissance, aussi loin que s'étendent les saults où j'ai été moi-même, La hauteur desd. Saults est par les 440 degrés, j'ai trouvé dans ladite Carte, audessous de l’endroit où la Rivière se partage en deux, au milieu des deux branches de la dite Rivière & quelque peu plus proche de la branche qui court vers le Nord-Ouest, les mots. qui suivent écrits de la main de Jacques Cartier :

‘ Par le peuple du Canada et Hochelaga, il est dit : que c'est ici ou est la terre de Saguenay ; quelle est riche et abonde en pierres précieuses.”

Et à environ 100 lieues au-dessous de cet endroit, j'ai trouvé les deux lignes suivantes écrites sur la dite carte dans la direction du Sud-Ouest :

‘€ Joi, dans ce pays, se trouvent la canelle et le girofle que dans leur langue ils appellent canodilla.”

Pour ce qui est de mon livre dont je vous ai parlé, il est faict en la forme d’une carte marine & je l’ai remis à mes deux fils Michel & Jean qui presentement sont en Canada, Si à leur retour, qui sera avec la volonté de Dieu vers la Sainte-Magdaleine prochaine, ils ont appris quelque chose qui vaille la peine d’être rapporté, je ne manquerai pas vous le fuire scavoir,

Pièce F

COMMISSION de Henri III au marquis de La Roche ‘

Mars 1977

HENRY, par la grâce Dieu roy de France et de Pologne, à tous présens et à venir, salut. Sçavoir faisons que, nous inclinant liberalement à la supplication et requeste qui faite nous a esté par nostre amé et féal chevalier de nostre Ord::, le sieur de la Roche, marquis de Coetarmoal, Comte de Kermoallec et de la Joyeuse Garde, conseiller en nostre conseil privé, et gouverneur de nostre ville de Morlaix ; ayant aussi égard à la délibération qu'il nous a fait entendre avoir prise, tant pour le zèle et fervente dévotion qu’il a au service de Dieu avec mention du nom chrétien,

DE CARTIER À CHAMPEAIN 351

et grandeur de nous et nos successeurs que pour la singulière affection qu’il a à la réputation du nom François, ampliation, seureté et commodité du commerce et traficq, bien, profit et utilité de tout le public de cestuy royaume ; pour ces causes, et autres bonnes considérations à ce nous mouvant, avons audit sieur de la Roche permis et accordé, permettons et accordons de grace spéciale, pleine puissance et autorité royale par ces présentes qu'il puisse et lui soit loisible lever freter et equiper tel nombre de gens, navires et vaisseaux qu’il advisera et verra bon estre pour aller aux Terres neufves, et autres adjacentes, et illec faire descente, s’appatrier, investir et faire siennes toutes et chacun:s les terres dont il se pourra rendre maître, pourvu qu’elles n’appartiennent à nos amis, alliez et confederez de cette couronne, lui donnant plein pouvoir et puissance de faire bâtir, construire et édifier, fortifier et remparer telles forteresses que bon lui semblera pour les garder et conserver, icelles occuper, tenir et posseder sous nostre protection, et en jouir et user par lui, ses successeurs et ayant cause perpétuellement et à toujours comme de leur propre chose et loyal acquest. Si donnons en mandement par ces mesmes presentes à vous, nos lieutenans gzeneraux, gouverneurs de nos provinces, amiraux, vice amiraux, baillis, senechaux, juges ou leurs lieutenans et autres, nos justiciers et officiers qu’il appartiendra, que de ceste présente grace, permission, et de tout le contenu cy dessus ils facent, souffrent et laissent ledit sieur de la Roche, sesdits successeurs et ayant cause, jouir et user pleinement et paisiblement, ainsi que dessus souffrir estre fait, mis ou donné aucun ennuy ni empeschement au contraire, lequel si fait, mis ou donné leur estoit, facent le tout reparer et remettre incontinent et sans delai au premier estat et deu, Si prions et réquérons tous princes, potentats et republiques à nous

alliez, confederez et bien veillants de cette couronne que, arrivant lesdits navires et vaisseaux en leurs ports, havres et costes que leur chemin et route y donnast, ou que la tourmente et impetuosité de la mer les y fist aller, ou bien qu’ils soient rencontrez en mer par leurs vaisseaux de guerre, ilsayent à les recueillir et fournisser, mesme les accommoder et rafraichir de vivres, victuailles et autres choses dont ils auront besoin, en payant raisonnablement et ainsi que le requiert l’amitié et bonne intelligence qui est entre nous et eux, et que nous voudrions faire à l'endroit de leurs sujets Et affin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons fait mettre notre scel à ces présentes, sauf en autres choses nostre droit et l’autrui en toutes. Donné à Blois au mois de mars l’an 1577 et de nostre regne le troisième, signé Henry, et sur le replis : Et scellé d’un grand sceau de cire

en pareille occasion,

par le Roy, Bruslart.

verte en lacs de s0ye.

