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Quant à la musique et à la danse, elles avaient, selon les récits des voyageurs, quelque chose de barbere qui révoltait d'abord et dont on ne pouvait guère se former une idée sans en avoir eu le spectacle. Les Iroquois en particulier aimaient à la fureur ces sortes de fêtes, qui se prolongeaient des journées et des nuits entières ; leurs cris faisaient trembler tout le village.
La passion du jeu était aussi ardente; le plus usité était celui des osselets, qui se jouait à deux avec de petits os à six facettes inégales, dont une noire et une jaune ; le perdant était remplacé j jusqu'à ce que tout le village y eût passé. Quelquefois la lutte s'engageait entre deux villages et les joueurs se portaient des défis, se querellaient, se battaient. Les grandes parties duraient plusieurs jours, au milieu du bruit, des applaudissements ou des imprécations. (Garneau.)
Endurcis par les fatigues de leurs longues courses et le peu de précautions qu'ils prenaient contre les injures de l'air, presque tous les sauvages étaient ‘d’une: constitution robuste; les enfants faibles et maladifs ne pouvaient en effet résister aux épreuves qu'ils subissaient par suite du froid et du manque d'aliments convenables à leur chétive santé. Aussi voyait-on parmi eux peu de gens contrefaits. Hommes cependant, et par conséquent sujets aux infirmités, ils en avaient quelques-unes qui leur étaient plus particulières, telles étaient les affections scrofuleuses causées par les eaux malsaines qu'ils buvaient au cours de leurs chasses ou dont ils faisaient usage pour cuire ou pourrir le maïs. Marchant en outre la plupart du temps la poitrine nue, ils contractaient fréquemment une espèce de phthisie qui, les ruinant peu à peu, en conduisait un grand nombre à la mort. Cette maladie était d'autant plus commune que les découvertes scientifiques modernes en ont démontré la dangereuse contagion. Elle était d’ailleurs favorisée par le milieu dans lequel ils vivaient,
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aient, Les purgations et la transpiration étaient leurs e bar- principaux remèdes. « Leurs purgatifs, raconte un guère témoin, sont des décoctions très dégoûtantes et qui ». Les noient un estomac. D'ailleurs ils ne se croient pas sortes purgés suffisamment s'ils ne prennent des médecines + des qui pourraient tuer un cheval. Mais la suerie est le ut le | remède dont ils font le plus grand usage. Elle est également pour les malades et pour les sains. La usité suerie est une petite cabane de six ou sept pieds de ec de haut, où ils peuvent ranger sept ou huit personnes, t une Cette cabane est couverte de nattes et de fourrures e tout pour la défendre de l'air extérieur. On y met à terre ageait dans le milieu un certain nombre de cailloux, qu'on it des a laissés longtemps dans le feu jusqu'à ce qu'ils en arties aient été pénétrés, et on suspend au-dessus une chau- , des ditre pleine d’eau froide. Ceux qui doivent se faire a.) suer entrent dans cette cabane nus, et ayant pris leur )urses place ils commencent à s'agiter extraordinairement et ; tre les à chanter chacun sa chanson, et comme souvent elles 1.1 taient sont différentes pour l’air et pour les paroles, cela fait | | es et la musique la plus discordante qu'on puisse entendre, 1 | euves De temps en temps, lorsque les cailloux commencent | anque à perdre de leur activité, ils la réveillent en les arro- fi Aussi sant avec un peu de cette eau froide qui est dans la ti mmes chaudière. Cette eau n’a pas plutôt touché à ces NE is, ils pierres qu'elle s'élève en une vapeur qui remplit la fl parti- | cabane et en augmente beaucoup la chaleur. Ils se # euses jettent aussi mutuellement de cette eau fraiche pour 1 au s'empêcher de se trouver mal. En un instant leur corps sage ruisselle de toute part, et quand leurs pores sont bien re la | ouverts et que la sueur est la plus abondante, ils soraient tent tous en chantant et courent se plonger dans la inant rivière, où ils nagent et se débattent avec beaucoup ort. de véhémence. »
e les Lorsque la maladie n’était pas connue ou qu’elie ontré résistait au traitement ordinaire, il s'agissait alors risée d'un sort qu’il fallait conjurer et l’on appelait le
jongleur, Celui-ci, avant de commencer ses opérations,
