‹ La Nouvelle-France [microforme]Chapitre 32 sur 88 · I. — LA NouvELLE-lRANCE · texte numérisé non relu

I. — LA NouvELLE-lRANCE

134 LA NOUVELLE-SRANCE.

expression d’un brillant écrivain canadien, « d'aller redire en France que sous tous les cieux et par tous les temps il se pouvait trouver des hommes dont la mission consistait à trahir et à humilier la patrie. » (Faucher de Saint-Maurice.)

De 1608, date de la fondation de Québec, jusqu'à 1629, alors que Champlain, réduit à la dernière extrémité, rendait la colonie, de nombreux navires avaient été envoyés à la Nouvelle-France; ils y avaient amené des hommes que la traite des fourrures avait occupés à peu près uniquement et dont [a plupart étaient allés vivre chez les sauvages dont ils prenaient les habitudes vagabondes; quelques arpents de terre défrichés, cinq ou six cabanes à l'ile du Cap-Breton, une douzaine à Québec, deux ou trois dans l'ile de Montréal, à Tadoussac et aux Trois-Rivières, tels étaient les tristes résultats acquis ; ils étaient dus à la négligence et à la mauvaise volonté des compagnies successivement créées, qui sans jamais tenir compte des obligations attachées à leur monopole, se contentaient des bénélices de la traite; c'était malgré elles que Chämplain avait bâti le fort et amené quelques familles qui s'étaient vouées au défrichement des terres : « tout ceci se faisait à dessein de tenir toujours le pays nécessiteux ct d'ôter le courage à chacun d’y aller habiter, pour avoir la domination entière, »

La conséquence était fatale : au moment où les frères Kertk arrivaient devant Québec, il ne se trouvait dans toute la contrée qu'une soixantaine de Français; leurs moyens de résistance étaient nuls et la misère à laquelle ils se voyaient réduits était telle qu'ils en arrivaient à considérer comme leur sauveur un ennemi qui se présentait à eux avec des vivres.

Ramené en France, Champlain y apprenait que la paix avait été signée avec l’Angleterre deux mois avant le jour où il avait rendu Québec, fnformé du fait, Richelieu réclama aussitôt la restitution du Canada à la France, Comme l'affaire trainait en

long Cap:

cu e pos:

ar nou par geai en | nait de offic de :

aval

Le Cha:

Cart sont arm ilré les ; allu env( qu'il Que en 1 tire Dan s’y 1 sau app outi l'ad don Capi de qua tain

uler tous it la e. »

qu'à tr'é- Lien 1ené Ipés iles ides ‘In he à Taistes et à nent ions énélain qui tout AVS iller

les ourant la elle eur e la nOIS du

du

en

longueur, il se décida à employer l'argument le plus capable de convaincre les Anglais : 11 fit armer en cuerre une flotte de dix navires pour aller reprendre possession, au besoin par la force, d’une colonie dont la propriété ne nous était même pas contestée. La nouvelle, portée à Londres, y produisit l'effet attendu ; par traité du 29 mai 1632 le roi d'Angleterre s’engaseait à restituer tous les lieux occupés par ses sujets en la Nouvelle-France, Acadie et ie Canada, ordonnait à ceux qui commanuc'ent à Port-Royai, au fort de Québec et au cap Breton de remettre ces postes aux officiers nommés par le roi de France, et prescrivait de réparer les dommages causés à tous ceux qui avaient des intérêts à Québec au moment de la prise.

