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dévoué aux Français, Anahontaha, venaient de Montréa! rejoindre ces braves, dont la hardiesse les avait enthousiasmés ; quatre Algonquins les accompagnaient. Le lendemain de leur arrivée, quelques-uns de ces alliés, envoyés à la découverte sur la rivière, voyaient descendre deux canots conduits par des éclaireurs ennomis,; ils précédaient une troupe de trois cents guerriers. Prévenu de leur approche, Dollard alla se poster à l'endroit où ces hommes devaient débarquer; une décharge meurtrière en tuait plusieurs ; les autres s'enfuyaient dans les bois et allaient donner l’alarme au corps qui les suivait : 11 y avait un parti de Francais et de sauvages au petit fort ! Les Iroquois en conclurent que c'était un convoi se rendant au pays des Hurons, et certains d’en venir aisément à bout, ils se dirigèrent vers le réduit.
Les Français s'employaient pendant ce temps à se fortifier de leur mieux; ils renforcèrent avec des branches d'arbres les pieux de l’enceinte, entassèrent de la terre et des pierres jusqu’à hauteur d’homme dans les interstices, et établirent des meurtrières de distance en distance. Des hurlements épouvantables, accompagnés de décharges de coups de fusil interrompaient bientôt cette besogne, et le corps ennemi se ruait à l’assaut; mais à chaque meurtrière étaient postés trois tireurs qui dirigeaient sur les assaillants un feu continuel et en atteignaient un grand nombre. Les autres, saisis de frayeur en voyant tomber tous ces braves, se retiruient en désnrdre.
Les assiégés n'avaient pas perdu un seul homme dans cette première attaque. Mais les Iroquois, malgré l'échec qu'ils venaient d’éprouver, étaient trop nombreux pour accepter leur défaite, et ils revinrent plusieurs fois à la charge. Les Français et leurs alliés, animés de la plus ardente émulation, les repoussèrent encore et abattirent tous ceux qui se trouvèrent à portée de leurs coups.
Pour mettre le comble à la fureur de ces sauvages,
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des Hurons, franchissant la palissade, allaient. au milieu du feu couper la tête d’un chef qu’une balle avait tué et la plantaient sur un des pieux de l’enceinte. Des cris forcenés répondaient à cette dernière insulte, les canots des assiégés restés sur la berge étaient brisés et transformés en torches pour mettre le feu au retranchement, mais les décharges des Français étaient si fréquentes que les ennemis, malgré leur furie, ne pouvaient en approcher.
Renonçant alors ? enlever le fort tant que toutes leurs forces ne seraient pas réunies, les assiégeants envoyèrent demander du secours à l’autre bande de cinq cents Agniers et Onnontagués qui les attendaient aux îles de Richelieu pour fondre sur la colonie, et à couvert derrière les arbres de la forêt, ils se contentèrent de bloquer la petite troupe sur laquelle ils espéraient prendre bientôt une éclatante revanche. Plusieurs jours s’écoulèrent ainsi, amenant pour les assiégés les plus cruelles souffrances; le froid, la faim, la soif, l’insomnie les accablaient ; pendant les courts instants de repos qu'ils pouvaient prendre à tour de rôle, ils se couchaient sur la terre glacée, exposés aux balles des adversaires embusqués qui ne cessaient de tirer sur l’enceinte. Ils n'avaient pour se soutenir qu’un peu de farine, qu’à défaut de boisson ils avalaient sèche ; en creusant le sol, ils trouverent un petit filet d’eau bourbeuse bien insuffisant pour les désaltérer ; plusieurs se risquèrent à passer par-dessus les pieux et à courir jusqu’à la rivière sous le feu des ennemis pour y remplir les quelques vases qui leur restaient. Puis les munitions vinrent à manquer aux Ilurons qui ne les avaient pas suffisamment ménagées, et il fallut partager avec eux ce qui restait de poudre et de plomb.
Enfin ces versatiles alliés, lassés d’une résistance aussi longue, affaiblis sans doute par les privations et gagnés par la crainte de la mort, finirent par céder aux invitations des Iroquois qui leur criaient de les
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