‹ La Nouvelle-France (volume 2)Chapitre 4 sur 11 · DÉVELOPPEMENT DES COLONIES ANOLAÎSES · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT DES COLONIES ANOLAÎSES

turs par nicpriscî dans une nuit obscuro, dispanirnnt, massacres on perdus dans I(îs hois avant le rotoui- du navire <[ni leur amenait des rcMdorts.

Kn 1()()^, un autre aventurier, Gosnold, traversait l'Alliintique et parvenait au cap Cod, où il séjournait (piel([ues mois pour y faire un chargement de sassafras. Cette j)lante passait alors pour une panacée souveraine dans les cas d'iiydropisie, de fièvres malignes, d'alïcctions du foie et se vendait à Londres trois siiillings, 3 fr. 75 centimes la livre I

A son retour en Angleterre, Gosnold décida une compagnie à entreprendre un établissement sur la partie de la côte qu'il avait reconnue et qui l'ut appelée la Nouvelle-Angleterre. L'emplacement choisi pour la colonie fut la presqu'île de Jamestown ; mais les recrues amenées là n'étaient pour la plupart que des vagabonds, des orfèvres ruinés que la recherche de l'or préoccupait seule, des banqueroutiers, des individus perdus de dettes, et les causes qui avaient déjà déterminé l'insuccès des tentatives précédentes devaient produire les mêmes résultats.

Les colons, réduits en quelques mois de cinq cents à soixante par les désertions, la famine et les coups des sauvages, s'étaient embarqués pour retourner en Europe lorsqu'ils rencontrèrent un navire, commandé par lord Delaware, qui apportait une nouvelle troupe d'émigrants et des provisions. On revint à la plage abandonnée, les plus a])attus reprirent courage, les terres distribuées aux colons les intéressèrent à la culture du sol et l'on put commencer à vivre dans cette nouvelle patrie. D'autres envois accrurent peu à peu le nombre des habitants, et l'on trouve même dans une feuille de chargement de l'un des vaisseaux, sur la liste des colis et des provisions envoyés en 1619, la mention de « quatre-vingt-dix personnes agréables, jeunes et pures » qui épousèrent en arrivant des fermiers, après avoir remboursé leurs frais de traversée. L'année suivante, un autre groupe de « soixante

jeunes filles de vertueuse éducation, belles et munies d'excellentes recommandations, » arrivait à Jamestown ; chacun de ces colis vivants était coté par la compagnie de transport au prix de 120 à 150 livres de tabac, et trouvait preneur à ce tarif.

Mais ce qui donna bientôt à l'émigration un élan qui ne devait plus s'arrêter, ce furent les luttes religieuses dont l'Angleterre devint le théâtre. Le roi Jacques P', en butte à l'opposition des Puritains de la Chambre des communes, proscrivit l'exercice public d'un autre culte que celui de la religion établie sous le règne d'Elisabeth. Les ministres puritains qui refusèrent de s'y conformer furent poursuivis, emprisonnés ou expulsés. Mais si le pasteur partait, de nombreux fidèles le suivaient et n'hésitaient pas à traverser les mers avec lui pour conserver leur foi. Le 6 septembre 1620, une centaine s'embarquaient ainsi à Plymouth sur le Mayflower, et arrivaient après une dure traversée au cap Cod, remerciant, à la vue de la terre, « le Seigneur Dieu du ciel, de les avoir conduits sains et saufs sur un océan furieux, à travers tous ses périls et ses misères ».