Le 43 juillet 4632 Québec était remis aux Français. Champlain yretournait en 1633, comme lieutenant du Cardinal, avec trois vaisseaux portant deux cents personnes, marins et colons, des marchandises, des armes et des provisions en abondance. Dès son arrivée, il rétablissait les bonnes relations avec les Montagnais, les Algonquins et les Hurons que la morgue et les allures cassantes des Anglais avaient éloignés. Il envoya des missionnaires au milieu de ces tribus, qu'il importait d'amener peu à peu à la civilisation. Quelques Hurons descendirent le fleuve pour la traite en 1634; moyennant de nombreux présents ils consentirent à emmener chez eux les pères de Brébeuf et Daniel. Ceux-ci, parvenus à la bourgade de Ia tribu, s’y installèrent de leur mieux dans une cabane. Les sauvages venaient admirer les objets qu'ils avaient apportés d'Europe, des aimants, des miroirs, des outils de menuiserie, mais ce qui les plongeait dans l'admiration c'était l'horloge marquant les heures et dont la sonnerie les émerveillait. Ils l’appelaient le ‘apitaine du jour. « Quand elle sonne, écrivait le père de Brébeuf, ils disent qu'elle parle ; ils demandent, quand ils nous viennent voir, combien de fois le capitaine du jour à parlé; ils nous interroger sur son

manger. Ils demeurent des heures entières afin de la pouvoir ouïr parler. Is demandaient, au commencement, ce qu'elle disait. On leur répondit deux choses qu'ils ont fort bien retenues : l’une que quand elle sonnait à quatre heures du soir pendant l'hiver, elle disait : « Sortez, allez-vous en, afin que nous fermions la porte », car aussitôt ils lèvent le siège et s’en vont; l’autre qu'à midi elle disait : « Sus, dressons la chaudière. » Etils ont encore mieux retenu ce langage, car il y a des écornifleurs qui ne manquent pas de venir à cette heure-là pour participer à notre sagamité. »

En 1634, plusieurs colons bâtissaient un fort et des habitations aux Trois-Rivières, entre Québecet l’île de Montréal ; c'était un endroit fréquenté par les Montagnais et les Algonquins qu'y attirait l'abondance du gibier.

Grâce à l'influence de Richelieu et à l'actif concours de la Compagnie des cent associés les envois de colons se continuèrent assez rapidement et de généreux protecteurs, comme le marquis de Gamache, le commandeur de Sillery, la duchesse d’Aiguillon, les dames de la Peltrie et de Bullion, contribuèrent bientôt par des dons considérables à la fondation d'institutions de bienfaisance et d’un collège à Québec.

C'est au milieu de ces créations, en grande partie dues à son infatigable initiative, que le fondateur de la colonie, atteint d’un mal qui ne pardonne pas, s'affaissait et tombait pour ne plus se relever. Frappé de paralysie, 11 mourait le 25 décembre 1635, après deux mois et demi de souffrances, témoignant jusqu'à sa fin du profond intérêt qu'il portait aux familles venues avec lui dans cette nouvelle patrie. Su femme, restée en France, acheva sa vie en 1654 dans un monastère d'Ursulines à Meaux.

Champlain mourait aimé et resperté de tous ceux qui l'avaient approché et qui s’accordaient à lui reconnaître une constance, une fermeté et un désintéressement admirables, en même temps que la foi la

plus v deux pour le pay il ava avait $ les dif ses 1 déplo et uné choisi aujou et de l’exéct lieu.

public tous le des ci jamais Lions.

son la pos:

rent; s lacs I niers € vité sa créée ( I avai resté €

plus vive dans l’œuvre qu'il avait poursuivie. « frente deux ans auparavant, il avait visité le Saint-Laurent pour la première fois et formé le projet d'y planter le pavillon français sur les hauteurs de Québec. Seul il avait persévéré dans cette glorieuse entreprise et en avait supporté patiemment toutes les peines et toutes les difficultés. A la guerre, au milieu des conseils, dans ses longs voyages de découverte, il n'avait cessé de déployer un grand courage, une habileté remarquable et une constance que rien ne pouvait lasser. Il sut choisir avec un rare bonheur les sites où s'élèvent aujourd'hui les villes de Montréal, des Trois-Rivières, et de Québec; il traça lui-même les plans et surveilla l'exécution des travaux qui se firent dans ce dernier lieu. Il protégeait si soigneusement les intérêts publics et particuliers des Français et des sauvages que tous le regardaient comme un père, et qu'au milieu des contestations qu’il eut à régler il ne s’éleva jamais le moindre doute sur la droiture de ses intenliuns. » (Ferland.)