se préparait une cabane et s’y enfermait avec son sac dans lequei il portait, outre son tabac et sa pipe, son manitou. Après avoir absorbé un breuvage pour se disposer à recevoir l'impression de l'esprit, le jongleur commençait à agiter une écaille de tortue qu'il tenait à la main et à chanter en invoquant l'esprit. Il entrait alors en fureur, et au plus fort de ces agitations il prononçait sur l’état de patient et sur les remèdes qu'il convenait de lui administrer. Ces remèdes, nous affirment les relations, étaient des festins et des danses! « Le malade, qui ordinairement a plus besoin de repos que de tout le reste, est exposé pendantce temps à tout le bruit de ces bacchanales, dont le seul étourdissement qu'elles lui causent serait capable de le faire mourir. C'est peu de chose encore que le bruit, ces pauvres malheureux sont à la discrétion de ces empiriques qui les soufflent, qui les sucent, qui les pressent avec une violence frénétique dans les parties de corps où ils souffrent le plus de mal, de sorte qu’ils ont plus l'air et l’action de bourreaux que de médecins. Quelquefois ils les font entrer dans la suerie avec eux, d’autres fois ils les font danser et jouer, enfin ils les fatiguent de telle sorte qu'ils sont plus malades d’avoir été jonglés que de leur maladie même. »
Le Père Sagard, pendant ce voyage au sujet duquel il nous a laissé de si curieux renseignements, a assisté par hasard à une de ces scènes de guérison, et il en retrace ainsi les détails :
« Après midi, nous trouvâmes un village d’Algonquins auquel nous reposàmes environ trois heures, pendant lequel temps il se fit unè chanterie de malade dans une cabane, avec tant de bruit de la voix, du son des tortues et du frappement de certains bâtons que je ne savais qu’en juger, car j'étais encore nouveau dans le pays. A là fin je fus curieux de m’approcher et voir par la fente de la cabane que ce pouvait être, là où je vis dix ou douze hommes, assis contre terre et arrangés des deux côtés de la cabane, et devant chaque
ban quai pied avec des suiv jou qu'il deci mai sons avec s'égo Pend garço la te temps des € puis l place, qui fir rémotr l’enfa pour avoir Che le cér de La nonta, « L guérir dernit entrep réussi qu’elle festine et fon accom
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hande était une longue perche plate, large de trois ou quatre doigts, couchée de long sur la terre à leurs rieds, sur lesquelles ils frappaient continuellement avec chacun un bâton en main, à la cadence du son des tortues et des chansons qu’ils entonnaient et poursuivaient alternativement, d’un ton le plus. haut qu'ils pouvaient, pensant par là d'autant plus tôt obtenir ce qu'ils désiraient que plus ils feraient de bruit. Le médecin était au haut bout avec sa grande tortue en main qui battait la mesure et commençait les chansons que les autres poursuivaient à pleine tête, mais avec tant d’ardeur qu'il semblait qu'ils dussent s'égorger, suaient de peine et étouffaient de chaleur. Pendant ce sabbat deux femmes tenaient un petit garçon pleurant couché tout nu le ventre en haut sur la terre, vis-à-vis du médecin, lequel, de temps en temps, à quatre pattes, s’approchait de l’enfant avec des cris et hurlements comme d’un furieux taureau, puis le soufflait au ventre, et après étant retourné à sa place, recormmençaient leur tintamarre et charivari, qui finit par un festin, qui se disposait pendant la cérémonie au bout de le cabane. De savoir que devint l'enfant et s’il fut guéri ou non, je n'ai rien su depuis, pour ce qu’il nous fallut partir incontinent après avoir repu et un peu reposé. »
Chez les autres peuplades au sud du Saint-Laurent, le cérémonial était à peu près le même et le Père Jean de Lambreville écrivait à ce sujet de la bourgade d’Onnontagué où il séjournait :
« Les charlataneries dont les jongleurs usent pour guérir les malades ne sont que sottises. On en a eu dernièrement un exemple dans la guérison qu'ils entreprirent d’une fille qui était devenue folle. Pour réussir dans leur dessein ils persuadèrent à ses parents qu'elle avait vu neuf festins en songe, et que si ces festins avaient lieu elle guérirait. Ceux-ci y consentent, et font de tous côtés de grands amas de viande pour accomplir parfaitement ces songes. Nos grands escu-