Avant de débarquer sur le continent ces émigrants, unis dans une même foi, signèrent entre eux un véritable contrat social dont le texte a été précieusement conservé. En voici la teneur :

(( Ayant entrepris pour la gloire de Dieu et la propagation de la foi chrétienne, pour l'honneur de notre roi et de notre pays, un voyage afin de fonder la première colonie dans les contrées septentrionales de la Virginie, nous faisons, par le présent acte, solennellement et mutuellement, en présence de Dieu et de nous tous, un pacte pour nous constituer ensemble en une société politique à cette fin d'obtenir notre meilleure administration et conservation et l'accomplissement de notre but ; comme aussi pour porter, exécuter, établir en temps nécessaire, selon la justice et l'équité, les lois, ordonnances, actes, constitutions et autorités

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qui S(M-()iit jiigùs les plus (îouvonablcs (;l les i)lus propres ;iu ])ion général de la ('olouic;, l(Mir i)romctl;irit. (U)iniii(; il est (Irt, touin soumission ot |)loin(! obéissance,

« Va'i foi (l(î quoi nous avons ci-dessous signé nos noms.

« Au cap Cod, le 11 novembre, l'année du règne de notre souverain maître, le roi Jacques, sur l'Angleterre, la France et l'Irlande, la dix-huitième, sur n'Àîosse la vingt-quatrième, l'an du Seigneur 1020. »

Suivent quarante et une signatures. Le nombre des émigrants, hommes, femmes et enfants, était exactement de cent.

Débarqués sur la côte de la Nouvelle-Angleterre, ils donnèrent le nom de Plymouth, en souvenir de leur point de départ, au port où leur destinée les amenait. C'était un pays de plaines, arrosé par de nombreux ruisseaux, et dont le climat était à peu près analogue à celui de leur ancienne patrie. Le maïs y poussait vigoureux, et la vigne sauvage y était couverte de gros fruits. Le poisson abondait le long du rivage ; la chasse à l'intérieur des terres fournissait aussi sa part d'aliments. Les passées par milliers d'oiseaux d'eau, de cailles, de dindes sauvages, de perdrix et surtout de pigeons procuraient aux nouveaux venus une nourriture abondante.

D'autre part, la contrée était à peu près déserte ; des tribus sauvages qui l'avaient occupée autrefois il ne restait que des débris disséminés sur d'immenses espaces, au milieu des bois. Une épidémie, que l'on croit être la peste, avait fait d'effroyables ravages parmi ces peuplades et anéanti des agglomérations entières. « Dans un endroit où il y avait bon nombre de gens, dit un témoin oculaire, il n'en est resté qu'un vivant pour raconter le sort des autres, dont les os et les crânes répandus dans leurs cabanes parlent assez d'eux-mêmes. » Une seule tribu, celle des Massachusetts, de trente mille combattants était réduite à huit cents.

Les émigrants venus d'Angleterre trouvèrent ainsi une terre à peu près vide d'habitants, et leur roi profita de cette circonstance pour justifier, en 1626, la prise de possession de cette région en se faisant comme un titre de la peste dans la patente qu'il accordait à la Nouvelle-Angleterre .

« De plus, y est-il dit, on nous a fait connaître avec certitude que, dans ces trois dernières années, Dieu a voulu qu'il régnât une peste miraculeuse parmi les sauvages qui habitaient ce pays, par suite de laquelle s'est opérée leur entière destruction, ladévastation et la dépopulation de tout leur territoire sans laisser, pendant l'espace de plusieurs lieues, un homme vivant qui puisse y prétendre. Pour quoi, dans notre jugement, nous sommes persuadé et convaincu que le temps fixé est venu où Dieu tout-puissant, dans sa grande bonté et sa faveur pour nous et notre peuple, a jugé et résolu que ces grands et excellents territoires, désertés pour ainsi dire par leurs habitants naturels, seraient tenus et possédés par ceux de nos sujets et de notre peuple qui, grâce à sa protection et à sa miséricorde, seront dirigés et conduits en ce pays par son bras puissant. »

Cette peste miraculeuse, véritable présent du ciel, facilita singulièrement les premiers pas des colonies anglaises en leur évitant des luttes meurtrières avec les possesseurs du sol, et le mouvement d'émigration, commencé parles pèlerins duMaytlower, sedéveloppa rapidement. Avec eux les colons apportèrent les idées pour lesquelles ils avaient lutté et souflert, et parmi elles le droit de représentation, l'institution du jury, le vote des subsides par le peuple, la suppression des monopoles, des ordres privilégiés, des maîtrises, des corporations de métiers, de tous ces fardeaux qui accablaient alors les peuples de l'ancien monde.