€ OMMISSION de Henri III au marquis de

8 janvier 1578

HENRI, par la grace de Dieu, roi de France et de Pologne, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut, Nous ayant le sieur marquis de Coetarmoal, Comte de Kermoalec, et sieur de la Roche en Bretaigne, chevalier de

Piece G

La Roche

nostre Ordre et Conseiller en nostre Conseil privé, fait entendre que, sans offenser, faire tort ni entreprendre aucune chose préjudiciable aux princes nos bons amis, voisins, alliez et confederez, il a moyen de conquerir et prendre quelques terres et pays nouvellement decouverts et occupez par gens barbares, dont il peut et espere faire venir beaucoup de commodité à cestuy nostre Royaume, tant pour le commerce et trafic que pour autres bons respects, Nouslui avons permis et accordé, permettons et accordons par ces présentes qu’il puisse et lui soit loisible faire et executer ladite entreprise, et, pour cet effet, faire armer et équiper en guerre à scs frais et dépens, tel nombre de vaisseaux dont il aura besoin; et pour ce qu’estant l'auteur, conducteur et exécuteur de ladite entreprise, il est bien raisonnable qu’il se ressente du fruit d’icelle et du bien quien viendr:, confiant aussi entièrement de sa personne et de ses sens, suffisance, loyauté, prudence, expérience et bonne diligence, icelui pour ces causes et autres bonnes considérations à ce nous mouvans, avons fait, créé, establi, faisous, créons et establissons par ces présentes Gouverneur et nostre Lieutenant général et Viceroy esdites Terres neuves et pays qu'il prendra et conquestra sur lesdits barbares, lui donnant plein pouvoir et puissance et auctorité de faire là construire et édifier telles forteresses et lieux de retraite qu’il verra estre necessaire pour la conservation de notre obéissance èsdites terres et pays, et aussi de mettre et establir garnisons pour la seureté de iceux, et generalement de faire esdites terres et pays tout ce qu'il verra appartenir au bien de nostre service et aux commodités de nostre Royaume, tout ainsi que nous mesmes ferions et faire pourrions, si présens en personne y estions, jaçoit qu'il y eust chose qui requist mandement plus special que n’est contenu eu ces présentes: par lesquelles donnons en mandement

à tous gouverneurs, nos lieutenans généraux en ces provinces, amiraux, vice amiraux, baillis, senechaux, prévosts, juges ou leurs lieutenans, capitaines et gouvernours de nos places, ports et havres, et de nos gens de guerre, et à tous nos autres justiciers et sujets que ledit sieur marquis de la Roche en les choses susdites, leurs circonstances et dépendances, ils assistent et facent assister, et à lui entendre diligemment, car tel est notre plaisir. Prions et requerons aussi tous rois, princes et seigneurs, potentats etrangers que audit sieur de la Roche, ils ne donnent, facent ou mettent aucun empeschement en l'exécution de cesdites présentes. Donné à Paris le 3 jour de janvier l’an de grace 1578 et de notre regne le 4. Signé Henri, et plus bas : par le Roy. P. Mart.

Piece H

LETTRES PATENTES de lieutenant-général du Canada et autres Pays, pour le sieur de La Roche, du 1%e. janvier, mil cinq cent quatre-vingt dix-huit

Henry, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut.

Le feu roi François I, sur les avis qui lui auroient été donnés qu'aux isles et pays de Canada, Isle de Sable, Terres-Neuves et autres adjacentes, pays tres-fertiles et abondans en toutes sortes Jde commodités, il y avait plusieurs sortes de peuples bien formés de corps etde membres,

et bien disposés d'esprit et d’entendement, qui vivent sans aucune connoissance de Dieu, auroit (pour en avoir plus ample connoissance) iceux pays fait découvrir par aucuns bons pilotes et gens à ce connoissans, Ce qu'ayant reconnu véritable, il auroit, poussé d’un zèle et affectiôn de l’exaltation du nom chrétien, dès le 15e janvier 1540, donné pouvoir à Jean-François de la Rocque, sieur de Roberval, pour la conquête des dits pays. Ce que n'ayant été exécuté dès lors pour les grandes affaires qui scroient survenues à cette couronne, nous avons résolu, pour perfection d’une si belle œuvre et de si sainte et louable entreprise, au lieu du dit feu sieur de Roberval, de donner la charge de cette conquête à quelque vaillant et expérimenté personnage, dont la fidélité et affection à notre service nous soient connues, avec les mêmes pouvoirs, autorités, prérogatives et prééminences qui étoient, accordés au dit feu sieur de Roberval par les dites lettres patentes du dit feu roi François I.