lapes, dont l’idée était de faire bonne chère, préparérent un grand cercle d’écorce où la folle fut placée, et disposèrent à l’entour sept ou huit personnes qui faisaient sonner de petites calebasses pleines de pois. Les jongleurs se mirent aussi dans le cercle, où ils brülèrent du pétun, les uns en l’honneur du cerf, les autres du hibou, d’autres de l'ours, contrefaisant tous la voix de la bôte à qui ils offraient cette espèce de sacrifice. Ensuite celui d’entre eux qui était le plus versé dans l’art de la jonglerie fit des incisions aux tempes de la malade d’où il suçait le sang, qu’il rendait tantôt avec des dents d'ours, tantôt avec des cheveux d'homme et du poil de cerf qu'il avait cachés dans sa bouche et qu’il faisait sortir comme s'ils eussent été des sorts qu’on avait jetés sur cette fille. On fit de grands remerciements à ces braves médecins, mais la malade n’en fut pas plus sage ; du reste cela n’était que le prélude des neuf festins auxquels ils devaient prendre la meilleure part. Les deux premiers commencèrent par une cérémonie assez ordinaire parmi ces peuples, par laquelle tous ceux qui avaient songé quelque chose pendant l’année venaient dans la cabane de la folle faire deviner leurs songes pour en avoir l’accomplissement. Cette fête dura deux jours et tous ceux qui voulurent se tirer de la nécessité où ils étaient de blé, de viande, de nattes, de robes d’ours et de choses semblables n'avaient qu'à dire qu'ils les avaient songés, aussitôt on leur en donnait. Il s'y trouva une femme assez impertinente pour chanter qu'elle avait rêvé ma soutane et qu’elle mourrait si je ne lui en faisais présent. »
La croyance aux songes était du reste générale chez toutes les tribus, et les missionnaires en donnent une curieuse explication :
L'âme des sauvages est, selon eux, indépendante de leurs corps, elle s’en sépare quand elle le juge à propos, pour prendre l'essor et alier faire des excur sions où bon lui semble, sans qu'elle en perde lu di-
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rection et qu’elle cesse de l’animer. Ce principe leur donne un entêtement pour leurs songes qui passe toute imagination. Ils se persuadent'qu'effectivement leur âme, voyant le corps plongé dans le sommeil, profite de ces moments pour aller se promener ou bien que l'esprit avec qui ils sont en commerce lui fait connaître ce qui lui est nécessaire. A leur réveil ils croient qu'elle a vu réellement ce qu'ils ont pensé dans leurs songes et ils agissent en conséquence. Les malheurs auxquels on serait exposé, si l’on ne donnait pas à l’âme ce qu'elle souhaite, les oblige à observer tous leurs songes avec grand soin, et engage non seulement celui qui a rêvé mais encore tous ses compatriotes à lui procurer toute Ïa satisfaction qu'il peut désirer pour l’accomplissement de ces songes.
En voici deux exemples saisissants : « Un sauvage, choqué de ce qu’on avait donné la vie à un esclave dans sa cabane contre son inclination, en conserva une haine mortelle pour lui, qu'il couva plusieurs années. Enfin, ne pouvant plus dissimuler, il dit qu’il avait rêvé qu’il mangeait de la chair humaine, et peu après il déclara que c'était de la chair de l’esclave en question. On chercha vainement à éluder ce songe barbare; on prépara plusieurs bonshommes de pâte qu'on fit cuire sous les cendres, il les rejeta; on n’omit rien pour le faire changer de pensée; il ne se rendit point et il fallut casser la tête à l’esclave.
« Cette liberté qu'ils ont de demander et d'obtenir tout ce qu'ils souhaitent, par respect pour les songes, fait que souvent il s’en trouve qui en abusent et qui demandent hardiment ce qu'ils ont rêvé en veillant. Un sauvage ayant vu à un Français, qui était esclave parmi eux, une couverture assez bonne et meilleure que la sienne, y rêva tout aussitôt et la lui demanda, Le Français la donna de bonne grâce, comptant oien avoir sa revanche. Peu de jours après, il alla dans la cabane de son homme, ct ayant aperçu une belle robe de bison, il feignit d’y avoir rêvé; le.sauvage la livra
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sans se faire prier. Cette alternative de rêves dura quelque temps; enfin le sauvage s’ennuya le premier, il alla trouver le Français et le fit convenir qu'ils ne rêveraient plus à rien qui pût appartenir à l’un ou à l’autre. Le Français y consentit et perdit plus que le sauvage à ce traité. » (Lafitau.)
