‹ La Nouvelle-France [microforme]Chapitre 20 sur 88 · ESS · texte numérisé non relu

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ses successeurs à n’admettre plus tard que des catholiques au Canada, et le temps a maintenu entre les hommes qui peuplent cette terre une division que la conquête a rendue plus profonde encore : langue et religion n’y font qu’un; catholique et Français sont synonymes, comme protestant et Anglais.

Au départ de Poutrincourt, la reine mére, Marie de Médicis, sur les instances des jésuites, voulut envoyer avec lui deux Pères de cet ordre à Port-Royal, mais ses associés protestants ne consentirent pas à leur embarquement. Alors la femme du gouverneur de Paris, M®° de Guercheville, catholique zélée, indignée de la conduite de ces marchands, obtint que leur contrat d'association fût annulé. A l’aide de quêtes et de sommes qu’elle avança sur sa fortune, elle arma un navire, la Grâce de Dieu, sur lequel prirent passage le chevalier de La Saussaye, commandant de l'expédition et des Pères jésuites qui allèrent fonder une mission à l’île des Monts-Déserts, près de l’entrée de la rivière Pentagouet : ils donnèrent à ce lieu le nom de Saint-Sauveur.

Champlain avait proposé à M"° de Guercheville de s'associer avec M. de Monts dont il garantissait la droiture, mais elle ne voulut pas entendre parler d’un accord avec ce calviniste; elle se borna à lui racheter ses droits et obtint de la reine régente « donation de toutes les terres de la Nouvelle-France, depuis la grande rivière jusques à ia Floride, » hormis Port- Royal concédé à Poutrincourt. Elie devenait ainsi seule propriétaire de l'immense contrée comprise sous la dénomination de Nouvelle-France.

Pendant ce temps la colonie de Port-Royal restait sans secours ; son chef, revenu en France, n’y trouvait pas les appuis sur lesquels il avait cru pouvoir compter, et les colons, trop occupés de la traite des pelleteries, avaient négligé la culture de là terre : ils en furent réduits à vivre de glands et de racines dont quelques spécimens rapportés en France y firent les délices

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