Savoir faisons que pour la bonne et entière confiance que nous avons de la personne de notre amé et féal Troillus du Mesgoüets, chevalier de notre ordre, conseiller en notre conseil d'état et capitaine de cinquante hommes d'armes de nos crdonnances, le sieur de la Roche, marquis de Cottenmeal, varon de Las, vicomte de Carentan et Saint-Lo en Normandie, vicomte de Trévallot, sieur de la Roche, Gammard et Quennoalec ! de Gornac, Bontéguigno et Liscuit, et de ses louables vertus, qualités et mérites, aussi de l’entière affection qu’il à au bien de notre service et avancement de nos affaires, icelui, pour ces causes et autres à ce nous mouvant, nous avons, conformément à la volonté du feu roi dernier décédé, notre très-honoré sieur et frère, qui jà avoit fait élection de sa personne pour l'exécution de la

1 Lescarbot dit : Quermoalec,

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dite entreprise, icelui fait, créons, ordonnons et établissons par ces présentes signées de notre main, notre lieutenantgénéral ès dits pays de Canada, Hochelaga, Terres-neuves, Labrador, rivière de la Grande Baye de Norembègue et terres adjacentes des dites provinces et rivières, lesquels étant de grande longueur et étendue de pays, sans icelles être habitées par sujets de nul prince chrétien ; et pour cette sainte œuvre et agrandissement de la foi catholique, établissons pour conducteur, chef, gouverneur et capitaine de la dite entreprise, ensemble de tous les navires, vaisseaux de mer et pareillement de toutes personnes, tant gens de guerre, mer, que autres par nous ordonnés, et qui seront par lui choisis pour la dite entreprise et exécution, avec pouvoir et mandement spécial d’élire, choisir les capitaines, maîtres de navires et pilotes, commander, ordonner et disposer sous notre autorité, prendre, emmener et faire partir des ports et hâvres de notre royaume, les nefs, vaisseaux mis en appareil, équipés et munis de gens, vivres et artillerie, et autres choses nécessaires pour la dite entreprise, avec pouvoir en vertu de nos commissions de faire la levée de gens de guerres qui seront nécessaires pour la dite entreprise, et iceux faire conduire par ses capitaines au lieu de son embarquement, et aller, venir, passer et repasser ès dits ports étrangers, descendre et entrer en iceux, et mettre en notre main, tant par voies d'amitié ou aimable composition, si faire se peut, que par force d’armes, main forte et toutes autres voies d’hostilité, assaillir villes, châteaux, forts et habitations, iceux mettre en notre obéissance, en constituer etédifier d’autres, faire lois, status etordonnances politiques, iceux faire garder, observer ét entretenir, faire punir les délinquans, leur pardonner et remettre, selon qu'il verra bon être, pourvû toutefois que ce ne soient pays oc-

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cupés ou étant sous la sujétion et obéissance d’aucuns princes et potentats nos amis, alliés et confédérés.

Et afin d'augmenter et accroître le bon vouloir, courage et affection de ceux qui serviront à l'exécution et oxpédition de la dite entreprise et même de ceux qui demeureront ès dites terres, nous lui avons donné pouvoir, d’icelles terres qu'il nous pourrait avoir acquise au dit voyage, faire bail, pour en jouir par ceux à qui elles seront affectées et leurs successeurs en tous droits de propriété, à savoir : aux gentilshommes et ceux qu’il jugera gens de mérite, en fiefs, seigneuries, châtellenies, comtés, vicomtés, baronnies et autres dignités relevant de nous, telles qu'il jugera convenir à leurs services, à la charge qu'ils serviront à la tuition et défense des dits pays, et aux autres de moindre condition, à telles charges et redevances annuelles qu'il avisera, dont nous consentons qu’ils en demeurent quittes pour les six premières années, ou tel autre tems que notre dit Lieutenant avisera bon être, et connoîtra leur être nécessaire, excepté toutefois du devoir et service pour la guerre; aussi qu’au retour de notre dit lieutenant, il puisse départir à ceux qui auront fait le voyage avec lui, les gagnages et profits mobiliaires provenus de la dite entreprise et avantager du tiers ceux qui auront fait le dit voyage ; retenir un autre tiers pour lui, pour ses frais et dépens, et l’autre tiers pour être employé aux œuvres communes, fortifications du pays et frais de guerre; et afin que notre dit lieutenant soit mieux assisté et accompagné en la dite entreprise, nous lui avons donné pouvoir de se faire assister en la dite armée de tous gentilshommes, marchands et autres nos sujets qui voudront aller ou envoyer au dit voyage, payer gens et équipage et munir nefs à leurs dépens, ce que nous leur défendons très expressément faire ni trafiquer" sans le su et consentement de notre dit lieutenant, sur