Pendant que les Français s'établissaient au Canada et les Anglais à la Virginie et à la Nouvelle-Angleterre, des marchands d'Amsterdam envoyaient des navires

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ixmi' liiirr I;i traite dans la riviri-(! (1(; Maiihatte, dôcouviM't(î (Ml HiOl) par rAngl.iis lludson, ot y l)Atissai(Mil un fort à rendroil où s'élève. aujourd'hui N(!w-Yoik ; luiiis bicnlùt les Anj^lais les ol)liî^(!ai(;nt à l(;ur céder tu' territoire en é(;lian^e de Sui'inaui. C'est par ces Hollandais que les li'0(|uois, nos ennemis, furent d'abord pourvus d'armes à feu et de munitions, ([ue les i];ouverneurs anglais continuèrent à leur fournir avec le même empressement.

Dès leurs débuts les colonies anglaises formèrent entre elles une confédération offensive et défensive ; cliacune d'elles avait son gouvernement particulier, mais les affaires d'intérêt général étaient réglées dans un Congrès composé de deux délégués par province. En 1030 elles comptaient à peine 4000 âmes, et en 101)0 leur population dépassait 200000, alors que celle du Canada, dont le recrutement était beaucoup plus lent, par suite des entraves qu'y apportait l'administration, était à peine de 12 à 15 000.

11 suffit du reste d'indiquer les dates de fondation des États pour se rendre compte de la rapidité avec laquelle croissait cette nouvelle puissance.

La Virginie était créée en 1008, Plymouth en 1620, le New-Hampshire en 1623, le Massachusetts en 1628, le Maine en 1630, le Maryland en 1633, le Connecticut en 1635, le New-Haven en 1637, le Rhode-Island en 1638, la Caroline du Nord en 1650, la Nouvelle-York, le New-Jersey et le Delaware en 1664, la Caroline du Sud en 1670, la Pennsylvanie en 1682.

Deux choses sont remarquables dans le développement de ces colonies : la législation qui est empreinte d'un fanatisme étrange, poussé jusqu'au ridicule ; le système d'éducation, que les nations européennes imitent maintenant de leur mieux.

Dès les premières années de sa fondation, laNouvelle- Angleterre avait un ensemble de lois appelé llie body of liberties^ le corps des libertés; leurs dispositions, Surtout pour la partie pénale, étaient copiées sur la

Bible, le livre sacré dont les Puritains s'étaient fait un guide absolu. C'est dans le vieux code du Connecticut que ce caractère est le plus accentué : l'enfant qui a maudit ou frappé ses parents est putii de mort; le père a le droit de tuer le fils adulte coupable d'opiniâtreté ou de rébellion ; le mensonge et le jurement sont prohibés sous peine du pilori et du fouet ; la fustigation est également infligée aux gens ivres, car « l'ivrognerie — dit le livre des Proverbes, xxvi, 3, — qui transforme l'image de Dieu en celle de la brute, sera passible du châtiment qu'on inflige aux bêtes » ; défense est faite d'accorder le vivre et le couvert aux hérétiques qui doivent être punis de mort, car on lit dans Zacharie xni, 13, que « l'hérésie entraînera le dernier supplice, parce que l'hérétique, comme un idolâtre, cherche à ravir les âmes des hommes au Seigneur leur Dieu ».

De pareilles dispositions semblent déjà bien rigoureuses, mais ce n'est pas tout! 11 était interdit, le jour du Seigneur, de voyager, de courir, de se promener dans son jardin, de faire les lits, de balayer la maison, de se faire couper les cheveux ou raser ; la mère n'avait pas le droit ce jour-là d'embrasser son enfant : il était même défendu de fabriquer de la bière le samedi de peur qu'elle travaillât le dimanche ! Ceci est d'un fanatisme si ridicule qu'il est nécessaire de citer la source à laquelle le fait est puisé ; c'est l'Histoire du New-Hampshire publiée en 1792 à Boston par Jérémie Belknap, ministre protestant.