Comme aux songes, les Peaux-Rouges croyaient aux sorts, et consultaient le jongleur pour les conjurer. Celui-ci se retirait alors dans une cabane éloignée d’un jet de pierre ou deux des autres et y restait souvent plusieurs jours, criant, hurlant et battant son tambour. (Relation de 1634.)
Il cueillait des herbes à certains temps de la lune, à certaines heures de la nuit, observant dans cette opération mille cérémonies superstitieuses et proférant des paroles magiques; il faisait des figures de pâte ou de feuilles de maïs percées avec des épines ou de petites flèches et ordonnait de les ensevelir sous un seuil de porte, ou une natte, ou bien il faisait porter à celui que le sort menaçait un objet destiné à le détourner. On croirait vraiment qu'il s’agit ici de nos sorciers du moyen âge, tant il est vrai que l’ignorance et la superstition aboutissent, sur tous les points du globe, aux mêmes absurdités.
Est-il besoin maintenant de rechercher quelles pouvaient être les idées religieuses de ces populations? Une des premières relations envoyées du Canada nous en donne un aperçu: « Chez les sept ou huit nations du bas du fleuve on entrevoit, à travers leur aveuglement, quelques sentiments confus de divinité. Les uns reconnaissent le soleil, d’autres un génie qui domine en l'air ; quelques-uns regardent le ciel comme une divinité, d’autres un manitou bon ou mauvais. Les nations du haut du fleuve paraissent voir un esprit universel qui domine partout. Elles s’imaginent qu'il y à un esprit dans chaque chose, même dans celles qui sont inanimées, et elles s'adressent à lui pour Île conjurer. Les songes leur tiennent lieu de prophétie,
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d'inspiration, de lois, de commandements et de règle dans leurs entreprises de guerre, de paix, de traite, de pêche, de chasse. S'il y à quelque sault difficile à passer, quelque péril à éviter, on jettera dans l'endroit mème une robe de castor, du tabac, pour se concilier la bienveillance de l'esprit qui y préside. Tous ces sauvages croient communément à une espèce de création du monde, disant que le ciel, la terre et les hommes ont été faits par une femme qui gouverne le monde avec son fils, que ce fils est le principe de toutes les choses bonnes, et que cette femme est le principe de tout le mal. [ls font profession de croire à une vie future, où l’on trouve une chasse et une pêche abondantes, du blé d'Inde et du pétun. Ils disent que l'âme n’abandonne pas le corps aussitôtaprès la mort; c'est pourquoi on enterre avec le corps, arcs, flèches, maïs, viande pour le nourrir en attendant. Ils supposent que les hommes, après la mort, chassent les àämes des castors, élans, renards, outardes, loups marins, et que l’âme des raquettes leur sert à se tirer des neiges. Ils s’imaginent que les âmes se promènent dans les villages durant un temps, et qu’elles participent à leurs festins et régals dont ils laissent toujours leur portion. Ils ont une manière de ne pas profaner certains os d’élans, de castors et d’autres bêtes, ni de les faire manger à leurs chiens ; mais on les conserve précieusement ou on les jette dans le fleuve. Ils prétendent que les âmes de ces animaux viennent voir de quelle manière on traite leurs corps et en vont donner avis aux bêtes vivantes et à celles qui sont mortes, de sorte qu’elles ne voudront plus se laisser prendre ni dans ce monde-c1 ni dans l’autre. »
Dans la relation de 1636, nous trouvons d’autres indications qui complètent celles que l’on vient de lire : « C'est du côté de l'Ouest, d’où les sauvages prétendent être venus, qu'ils placent le pays des âmes, C'est, disent-ils, un pays très éloigné, et où chacun est contraint de se rendre, après son trépas, pur un
chemin fort long et pénible, dans lequel il y a beaucoup à souffrir à cause des rivières qu’il faut passer sur des ponts tremblants et si étroits qu’il faut être une âme pour pouvoir s’y soutenir, encore trouve-t-on au bout du pont un chien qui leur dispute le passage et en fait tomber plusieurs dans les eaux où elles roulent de précipice en précipice. Celles qui sont assez heureuses pour franchir le pas trouvent en arrivant une grande et belle contrée dans laquelle on revoit les âmes des ancêtres et où la danse et les chants procurent des félicités Cternelles. »
Ainsi que nous l’avons déjà indiqué, la chasse et la guerre constituaient en réalité toute l'existence des sauvages ; la chasse leur fournissait les aliments nécessaires à leur existence, et 1ls passaient des mois entiers à la poursuite du gibier, dont les peaux leur servaient de vêtements et d'objets d'échange. C’est en hiver surtout que les grandes excursions avaient lieu, la fourrure des animaux étant plus belle dans la saison froide ; en outre l'ours, le chevreuil, le cerf ct
: l'orignal ne pouvaient fuir alors avec toute leur
vitesse, à travers quatre ou cinq pieds de neige l’homme au contraire, chaussé de raquettes, les atteignait facilement.
