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Reprise du fort Caroline par le capitaine de Gourgues.
Lorsque le résultat de l'expédition à la Floride fut connu en Espagne, « la Cour s’en réjouit plus que d’une victoire sur le Ture, » le duc d’Albe et les ministresne cachèrent pas leur satisfaction et le peuple applaudit à l’extermination des hérétiques. Enfin le roi, pour aller au-devant de toute réclamation, faisait dire à Catherine de Médicis, régente, par l'intermédiaire de son ambassadeur, que Menendez «n'avait pu faire moins que de courir sus à ces Français comme pirates ct gens qui élaient là pour entreprendre sur ce qui lui appartenait, » Il réclamait en méme temps le chàätiment de Coligny, inspirateur de l’entreprise.
C'était vraiment trop d’audace. Grâce aux récits de quelques hommes échappés au massacre, on commençait à apprendre en France dans quelles conditions de lächeté morale et de cruauté fanatique des compatriotes, envoyés régulièrement par leur gouvernement dans cette Amérique où l’espace élait assez large pour tous, avaient été férocement assassinés, Ces relations avaient excité tout à la fois une profonde pitié pour Les victimes et une violente indignation contre leurs agresseurs. Les récits de Le Challeux, de Laudouinitre acheverent de jeter un jour effrayant sur ces abominables scènes de meurtres, et tous les cœurs s'associérent à la « Requeste au roy, faite par les femmes veuves, enfants orphelins, parents et amis de ses sujets
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cruellement massacrez par les Hespagnois en la France antartique nommée la Floride. »
Les pétitionnaires, dans cet écrit répandu à milliers d'exemplaires, réclamaient vengeance du massacre dont ils rappelaient les détails; mais les observations de Ia Cour de France se heurtèrent en Espagne à une mauvaise volonté évidente et toutes les instances de l'ambassadeur Forquevaulx n'aboutirent qu'à faire mettre en liberté deux ou trois des survivants retenus dans les prisons. Trois ans s'écoulèrent et bientôt, ainsi que le constate un contemporain, « il survint d'autres affaires, et une forte pluie qui lava la plaie et en osta le sang, la mémoire duquel s’effaça bientôt de la teste des grands. »
Mais si la Cour oubliait, la nation gardait le souvenir de ces odieuses exterminations et l’exaspération fut au comble quand on vit Menendez, revenu en Espagne, avoué hautement et comblé d'honneurs par Philippe %E. De hardis aventuriers Dieppois, Bretons, Rochelois et Gascons se mirent bientôt à courir sus aux Espagnols, dont le commerce et la puissance coloniale devaient finalement être ruinés par leurs incessantes attaques.
Parmi les nombreuses victimes de la cruauté des sujets du sombre monarque dont la France avait déjà ant à se plaindre, se trouvait un officier, Dominique de Gourgues, originaire de Mont-de-Mürsan, qui s'était signalé en Italie, où, avec une trentaine d'hommes, il avail soutenu dans un fortin, près de Sienne, l'effort de toute une armée. Fait pr.sonnier dans une lutte où il n'avait succombé que sous le nombre, il avait ctc enchaîné avecles forçats.Échappé à ses ge: liers, et saisi de fureur aurécit du massacre de ia Floriae, il entreprit à ses risques et périls de venger là fin lamentable de ses compatriotes et d'infliger aux meurtriers le juste chàätiment de leur crime. Décidé à tout sacrifier pour alleindre ce but, il vendit ses biens, fit appel à ses anis et parvint à équiper trois navires avec lesquels il