acte international que le Dominion ait pu conclure
avec le pays de leurs ancêtres. » (Vifs applaudissements.)
« Messieurs, il est impossible que ces mêmes sentiments ne trouvent pas leur écho dans le Parlement français. La convention est avantageuse pour les deux pays; elle tend à développer entre eux des relations conformes à leurs intérêts et aux souvenirs du passé qui les unit. Je demande à la Chambre de la voter, comme elle a été votée par le Parlement canadien. » (Applaudissements.)
Approuvé à une grande majorité par la Chambre des députés, voté sans discussion par le Sénat, le traité a été promulgué au Journal officiel du 9 octobre 1895.
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Littérature canadienne.
Si l’on examine avec l’attention qu’elle mérite l’existence mouvementée du peuple canadien, on se rend aisément compte des phases qu'à dû suivre sa littérature. Elle a été d’abord et pendant longtemps réduite à des chansons de voyageurs, à des récits de hardis aventuriers comme Perrot, décrivant naïvement, dans une langue vulgaire, les diverses scènes auxquelles ils ont assisté, à des légendes transmises de bouche en bouche pendant les longues veillées d'hiver; elle est ainsi restée le plus souvent à l’état de traditions orales, les chansons soutenant le courage des voyageurs dans leurs dures fatigues et les récits de leurs expéditions de guerre ou de chasse faisant la joie des enfants, nombreux à chaque foyer.
Les chansons, les légendes, les contes, tels sont les premiers éléments de la littérature canadienne. Ce sont les délassements de générations aux prises chaque jour avec les pénibles travaux de défrichement et les luttes contre les sauvages ou les colons de la Nouvelle- Angleterre.
Des chansons, la plus connue, celle qui a le titre même de Chanson des voyageurs, que répètentau milieu des forêts les bûcherons et les défricheurs, comme les coureurs des bois suivant les sentiers déserts ou venant de faire portage à quelque sault ce rivière, c’est « A la claire fontaine », ravissante ballade encore entendue
dans nos campagnes et transportée à la Nouvelle- France par les premiers émigrants normands.
« Depuis le petit enfant de sept ans jusqu’au vieillard en cheveux blancs, tout le monde en Canada sait et chante la Claire fontaine. On n'est pas Canadien sans cela. » (Gagnon)
es er
A la claire fontaine!
M’en allant promener,
J'ai trouvé l’eau si belle
Que je m'y suis baigné.
Il y a longtemps que je t'aime, Jamais je ne t'oublierai.
J'ai trouvé l’eau si belle Que je m'y suis baigné.
Sous les feuilles d’un chêne Je me suis fait sécher ;
Il y a longtemps, etc.
Sous les feuilles d’un chène
Je me suis fait sécher. t Sur la plus haute branche
Le rossignol chantait.
Il y a longtemps, etc.
Sur la plus haute branche Le rossignol chantait ; Chante, rossignol, chante, Toi qui as le cœur gai.
Il y a longtemps, etc.
Chante, rossignol, chante, Toi qui as le cœur gai; Tu as le cœur à rire,
Moi je l'ai à pleurer.
Il y a longtemps, etc.
Tu as le cœur à rire,
Moi je l’ai à pleurer;
J'ai perdu ma maîtresse, Comment m'en consoler ?
Il y a longtemps, etc.
la Nouvellends.
squ’au vieil- Canada sait as Canadien
J'ai perdu ma maitresse, Comment m'en consoler ?
Pour une blanche rose Que je lui refusai.
11 y a longtemps, etc.
Pour une blanche rose Que je lui refusai;
Je voudrais que la rose Fût encore au rosier.
Il y a longtemps, etc.
Je voudrais que la rose Fût encore au rosier; Et que le rosier même Fût à la mer jeté.
Il y a longtemps, etc.
Une autre chanson, celle-là d’origine canadienne, à la fois joyeuse et légère, est aussi fréquemment répétée dans les réunions populaires, comme dans les longues courses des voyageurs que son allure musicale vive et entraînante délasse de leurs fatigues.
Vive la Canadienne, Vole, mon cœur vole.
Vive la Canadienne Et ses jolis yeux doux, Et ses jolis yeux doux, Tout doux, Et ses jolis yeux doux.