Son énergie, sa persévérance assuraient à la France la possession de la magnifique vallée du Saint-Laurent; ses découvertes depuis Québec jusqu'aux grands lacs le mettaient au rang des plus illustres pionniers du nouveau monde ; sa prévoyance et son activité sauvegardaient l'avenir de la colonie qu'il avait créée et qui allait se développer sous ses successeurs. Ilavait bien mérité de la Patrie, et son souvenir est resté cher aux Canadiens français.

Luttes en Acadie.

Au moment où Québec affamé tombait au pouvoir des Anglais, d’autres événements se passaient en Acadie, où les deux nations étaient également aux prises, et le récit que nous en ont laissé les auteurs contemporains donne une étrange idée des désordres qui se produisaient dans ces contrées lointaines, où les colons, se considérant comme à peu près dégagés de tous liens envers leur pays d’origine, poursuivaient pour leur compte personnel des luttes qui rappellent celles des seigneurs au moyen àge.

Au mois d'avril 1629, Le capitaine Daniel, de Dieppe, quittait cette ville, sous le congé du cardinal de Richelieu, et suivant le commandement des directeurs de la Compagnie, pour aller avec deux navires secourir et avictuailler le sieur de Champlain et les Francais qui étaient à l’habitation de Québec. En route, il apprenait que la paix était signée avec l'Angleterre, mais qu'un Écossais, Jacques Stuart, s'était néanmoins emparé du fort de Port-Royal, élevé par Poutrincourt sur la côte d’Acadie, en avait construit un autre au port aux Baleines, dans l’île du Cap-Breton, et prétendait avoir commission du roi de la Grande-Bretagne pour interdire aux Français la pêche dans ces mers et confisquer les navires qui les fréquenteraient sans son aveu.

Le capitaine Daniel jugea qu'il était c'e son devoir d'empêcher que cet individu continuat d'occuper un

pay de :

l’un au le fc forc enn pré bla dés:

par nati ce q dans pièce dixit libet men un à de q pris à lil Re com lieut baie Mich nier ( la m vilèg dans Misc cent barq pitai sion vaiss ports

voir Aca- 1ses, teinui se lons, tous pour elles

'PPe; | de

eurs

ourir neais l aperre, oins

‘ourt port

ndait pour con-

son

voir ‘7 un

pays appartenant à la France; il arma cinquante-trois de ses matelots, les munit d’échelles et se dirigea vers l’un des postes occupés par l'ennemi. Étant arrivé au port aux Baleines, il fit avancer ses hommes vers le fort, qu'ils attaquèrent par divers endroits, avec force grenades, pots à feu, et autres artifices. Les ennemis, se voyant pressés, prirent l’épouvante et se présentèrent aussitôt sur leur rempart, avec un drapeau blanc en la main, demandant quartier. Daniel les fit désarmer et remplaça les étendards du roi d'Angleterre par ceux de France. Il trouva dans le fort un français, natif de Brest, qui y était retenu prisonnier jusqu’à ce que son capitaine, arrivé deux jours auparavant dans un port distant de deux lieues, eût apporté une pièce de canon qu'il avait en son navire et payé le dixième de ce qu'il pêcherait. Cet homme remis en liberté, le capitaine fit raser le fort dont l’emplacement lui paraissait défectueux, et alla en construire un autre à quelque distance. Il y laissa une garnison de quarante soldats et repassa en Europe avec ses prisonniers. En 1631, il retournait pour la Compagnie à l’île du Cap-Breton.

