‹ La Nouvelle-France (volume 2)Chapitre 2 sur 11 · RETOUR DR CFÏAMPLAÎN AU CANADA · texte numérisé non relu

RETOUR DR CFÏAMPLAÎN AU CANADA

li.'uil. (ruii arbre, ([ui servait d'appAt aux martr(;s (;t ()is(Mii\ (le ])r(>i(', ou jo pr(uiais plaisii-, d'au tant qn'or- (liiiainiinoiit cette cliaroi^^iie (mi (Hait assaillie. Ces saiivaijjes furent à l'arbre, et ne i)ouvant monter dessus à cause de leur faiblesse, ils l'abattirent et aussitôt enbn (M'Ont la cbienne, oii il n'y avait ([ue la peau et l(;s os et la tète puante ol infecte, (j[ui fut incontinent dévorée.

«Voilà le plaisir qu'ils ont le plus souvent en hiver, car en été ils ont assez de quoi se maintenir et faire des provisions pour n'être assaillis de ces extrêmes nécessités. »

A la fin d'avril, les neiges accumulées sur le sol et Tes glaces qui couvraient le fleuve ayant disparu, Champlain entreprit de remonter le Saint- Laurent et d'explorer l'intérieur du pays. Arrivé à l'île Saint-Éloi, près de la rivière Sainte-Marie, il rencontra un parti de sauvages algonquins qui lui proposèrent d'aller avec eux attaquer leurs ennemis les Iroquois « contre lesquels ils avaient guerre mortelle. » Il accepta et retourna chercher des renforts à Québec en compagnie de ses nouveaux alliés.

Mœurs et coutumes des sauvages de la Nouvelle- France.

Les premières maisons de Québec sont construites, la colonie est fondée ; le moment est venu de rechercher dans quel milieu elle va vivre et se développer.

Les immenses territoires arrosés par le fleuve Saint- Laurent jusqu'à la région des lacs étaient alors habités par diverses peuplades se rattachant à deux branches différentes de la famille rouge, les Iroqiiois et les Algonquins. En Acadie, nous trouvons les Abénaquis, les Etchemins, et les Souriquois auxquels Champlain a déjà eu affaire lorsqu'il a reconnu les cotes de cette partie du continent; les Gaspésiens occupent le sud de l'embouchure du Saint-Laurent ; les Montagnais, les Outaouais, les Hurons errent sur la rive gauche du fleuve jusqu'au lac Huron, que les premiers historiens de la Nouvelle-France, à raison de son étendue, appellent la mer Douce; les Iroquois ont leurs villages au sud du fleuve entre les lacs Ontario et Champlain ; ils se subdivisent en cinq cantons dont nous retrouverons souvent les noms barbares au cours de cette histoire : les Onneyouts, les Tsonnontouans, les Onnontagués,les Goyogouins et les Agniers.

Quant aux plaines de l'autre côté des grands lacs jusqu'aux Montagnes- Rocheuses, elles étaient parcourues par les Dacotahs, dont les Sioux constituaient une des principales familles,

MŒUnS RT C0I1T[)MKS DES SAUVAGES. 83

Malf^iM'' les (liircîi(!iic,rs vX les liainos iiioiu'Lrirrcs ([ui S(''paraii!iit ces iialioiis, (dlrs coiiscrvaiciit assez de traits communs \)0\iv démontrer qu'elles avaient la mriiu^ origine ; elles se icssciuiblaient par le visage (it les (|iialilés i)liysi([nes, elles avaicînl; le njèriu; fond de croyances et de [)i'ati([ues religieuses, la même l'nreur dans ' les combats, les mômes armes, les mômes engins pour prendre les animaux, le môme usage d'ollVir le calumet, d'immoler les prisonniers, de scaii)er les ennemis tués. (Mondot.)

En général grands et sveltes, brunis par le soleil, la pluie et les vents, les Peaux-Rouges avaient le visage rond, les pommettes des joues élevées et saillantes, les yeux enfoncés, le front étroit, le nez plat, les lèvres épaisses, les cheveux gros et longs, le menton sans barbe.

Si les tribus difTérentes étaient assez nombreuses, chacune en particulier n'occupait que quelques villages séparés par des territoires immenses, couverts de sombres forêts à travers lesquelles il fallait quelquefois parcourir deux ou trois cents lieues avant de rencontrer àme vivante. Le chemin était compté pour rien dans ces vastes solitudes où une très petite troupe pouvait marcher longtemps sans craindre la rencontre d'un ennemi. Presque toutes ces peuplades, qui ne vivaient que de chasse, de pêche, des fruits des arbres et des racines, ne pouvaient subsister longtemps sans se diviser, car il leur fallait de vastes étendues de pays pour trouver leur nourriture. L'état de ces nations errantes ne comportait pas le soin d'élever des troupeaux ; les longues courses qu'il leur fallait faire à la poursuite du gibier, les pays stériles par où elles étaient contraintes de passer, les forêts épaisses qu'elles devaient parcourir, la faim à laquelle elles étaient souvent exposées les auraient bientôt fait disparaître. Celles qui étaient sédentaires subsistaient un peu plus commodément, mais les terres n'étant point fumées s'épuisaient bientôt et obligeaient leurs ha-

bitants à faire ailleurs de nouvelles plantations.

Pénétrons au milieu de ces populations primitives, et voyons comment elles s'abritaient, de quels vêtements elles se couvraient et comment elles se nourrissaient. Cette recherche présentera d'autant plus d'intérêt que de la vie physique découleront naturellement'les idées morales et religieuses.

Les Hurons construisaient des habitations dont Champlain nous donne une pittoresque description : « Leurs cabanes sont en façon de tonnelles ou berceaux, couvertes d'écorces d'arbres, de la longueur de 25 à 30 toises et 6 de large, laissant par le milieu une allée de 10 à 12 j^ieds de large, qui va d'un bout à l'autre ; aux deux côtés il y a une manière d'établi, de la hauteur de quatre pieds, oii ils couchent en été pour éviter l'importunité des puces dont ils ont grande quantité ; et en hiver ils couchent sur des nattes, proche du feu, pour être plus chaudement. Au bout d'icelles cabanes, il y a un espace où ils conservent leurs blés d'Inde, qu'ils mettent en de grandes tonnes faites d'écorces d'arbres ; au milieu de leur logement il y a des bois qui sont suspendus, où ils pendent leurs habits, vivres et autres choses, de peur des souris qui y sont en grande quantité. En telle cabane il y aura douze feux, qui sont vingt-quatre ménages, où il fume à bon escient en hiver, qui fait que plusieurs en reçoivent de grandes incommodités aux yeux, à quoi ils sont sujets jusqu'à en perdre la vue sur la fin de leur âge n'y ayant fenêtre aucune ni ouverture que celle qui est au-dessus de leurs cabanes par où la fumée sort. »

Le Père Lafitau, de son côté, nous dépeint en ces termes l'intérieur des habitations des Iroquois, chez lesquels il a, comme missionnaire, séjourné cinq années :

« Le long des feux, de chaque côté, règne une estrade de douze à treize pieds en longueur sur cinq ou six de profondeur et autant à peu près de haut. Ces estrades

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