Parmileschasses,celle du cerfétutconsidéréecomme la plus noble; elle exigeait de longs préparatifs, mais elle était souvent fructueuse. Champlain assistait à l’une d’elles, dans un de ses premiers voyages de découverte à l’intérieur de la Nouvelle-France.
« Le 28 octobre, dit-il, chacun commença à se préparer pour aller à la chasse aux cerfs. Après avoir suivi une rivière environ douze lieues, puis porté les canots par terre demi-lieue, nous entrâmes dans un lac qui a détendue dix à douze lieues de circuit, où il y avait grande quantité de gibier comme cygnes, grues blanches, outardes, canards, sarcelles, bécassines, oies et plusieurs autres sortes de volatiles dont je tuai bon nombre, qui nous servit bien en attendant
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la prise de quelque cerf. De là nous fûmes à un certain endroit éloigné de dix lieues où il yen avait quantité. Ils s'assemblèrent vingt-cinq sauvages et se mirent à bâtir deux ou trois cabanes de pièces de bois accommodées les unes sur les autres, et les calfeutrèrent avec de la mousse. Ce qu'étant fait, ils furent dans le bois, proche d’une petite sapinière, où ils firent un clos en
forme de triangle, fermé de deux côtés, ouvert pos l'un:
d'iceux. Ce clos était fait de grandes palissades de bois fort pressées, de la hauteur de huit à neuf pieds, et longues de chaque côté de mille cinq cents pas: au bout duquel triangle y a un petit clos, qui va toujours en diminuant, couvert en partie de branchages, y laissant seulement une ouverture de cinq pieds par où les cerfs devaient entrer. Ils firent si bien qu’en moins de dix jours ils mirent leur clos en état.
« Toutes choses étant faites, ils partirent avant le jour pour aller dans le bois, à quelque demi-lieue de leur dit clos, s’éloignant les uns des autres de quatrevingls pas, ayant chacun deux bâtons, desquels ils frappent l’un sur l’autre, marchant au petit pas en cet ordre. Les cerfs oyant ce bruit s’enfuient devant eux, jusqu'à ce qu'ils arrivent au clos où les sauvages les pressent d'aller, et se joignent peu à peu vers l'ouverture de leur triangle ; les cerfs courent le long desdites palissades jusqu'à ce qu'ils arrivent au bout, où les sauvages les poursuivent vivement, ayant l’are ct la flèche en main, prêts à décocher; et étant au bout du triangle ils commencent à crier et à contrefaire les loups, dont y aquantité, qui mangent les cerfs; lesquels oyant ce bruit effroyable, sont contraints d'entrer en la retraite par la petite ouverture, et là sont pris aisément, car cette retraite est si bien close et fermée qu'ils n’en peuvent sortir. I y a un grand plaisir à cette chasse, qu'ils continuaient de deux jours en deux jours, si bien qu'en trente-huit jours ils en prirent cent vingt, desquels ils se donnèrent bonne curée, réservant leur graisse pour l'hiver ; ils en usent
mans og Le rnb
comme nous faisons du beurre, et des peaux ils en font des habits. »
Dans la saison où les biches et les cerfs étaient maigres, on se mettait à la recherche de l'ours. Vers la fin de l'automne cet animal se réfugie, pour échapper aux rigueurs de l'hiver, dans un creux de rocher ou de gros arbre. Il est alors gras et bon à
‘manger. Après un jeûne de plusieurs jours afin de se
rendre les esprits favorables, un parti, le visage noirci
de charbon, se rendait sur les lieux de chasse, enve-
loppait un coin de la forêt où l’on croyait trouver
bonne prise, visitait les cavités où les ours pouvaient
s'abriter et détruisait ceux qu'il rencontrait. Cette pre-
mière enceinte explorée, on passait à une autre. La
chasse terminée, les bôtes élaient écorchées, et l’on
emportait la viande au campement. Si parmi elles il