Retenu au fort Sainte-Anne pour juger un meurtre commis par le commandant sur la personne de son lieutenant, il envoya son navire à Miscou, près de la baie des Chaleurs, afin d’y commercer avec lessauvages. Michel Gallois, de Dieppe, commandait à bord. Ce dernier eut alors avec des pêcheurs un différend qui donne la mesure de la manière dont étaient respectés les privilèges accordés par le roi pour la traite et la pêche dans ces lointains parages. « Michel Gallois, arrivé à Miscou, trouva deux vaisseaux basques, l'un de deux cent cinquante, l’autre de trois cents tonneaux, et une barque de trente-cinq tonneaux où commandait le capitaine du May, lequel dit à Gallois qu'ilavait commission de Me le Cardinal de faire la traite, visiter les vaisseaux qui allaient faire la pèche et reconnaitre Les ports et havres de ces lieux, pour lui en faire son rup-

port. I donna avis audit Gallois que les deux vaisseaux basques n'avaient aucun congé ni commission, et que s'il le voulait assister en cette affaire ils les iraient sommer de leur montrer leurs passeports. Gallois y consentant, ils furent de compagnie à bord de l’un des deux navires, dont le maître leur montra sa commission en très bonne forme. Cela fait, ils furent à l’autre, où ils ne trouvèrent que le capitaine, nommé Jean Arnandel, de Saint-Jean-de-Luz, avec un petit garçon, ses gens étant alors tous à terre et à la pêche. Ils demandèrent son congé, mais il n'avait garde de le leur montrer, car 1l n’en avait pas. Sa réponse fut que les congés n'étaient nécessaires que pour procurer de l'argent à ceux qui les délivrent, et que pour lui il n'avait point accoutumé d’en prendre. Du May lui fit réponse qu'il ne devait point ignorer les ordonnances de France, notamment celles de l’Amirauté qui déclarent pirates et voleurs ceux qui vont en mer sans congé ou passeport, et que le trouvant ainsi et ne le pouvant juger autre que forban, il arrêtait sa personne et son vaisseau pour l’amener en France et l’y faire juger de bonne prise ; à quoi le dit Arnandel ne se pouvant opposer supplia du May de lui laisser achever sa pêche en le retenant prisonnier pour otage ; la pêche étant faite il y aurait moins de dommages si la prise était déclarée injuste et plus de prolitsielle était bonne ; ce qui fut accordé par du May, lequel aussitôt se saisit de toutes les armes et munitions du vaisseau, qu'il fit porter à son bord avec ledit Arnandel. Cela fait, du May et Gallois retournent au vaisseau avec quelques-uns de leurs hommes, et, de là, appellent les gens de l'équipage qui étaient à terre, pour les avertir de la convention faite avec leur capitaine; à quoi un de ces Basques fit réponse que la prise et détention de leur capitaine n’était pas grand'ehose,et qu'ils pouvaient faire un autre capitaine d’un petit garçon de leur vaisseau. Du May le voulant reprendre et remontrer le tort qu'il avait as parler si désavantageusement de

son che en fou, gionen piques armes :

du May avec qu il tit pr comme content encore bord, il capitain de cesse libre, se était ga; ques-un.

desquels rentré d taine et sistance emprunt sur led canon et toutes sd mais en de Gallo Ce que v pas des verent pi Cham] qu'elle f Ces mêi SALvages par le … boire, « facile er élait pro

, à né tit he.

le que de a fit ces elaans e le nne ire > se Ver che rise ne ; se ‘au, ela Avec les rtir iun 1 de ient leur trer V de