peine à ceux qui seront trouvés, de perdition de tous leurs vaisseaux et marchandises.

Prions aussi et requérons tous potentats, princes nos alliés et confédérés, leurs lieutenans et sujets, en cas que notre dit lieutenant ait quélque besoin ou nécessité, lui dunner aide, secours et confort, favoriser son entreprise enjoignons et commandons à tous nos sujets, en cas de rencontre par mer ou par terre, de lui être en ce secourables, et se joindre aveclui, révoquant dès à présent tous pouvoirs qui pourraient avoir été donnés, tant par nos prédécesseurs rois, que nous, à quelques personnes et pour quelque cause et occasion que ce soit, au préjudice du dit marquis notre dit lieutenant général ; et d’autant que pour l'effet du dit voyage il sera*besoin passer plusieurs contrats et lettres, nous les avons dès à présent validés et approuvés, validons et approuvons, ensemble les seings et sceaux de notre dit lieutenant, et d’autres par lui commis pour ce regard ; et d'autant qu'il pourrait survenir à notre dit lieutenant quelque inconvénient de maladie, ou arriver, faute d’icelui, aussi qu’à son retour il sera besoin laisser un ou plusieurs lieutenans, voulons et entendons qu’il en puisse nommer et constituer par testament et autrement comme bon lui semblera, avec pareil pouvoir ou partie d’icelui que lui avons donné. Et afin que notre dit lieutenant puisse plus facilement mettre ensemble le nombre de gens qui lui est nécessaire pour le dit voyage et entreprise, tant de l’un que de l’autre sexe, nous lui avons douné pouvoir de prendre, élire et choisir et lever telles personnes en notre dit royaume, pays, terre et seigneurie qu’il connoîtra être propres, utiles et nécessaires pour la dite entreprise qui conviendront avec lui aller, lesquels il fera conduire et acheminer des lieux où ils seront par lui levés, jusqu’au lieu de l'embarquement.

Et pour ce que nous ne pouvons avoir particulière connaissance des dits pays et gens étrangers, pour plus avant spécifier le pouvoir qu’entendont lonner à notre dit lieutenant général, voulons et nous plaît qu'il ait le même pouvoir, puissance et autorité qu'il étoit accordé par le dit feu roi François au dit sieur de Roberval, encore qu'il n’y soit si particulièrement spécifié; et qu’il puisse en cette charge faire, disposer et ordonner de toutes choses opinées et inopinées concernant la dite entreprise, comme il jugera à propos pour notre service les affaires et nécessités le requérir et tout ainsi et comme nous mêmes ferions et faire pourrions, si présent en personne y étions, jàçoit que 1 le cas requit mandement plus spécial, validant dès à présent, comme pour lors tout ce que par notre dit lieutenant sera fait, dit, constitué, ordonné et établi, contracté, chevi 2 et composé, tant par armes, amitié, confédération et autre ment en quelque sorte et manière que ce soit ou puisse être, pour raison de la dite entreprise, tant par mer que par terre. Et avons le tout approuvé, agréé et ratifié, agréons, approuvous et ratifions par ces présentes, et l’avouons et tenons, et voulons être tenu bon et valable, comme s’il avait été par nous fait.

Si donnons en mandement à notre amé et féal le sieur comte de Chiverny, chancelier de France, et à nos amés et féaux conseillers les gens tenant nos cours de parlement, grand-cunseil, baillis, sénéchaux, prévôts, juges et lieutenans, et tous autres nos justiciers ét officiers, chacun en °

1 Jagçoit que, ou jà soit que—Conjonction qui se disait pour quoique, encore que, bien que.

2 Chevir—Vieux verbe français qui signifie : Composer, accommoder, et agréer.

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