Défense était faite encore de fêter Noël et les Saints, de porter des santés, car cela rappelait un acte de libation païenne; des règlements poussés jusqu'à la plus révoltante minutie donnaient les formules de communication soit entre hommes, soit entre les deux sexes ] ils indiquaient comment on devait porter la tête, tenir les bras, les yeux, causer, marcher, s'habiller. Les quakers, considérés comme des hérétiques, étaient bannis ; s'ils revenaient, ils étaient punis de mort.

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La plupai'l des articles de cette étrange législation ctai(!nt basés sur des versets de l'Kxodc, du Léviti(jue et du Deutérononie. I^'liorreur des Puritains <i l'égard du catliolieisme les aveuglait au point de les faire remonter, dans leur recherche des dogmes primitifs, jusqu'au judaïsme le plus arriéré. Non seulement leurs codes, mais leurs idées, leurs noms étaient hébreux.

L'éducation, si nécessaire aux peuples libres fut, par contre, développée parmi les divers États dans des conditions dignes de frapper l'attention.

uCe fut encore la Nouvelle-Angleterre, dit Garnaud, qui donna l'exemple et qui la première établit le meilleur système d'instruction populaire. Elle posa pour principe que l'éducation du peuple doit être obligatoire et à la charge commune. C'était annoncer des vuesfortenavantdel'époque. Des écoles furent ouvertes dans toutes les paroisses, sous la direction de comités électifs qui votaient les contributions nécessaires. Afin, disaient ces législateurs, que les lumières de nos pères ne demeurent pas ensevelies avec eux dans leurs tombeaux, nous décrétons, à peine d'amende, que tout groupe de cinquante feux établira une école publique où l'on enseignera à lire et à écrire ; et que toute ville de cent feux établira une école de grammaire pour préparer les enfants à l'Université. Cette loi existe encore en substance dans le Massachusetts, qui s'en enorgueillit comme un de ses plus beaux titres à la reconnaissance des peuples. »

Luttes entre les gouverneurs et l'évêque de Québec. M. de Tracy est nommé vice-roi. — Progrés de la colonie.

Le vicomte d'Argenson, qui avait remplacé comme gouverneur M. de Lauzon, manquait, ainsi que ce dernier, des qualités nécessaires pour remédier à un état de choses que les faibles forces mises à sa disposition ne pouvaient d'ailleurs beaucoup modifier. Il était en outre en complet désaccord avec l'évêque de Québec, Monseigneur Laval, dont le caractère entier s'accommodait mal d'un gouverneur trop imbu des idées de la mère patrie au point de vue de la justice et du droit. Un seul exemple suffira pour le démontrer; c'est M. d'iVrgenson lui-même qui, le 5 septembre 1658, peu de temps après son arrivée, écrivait cette lettre caractéristique :

« M. l'Évêque a un zèle qui le porte souvent hors du droit de sa charge, et une telle adhérence à ses sentiments qu'il ne fait aucune difficulté d'empiéter sur le pouvoir des autres, et avec tant de chaleur qu'il n'écoute personne. Ces jours derniers, il fit enlever une servante d'un habitant de Québec et mit de son autorité cette fille chez les Ursulines, sur le seul prétexte qu'il voulait la faire instruire; et par là il priva cet habitant du service qu'il avait droit de recevoir de sa servante, après l'avoir amenée de France avec beaucoup de frais. Si je n'eusse insinué sous main d'accommoder cette affaire et que l'habitant eût poursuivi l'évêque en

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justice, j'cusso ôlé obligé (\r pousser l'afTairo aveu; beaucoup ib^ scMn(b'ibî, (;t cola [)ar la vobjnté (b; co iu(''bil (lui dit que révc(pi(; [XMit co qu'il veut vi (pii ue MHUiaco (juo (roxconnuuuication. »

De son côté, Mouscugnoui* Laval, usant de son crédit ;iu[uès (bî M. do Lamoignon, le priait de rappeler un gouvorneui' qui no partageait pas ses idées au point de vue du prosélytisme.