son chef, ce Basque et ses compagnons se mettent tous en fougue, et comme ils ont la tête près du bonnet, signent le bas du vaisseau, se saisissent de quelques piques et mousquets qui y étaient restés, et avec ces armes se défendent et attaquent si courageusement du May et ses gens qu'ils le contraignent de se retirer, avec quelques-uns des siens qui furent blessés, lesquels il fit promptement embarquer dans sa chaloupe. Et comme ces gens avaient déjà la tête échauffée, ne se contentant de ce qu'ils avaient fait, ils poursuivirent encore ledit du May jusqu’à ce qu’étant retiré à son bord, il fut contraint de faire monter sur le tillac le capitaine Arnandel afin qu’il commandât à ses gens de cesser leurs violences. Mais le capitaine, se voyant libre, se jeta promptement à l’eau et tout vêtu qu'il était gagna à la nage une chaloupe où étaient quelques-uns des siens ; et ainsi se sauva de ses ennemis, desquels 1l eut tôt après une bonne raison, car étant rentré dans son navire, il commença à parler en capitaine et non pas en prisonnier, et par la faveur et àassistance de l’autre vaisseau basque, duquel il envoya emprunter de la poudre et des armes, il vint fondre sur ledit du May, lui tira deux ou trois coups de canon et lui commanda de lui renvoyer non seulement toutes ses armes et munitions qu'il lui avait prises, mais encore celles qui étaient en son vaisseau et celui de Gallois ; autrement qu’il s’en allait les couler à fond Ce que voyant, ils furent contraints de ce faire, n’avänt pas des forces pour résister, de façon qu'ils se trouverent pris par celui qu’ils venaient de prendre. » Champlain, qui raconte cette mésaventure, ajoute qu'elle fut suivie d’une autre, causée par la malice de ces mêmes Basques, lesquels persuadèrent aux sauvages que les français voulaient les empoisonner par le moyen de l’eau-de-vie qu’ils leur donnaient à boire, « et comme ces peuples barbares sont d'assez facile croyance, ils se jetèrent sur une chaloupe qui élait proche de terre pour traiter avec eux, là rava-

gorent et pillèrent ce qui était dedans. » Les Français ainsi maltraités des Basques et des sauvages se virent contraints de revenir avec le vaisseau du capitaine Gallois au fort Sainte-Anne.

Ainsi qu'il à été indiqué dans un chapitre précédent, Poutrincourt, cessionnaire du privilège de M. de Monts pour l’Acadie, avait amené à Port-Royal une colonie dont faisaient partie Lescarbot, Champlain, Dupont Gravé et d’autres hardis pionniers, mais elle avait été détruite par l'acte de piraterie de Samuel Argall. Les habitants s'étaient alors réfugiés dans les bois. Apres le départ des Anglais, plusieurs revinrent, édifièrent des cabanes de troncs d'arbres et continuèrent à vivre de chasse et de pêche avec les sauvages voisins dont ils partageaient l'existence. Le fils de Poutrincourt, le sieur de Biencourt, l'avait, à sa mort, remplacé à Port-Royal, où l’entourait un singulier mélange de traitants, de pêcheurs, de soldats, d'artisans et de cultivateurs qui venaient chercher fortune et aventures dans ce nouvel établissement. Les Anglais, de leur côté, trouvant la pêche lucrative dans ces mers, songeaient à s’y installer,

La Compagnie des cent associés, constituée par Richelieu, avait recu, dans son acte d'établissement, un immense territoire comprenant la Nouvelle-France dite Canada, depuis la Floride, «en rangeant les côtes de la mer jusqu'au cercle arctique pour latitude, et de longitude depuis l’île de Terre-Neuve tirant à l'ouesl jusqu'au grand lac dit la mer Douce et au delà ». Les îles de Terre-Neuve, du Cap-Breton, de Saint-Jean, ainsi que l’Acadie étaient comprises dans cette concession. De leur côté les Anglais invoquaient un acte de 4506, signé par le roi Jacques ['‘", trois ans après les lettres-patentes délivrées par Henri IV ausieur de Monts, etaccordant à sir Thomas Gates, la Virginie et « autres territoires de l'Amérique entre le 34° et le 45° degres de latitude septentrionale, ainsi que les îles contenues dans un espace de cent milles de la côte desdits

puivs, )) Hume ”r de Nouy Suint-Jei Hiuls, € COMIss intligeal Cal il Y toutes Le point à chrétien.