s'en trouvait une plus g 'osse que les autres, elle était grillée et réservée pour un festin solennel à l’arrivée
au village. Les coureurs des bois prenaient souvent part à ces fêtes, et l’un des plus célèbres, Perrot, en a laissé cette description : « A l’égard du gros ours dont il à été parlé, on apporte l’animal dans son entier, sans en excepter les intestins, et vingt hommes sont conviés par le chef du parti de chasse à ce repas. On coupe la peau de la bête par aiguillettes de trois ou quatre doigts de large ; ils font un certain fard composé de tronçons de lard ; pour ce qui est des tripes, elles demeurent comme elles sont. On emprunte les grosses chaudières réservées pour ces occasions, on fait cuire la viande, la tête, la fressure, et lestripes de l'ours, mais le sang est séparément assaisonné de la graisse de son lard, que l’on fond auparavant. Quand le tout est cuit et prêt à manger, ceux qui sont invités arrivent avec chacun leur plat. Il n’y en à que trois ou quatre seulement pour manger indispensablement la tête de l’ours, son sang, sa fressure ; et chacun des autres une aiguillette de ce lard de la longueur d’une brasse, qui leur est stparte autant qu'il se peut égale-
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pea l'ar AL pan la 6 pou obje Si gers Les mém quec simu leurs pens( pelés sang qu'ur mort quelc leurs trans] avec fonda la pe:
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ent ers our . de n à Ge SC irei nveuver nent pre- , La l’on les il était rivée vent en à dont tier, sont s, On is Ou comipes, te les s, on bes de de la Duand nvités is OU ent la n des d’une égale-
ment. Ils sont de plus encore obligés de boire entre eux toute l'huile ou la graisse qui reste au-dessus du bouillon, après les viandes cuites, ce qu'ils avalent comme du vin. Ce n’est pas sans faire de grands efforts qu'ils en viennent à bout, et lorsqu'ils ne peuvent plus mâcher et que les morceaux ne peuvent plus passer, ils prennent quelques cuillerées de bouillon pour les faire couler. Il y en a qui crèvent de ces excès, et d’autres qui ont de la peine à en réchapper. Voilà l'extrémité où l’orgueil et la gourmandise r rtent ces nations, car s'ils ont tout mangé, ils en sont félicités et on leur vient dire comme une louange qu'ils sont des hommes. » Une autre chasse importante était celle du castor, La peau de ce rongeur, fine sans être chaude, n'avait, avant l’arrivée des Européens, aucun renom chez les sauvages ; ils secontentaient d'en porter parfois unecomme parure ; mais le prix que les marchands attachaient à la dépouille de ces animaux en rendit bientôt la poursuite lucrative et fit de leur fourrure le principal objet d'échange entre les Peaux-Rouges et les blancs. Si la chasse avait ses attraits, la guerre et ses dangers en offraient d’autres bien plus puissants encore. Les sauvages semblaient apporter en naissant l'instinct même des combats ; les enfants n'avaient pour jouets que desarmes; leursdivertissements étaientdescombats simulés ; à l’âge viril 1ls recevaient des mains de leurs parents le casse-tête ou la hache; toutes leurs pensées se rapportaient aux luttes qu'ils étaient appelés à soutenir; s'ils causaient, c'était de prouesses sanglantes ; leurs invocations aux esprits n'avaient qu'un but, obtenir que leurs armes portent des coups mortels : s’assemblaient-ils, c'était pour concerter quelque expédition meurtrière. Dans leurs danses et leurs fêtes, ils simulaient les scènes de carnage et les transports de la victoire. De là cette fureur brutale avec laquelle le sauvage poussait son cri de mort, fondait sur son ennemi, le renversait et lui arrachait la peau de la tête pour s’en faire un trophée. Tenant
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