‹ La Nouvelle-France [microforme]Chapitre 16 sur 88 · DA PEL CE · texte numérisé non relu

DA PEL CE

es

Det

A Ps NE ER A NOR TOR TE DAT PA

partit de Bordeaux le 2 août 1567. Quatre-vingts matelots et une centaine d'arquebusiers composuient l'expédition. Tous croyaient aller à la côte d'Afrique pour y faire la traite ; seuls les capitaines étaient dans le secret et savaient à quelle résolution de Gourgues s'était arrêté. Après avoir touché aux Antilles pour y renouveler sa provision d’eau, il rassembla ses hommes et leur exposa le projet qu'il avait conçu ; il fit appel à leur patriotisme, et les enflamma d’un tel enthousiasme qu’ils lui promirent tous leur concours et lui demandèrent sans plus attendre, de les mener à l'ennemi. On arriva bientôt en vue des côtes de la Floride et le débarquement s’effectua sans difficulté à quelques lieues du fort Caroline.

Les indigènes, brutalisés par les Espagnols qui les trailaient comme un vil troupeau, proposèrent leur concours pour les exterminer. De Gourgues accepta leurs offres; 1l apprit, grâce à eux, que les ennemis avaient construit sur les bords du fleuve deux nouvelles forteresses gardées chacune par cinquante hommes, et que le fort principal, pourvu d'une nombreuse artillerie, était occupé par trois cents hommes. Ils lui affirmèrent en outre que les Espagnols, confiants dans leurs forces et ne redoutant aucune agression des sauvages ou des Français, ne prenaient aucune précaution pour se garder.

Profitant de cette négligence, de Gourgues se hâta de brusquer l'attaque ; il s'avança sous bois pour masquer sa marche et arriva près d’un des nouveaux forts sans avoir donné l'éveil. Pendant qu'un détachement d’une trentaine d'hommes enfonçait la grande porte et que les Floridiens répandus dans là forêt se chargeaient de massacrer les fuyards, de Gourgues montrant les Espagnols aux siens s'écriait: « Voilà les voleurs qui ont pris cette terre à notre roi: voilà les meurtriers qui ont massacré les français ; allons, revanchons la France! » À ce chaleureux appel tous se précipitaient sur le rempart, qu'ils escaladaient

aussi cano) des p et pr le co criblt atten r'iVICr vue, | se déf suivis les ci quelq niers, Afir avaler sans € l'aspe ment, tenant sortis lèrent élaien terrifi fuiren lFlorid etleur de Got ainsi Ç ments dont seront seule sonnie dans d'avoi

, Maaient rique dans rœues our y homil fit in tel cours ner à de la ulté à

ui les t leur ccepta nemis t nouuante nom- 1mes.

fiants on des ucune

e hâta pour Lveaux détarrande rôt se irgues ilales bilà les llons, bl tous daient

et en un instant les ennemis étaient tués ou pris.

Profitant de ce premier succès, de Gourgues fait aussitôt mettre en batterie contre le second fort les canons garnissant celui qu'il venait d'enlever. L'une des pièces, une couleuvrine,portait les armes de Henrill et provenait du fort Caroline; cette constatation mit le comble à la fureur des artilleurs improvisés qui criblèrent les Espagnols de boulets. Pendant que leur attention était ainsi occupée, de Gourgues passait la rivière avec quatre-vingtssoldats etles indigènes. A leur vue, les Espagnols épouvantés ne songent même plus à se défendre et prennent la fuite dans les bois, mais poursuivis à outrance dans leur retraite, ils tombent sous les coups des assaillants et quinze seulement, dont quelques-uns gravement blessés, sont faits prisonniers.

Afin de protiter de 1 effroi que ses premières attaques avaient causé, le vaillant capitaine résolut d'aborder sans délai le fort Caroline. Une sortie des ennemis à l'aspect des Français qu’ils croyaient repousser facilement, hâta leur perte; pris entre de Gourgues et son lieutenant qui les avait tournés, les quatre-vingts hommes sortis du fort, décimés par une première décharge, restèrent finalement sur la place. A cette vue, ceux qui étaient demeurés derrière les remparts de la Caroline, terrifiés par la mort des plus braves d’entre eux, s’enfuirent vers la forêt, mais une volée de flèches des Floridiens embusqués les arrêtait aux premiers arbres et leur faisait rebrousser chemin sur le fort dans lequel de Gourgues était déjà entré. La retraite se trouvait ainsi coupée aux Espagnols; étourdis par les hurlements des indigènes, assatilis par des adversaires dont ils n'avaient aucune pitié à attendre, ils se laisserent tuer presque sans résistance. Quelques-uns seulement furent épargnés et réunis aux autres prisonniers. Les Français rentrèrent alors au fort Caroline dans un étal d’exaltation extrême, heureux et fiers d’avoir vengé l'honneur de leur patrie et le massacre

Page 1