au OI:

où M. de Port-Ro; En alt diflérent et d'An:r contestal mivre de fonde: Le eXUCÉCS € les deux Ancériqu quelles n naturelle gleterre La pr pour cré résultat :

n'osèrent tilité des année, €!

lieutenarl droits su L'histo portante SUs périp est abso

"ancais virenl pitaine

cédent, > Monts colonie Dupont val été all. Les . Apres ificrent à vivre is dont ourt, le placé à nge de de culentures le leur

mers,

6e par sement, France es CÔLES e, et de l'ouest ù». Les 1t-Jean, te conacte de res les Monts, autres degrés ntenucs

desdits

pays. » En 1621, sir William Alexander 6btenait du meme roi l'octroi d’un territoire qui, sous le nom de Nouvelle-Écosse, comprenait lAcadie, les iles Saint-Jean et du Cap-Breton, ainsi que la Gaspésie ; mais, comme le faisait remarquer Champlain, les commissions sur lesquelles les Anglais s'appuyaient infligeaient elles-mêmes un démenti à leur prétention, car tt y élait dit expressément: « Nous leur donnons Loutes Les terres jusqu’au 45° degré lesquelles ne sont point actuellement possédées par aucun prince chrétien, » Or, à cette date, le roi de France possédait au moins jusqu'au 40° degré de latitude lesdites terres, où M. de Monts gouvernait en son nom et avait fondé Port-Royal.

En attribuant les mèmes contrées, sous deux noms différents, à leurs sujets respectifs, les rois de France et d'Ansieterre fournissaient à l'avance un prétexte à contestation entre leurs colonies ; mais la cause premicre de ces longues luttes est plus grave et plus profonde : Les délimitations de territoires eussent-elles été exactes dans les actes royaux, il élait impossible que les deux peuples demeurassent longtemps voisins en Amérique sans se quereller, et toutes les luttes auxquelles nous allons assister ne sont qu'une conséquence naturelle, un épisode de la rivalité constante de l’Angleterre et de là France.

La premicre tentative de sir William Alexander pour créer un établissement dans l’Acadie resta sans résultat ; quelques colons qu'il ÿ envoyait en 162: n'osèrent pas mème débarquer en pr'sence de l'hostilité des sauvages dirigés par Biencourt. La mème année, ce dernier mourait ct était remplacé par son lieutenant, Charles de La Tour, à qui il avait légué ses droits sur Port-Royal.

L'histoire des La Tour, qui occupent une place importante dans les débuts de fa colonie, constitue dans ses péripéties un véritable rame, dont le dénouement st absolument tmprévr, Claude Tursis de Suint-

Étienne, sieur de La Tour, avait quitté Paris avec son fils Charles, àgé de quatorze ans, pour suivre Poutrincourt dans son entreprise à la côte d’Acadie. Lorsque l'établissement fut saccagé par Argall, les La Tour se réfugièrent avec Biencourt au milieu des sauvages, pour revenir à Port-Royal après le départ des ennemis. A là mort de Biencourt, ils passèrent quatre années au cüp de Sable, dans le fort Saint-Louis. Les Anglais ayant alors formé le dessein de chasser les Français de cette côte pour bénéficier seuls de la pêche et de la traite des pelleteries, Charles de La Tour adressa au rai Louis XIII une lettre dans laquelle il lui demandait sa nomination Comme commandant de l’Acadie, où il espérait, avec le concours de quelques Français restés ses compagnons et des sauvages qui lui étaient attachés, se défendre victorieusement et garder le pays à la France. Cette lettre fut confiée pur Charles de La Tour à son père Claude ; celui-ci partit pour la remettre au Roi, mais il fut pris en route par la flotte des Kertk qui venaient assiéger Québec. Conduit en Angleterre, Claude de La Tour, qui était huguenot, trouva bientôl à Londres, parmi ceux de sa religion, des amis qui le poussèrent à trahir son pays; il épousa une dame d'honneur de la Reine, fut fait baronnet de la Nouvelle- Écosse, et le même titre lui fut accordé pour son ils. En outre, sir William Alexander leur cédait tous ses titres aux terres d’Acadie, ne se réservant que le fort de Port-Royal et le droit de seigneurie. Enfin deux vaisseaux étaient mis à la disposition de Claude de La Tour pour le conduire avec sa femme dans ses nouvelles possessions.