Nous la menons aux noces, Vole, mon cœur vole.
Nous la menons aux noces, Dans tous ses beaux atours, Dans tous ses beaux atours, Tout doux, Dans tous ses beaux atours.
Là nous jasons sans gêne, Vole, mon cœur, vole.
Là nous jasons sans gêne,
Nous nous amusons tous,
Nous nous amusons tous, Tout doux,
Nous nous amusons tous.
Nous faisons bonne chère, Vole, mon cœur vole.
Nous faisons bonne chère,
Et nous avons bon goût, Et nous avons bon goût, Tout doux,
Et nous avons bon goût.
On passe la bouteille, Vole, mon cœur, vole.
On passe la bouteille, On verse tour à tour, On verse tour à tour, Tout doux, On verse tour à tour.
Et sans perdre la tête, Vole, mon cœur, vole.
Et sans perdre la tête,
Nous chantons nos amours,
Nous chantons nos amours, Tout doux,
Nous chantons nos amours,,
Alors toute la terre, Vole, mon cœur, vole.
Alors toute la terre Nous appartient en tout, Nous appartient en tout, Tout doux, Nous appartient en tout.
Nous nous levons de table, Vole, mon cœur, vale.
Nous nous levons de table, Le cœur en amadou, Le cœur en amadou,
Tout doux, Le cœur en amadou.
En danse avec nos blondes, Vole, mon cœur, vole.
En danse avec nos blondes, Nous sautons en vrais fous, Nous sautons en vrais fous, Tout doux, Nous sautons en vrais fous.
Ainsi le temps se passe, Vole, mon cœur, vole.
Ainsi le temps se passe, Il est, ma foi, bien doux, Tout doux, Il est, ma foi, bien doux.
Citons encore la chanson par excellence des forestiers : « Dans les chantiers nous hivernerons, » telle qu'elle est reproduite dans l'ouvrage de M. Ernest Gagnon, un Canadien des plus érudits, doublé d’un artiste de talent (1).
Voici l'hiver arrivé, Les rivières sont gelées,
C'est le temps d'aller au bois Manger du lard et des pois!
Dans les chantiers nous hivernerons, Dans les chantiers nous hivernerons !
Pauv' voyageur, que t'as d'la misère !
Souvent Lu couches par terre,
A la pluie, au mauvais temps, A la rigueur de tous les temps!
Dans les chantiers.
Quand tu arrives à Québec, Souvent tu fais un gros bec.
Tu vas trouver ton bourgeois Qu'est là assis à son comptoi!
Dans les chantiers...
(1) Les chansons populaires du Canada, Québec, 1880. — 3e édition, 1894.
Je voudrais être payé
Pour le temps que j'ai donné.
Quand l'hourgeois est en banqueroute, Il te renvoie manger des croûtes.
Dans les chantiers.
Quand tu retournes chez ton père, Aussi pour revoir ta mère,
Le bon homme est à la porte,
La bonne femme fait la gargotte.
Dans les chantiers.
— Ah? bonjour donc, mon cher enfant !
Nous apport’ tu ben d'l'argent?
— Que l'diable emporte les chantiers!
Jamais d’ma vie j'y retournerai.
Dans les chantiers, ah ! n’hivernons plus!
Dans les chantiers, ah! n’hivernons plus!
Quant aux légendes, elles sont nombreuses, et souvent tirées des événements dramatiques qui se sont autrefois déroulés au Canada ; le merveilleux s’y mêle au réel pour la plus grande joie dés auditeurs, et leur
succès doit être grand si elles ressemblent toutes à celle de l’Amiral du Brouillard, que Faucher de Saint-Maurice a recueillie dans ses œuvres d’un style si alerte et si français. Aussi bien au point de vue de la forme que du fond, elle mérite de figurer dans une anthologie canadienne, et le lecteur en appréciera d'autant mieux la saveur qu’elle se rattache à un fait historique bien connu, le désastre de la flotte de l’amiral Walker, détruite par un ouragan dans le golfe Saint-Laurent, au moment où il venait assiéger Québec. Elle figure dans celui des ouvrages de l’auteur canadien qui a pour titre : « A Ja brunante. »