M. d'Argonson, en butte à des attaques qu'il croyait imméritées, atteint d'ailleurs d'infirmités que le climat du Canada ne faisait que rendre plus douloureuses, fatigué enfin do la lutte incessante contre les sîiuvagos, demanda lui-même à être relevé de ses fonctions.

A la suite de la campagne dont les Montréalais avaient supporté tout l'effort, il adressait à Paris un mémoire dans le([uel il manifestait son découragement, et disait : « Il faut n'avoir point vu la situation de nos habitations françaises, répandues le long du fleuve Saint-Laurent, pour ignorer le danger qu'elles courent soit par la famine si les ennemis brûlent les blés et tuent les bestiaux, ce que nous ne pourrions pas présentement empêcher ; soit par l'armée des Iroquois si elle se répand dans la campagne, comme c'était son dessein ce printemps. Elle était de 700 hommes et s'est contentée de la défaite de dix-sept Français et de celle de quelques sauvages, et par là a été détournée d'enlever et de brûler plusieurs habitations, tellement écartées les unes des autres qu'elles ne doivent pas attendre de secours. »

Il était trop évident que M. d'Argonson ne se trouvait plus en état de diriger la colonie, et il fut pourvu à son remplacement.

Son successeur, le baron d'Avaugour, arrivait à Québec le dernier jour du mois d'août 1661, et partait dès le lendemain pour visiter Montréal et les Trois- Rivières. La faiblesse des postes lui parut extrême, et il témoigna son étonnemont do voir qu'avec si peu de L — La Nouvelle-Fhance. 12

HOô LA NOUVELLE-FRANCE.

forces son prédécesseur avait pu garder le pays. Il le pria de dire au roi que si, l'année suivante, il ne recevait pas les renforts qui lui avaient été promis, il se retirerait sans attendre son rappel. Il écrivit dans le même sens et chargea de sa lettre un des principaux colons, M. Boucher, à qui Louis XIV et Golbert firent le meilleur accueil. Pour mettre le ministre à même de juger des ressources du Canada, M. Boucher composa et fît imprimer à Paris une brochure qu'il intitula : « Histoire véritable et naturelle de la Nouvelle-France. » L'ouvrage est dédié à Golbert.

Malheureusement, par suite des luttes que la France avait alors à soutenir en Europe, les secours furent retardés jusqu'en 1665, et les brigandages des Iroquois continuèrent à dévaster la colonie, qu'en 1663 un violent tremblement de terre vint en outre ravager.

Comme pour M. d'Argenson, l'entente entre l'évêque et le gouverneur n'avait pas été de longue durée, mais une autre cause avait contribué à les brouiller, c'était la vente de l'eau-de-vie aux sauvages. Les missionnaires, constatant les terribles effets des liqueurs fortes sur les Peaux-Rouges, demandaient instamment, et l'évêque avec eux, que cette vente fût rigoureusement interdite et punie des peines les plus sévères. Le gouverneur, faisant droit à ces vives réclamations, venait de faire fusiller trois hommes surpris au moment où ils se livraient à ce commerce malgré ses défenses, lorsqu'une veuve, habitant Québec, convaincue du même méfait et jetée en prison, fut réclamée par le Père Lallemant, recteur du collège des Jésuites. Le baron d'Avaugour, froissé de cette intervention, singulière dans la circonstance, répondit avec colère que puisque la vente de l'eau-de-vie aux sauvages n'était pas une faute pour cette femme, elle ne le serait plus pour personne, et qu'il ne voulait pas être le jouet de de ces contradictions.

Deux partis se formèrent, les uns tenant pour

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