« Arrivé à la vue du cap de Sable il se fit débarquer, il alla seul trouver son fils auquel il fit un exposé magnitique de son crédit à la cour de Londres, et des avantages qu’il avait lieu de s’en promettre. Il ajouta qu'il ne tenait qu’à lui de s’en procurer d’aussi considérables, qu'il lui apportait le Collier de la Jarrelivre et qu'il avait pouvoir de le confirmer dans son gouver-

neme (anni choqi qu'il | place l'OÏ SO estim d'Ang d’une laquel d'où i les ph ne pr était C pu ob barque se rep et qu'i contra furent HICSSES tion, el manda le gl moindi de ses S'opini La To n'osait France recouri luifit r lôte su volonti à lui, reste il quer dé fallut s

ec son putrin-

Orsque our :v s, pour is. À là au Ci) s avülil le celle a traite au roi nanduit e,oùil s restes nt altoays à li La Tour ettre au S Kertk “Leterre, ientôl à s qui le ne dame ouvelleson fils.

tous ses e le fort fin deux le de La SeS HOU-

t débarn Exposé s, et des l ajouta si CONSIarrelitre 1 gOUVUT-

LUTTES EN ACADIE, 145 nement s'il voulait se déclarer pour Sa Majesté Brilannique. Le jeune commandant, également surpris et choqué de ce discours, déclara nettement à son père qu'il s'était abusé S'il l'avait cru capable de livrer sa place aux ennemis de l'État, qu'il la conserverait au roi son maitre tant qu'il aurait un souffle de vie, qu'il estimait beaucoup l'honneur que lui voulait faire le roi d'Angleterre, mais qu'il ne l’achèterait pas au prix d’une trahison. Le père, ayant reçu cette réponse à laquelle il ne s'était pas attendu, retourna à son bord, d'où il écrivit le lendemain à son fils dans les termes les plus tendres et Les plus pressants, mais cette lettre ne produisit encore rien. Enfin il lui fit dire qu'il était en état d’emporter par la force ce qu'il n'avait pu obtenir par ses prières, que quand il aurait débarqué ses troupes il ne serait plus temps pour lui de se repentir d’avoir rejeté les avantages qu'il lui offrait, et qu'il lui conseillait, comme son père, de ne pas le contraindre à le traiter en ennemi. Ces menaces furent aussi inutiles que les sollicitations et les promesses. La Tour, le père, en voulut venir à l’exécution, et les Anglais ayant fait leurs approches le commandant se défendit si bien qu’au bout de deux jours le général anglais, qui n'avait pas compté sur la moindre résistance et qui avait déjà perdu plusieurs de ses meilleurs soldats, ne jugea point à propos de s'opiniätrer davantage à ce siège. Il le déclara à La Tour le père, qui se trouva fort embarrassé. Il n'osait retourner en Angleterre, beaucoup moins en lrance, et le seul parti qui lui restait à prendre était de recourir à la clémence de son fils. Le jeune homme lui fit réponse qu'il ne voulait pas l’exposer à porter sa tôte sur un échafaud en Angleterre, qu’il lui donnerait volontiers un asile, mais qu'il ne pouvait permettre ni à lui, ni à sa femme d'entrer dans son fort, qu’au reste il leur engageait sa parole de ne les laisser manquer de rien. La condition parut un peu dure, mais il fallut s’y soumettre. La Tour fit construire à son père

Page 1