I. — La NOUVELLE-FRANCE
qu'ayant marché toute la nuit, à l'approche de la première bourgade, trouvèrent les cabanes vides et abandonnées. Il en fut de même à la seconde; les fuyards, réfugiés dans les bois et sur les collines, poussaient des huées et tiraient des coups de feu hors de portée. Ils assistèrent ainsi au pillage et à l'incendie de leurs villages, qui furent complètement détruits.
On pensait en avoir fini avec les repaires de ces bêtes féroces, mais une Algonquine qui accompagnait l'expédition, et qui avait autrefois été prisonnière des Agniers, informa M. de Courcelles qu'il existait encore deux autres groupes de cabanes un peu plus loin dans la forêt. On y courut aussitôt; le premier était abandonné; on y trouva les corps de deux ou trois prisonniers algonquins à demi brûlés par les ennemis avant leur fuite. Au dernier bourg, les assaïllants découvrirent un véritable fort de pieux, entouré d’une triple palissade, flanqué de quatre bastions et rempli de vivres. Les Agniers avaient un instant songé à s'y enfermer et à opposer aux envahisseurs une résistance
désespérée, mais le bruit des tambours battant la.
charge, l’apparition des troupes en masse les avaient terrifiés et déterminés à prendre honteusement la fuite, « leur déroute les couvrant de la dernitre des humiliations. »
Les quatre bourgades ainsi que les provisions qu'elles renfermaient détruites par le feu, les troupes ravagèrent la campagne aux alentours, afin d’inspirer aux ennemis une crainte salutaire, en leur démontrant qu'ils pourraient être atteints au cœur même de leurs forêts.
La famine acheva l’œuvre commencée; il mourul chez les Agniers, pendant l'hiver, plus de quatre cents âmes, et « ceux qui vécurent étaient errants çà et là, pour mendier des vivres dans les cantons voisins. A la fin de la compagne, le Bâtard flamand fut renvoyé et arriva chez lui où il trouva une désolation entière. Les Agniers s'imaginaient avoir toujours les Français aux
aval A flits.
des :
néce l'aut Et l'agr nes’ loint celle sions CHE celle C* rapic de la Au le vo prése pus d voie insta Les
le la preet abanfuyards, Jussaient e portée.
de leurs
es de ces mpagnait nière des it encore loin dans ait abanis prisonmis avant découvriane triple rempli de ngé à Sy ésistance pattant la.
:s avaient ement la nivre des
rovisions s troupes
inspirer montrant e de leurs
il mourul atre cents
cà et là, sins. À la envoyé et tière. Les nÇçais aux
environs de leurs villages ; ils le pressèrent de retourner sur ses pas et de demander avec instance la paix. » (Perrot.) Celle-ci fut conclue en effet au grand avantage de la colonie qui, débarrassée des ravages causés par des bandes iroquoises, allait enfin vivre et progresser paisiblement. M. de Tracy, sa mission remplie, pouvait retourner en France accompagné des bénédictions des habitants dont il avait assuré la tranquillité, ct du respect des sauvages à qui il avait infligé la plus dure leçon.
Pendant que le vice-roi préparait et menait à bien la campagne contre les Agniers, l’intendant Talon, de son côté, travaillait avec un succès remarquable au développement de Ta colonie. Les instructions qu'il avait reçues de Colbert se résumaient en ces termes :
Au point de vue religieux, éviter de nouveaux conlits, agir avec circonspection à l'égard du clergé et des missionnaires, en prenant néanmoins les mesures nécessaires pour rétablir peu à peu dans son intégrité l'autorité royale ;
En ce qui concernait la colonisation, favoriser l'agriculture, fixer au sol les habitants trop disposés à ne s'occuper que de la traite des pelleteries et de courses lointaines, développer l’industrie, particulièrement celle des mines, et fortifier la colonie contre les incursions toujours possibles des sauvages en créant des agglomérations dont la défense serait plus facile que celle de maisons dispersées.
C'était là, en effet, le grand obstacle à des progrès rapides, mais il tenait à plusieurs causes indépendantes de la volonté des gouverneurs.
Au début, les colons étaient restés à Québec et dans le voisinage; mais peu à peu les nouveaux venus, en présence d’un pays couvert de forêts, où il n'existait pas de routes, avaient remonté le Saint-Laurent, seule voie de communication possible avec Québec, et installé leurs pénates le long du fleuve.
Les débuts étaient rudes : « Quand une famille com-
mé om
æ Se
mence ainsi une habitation, nous ditun contemporain, il lui faut deux ou trois ans avant d’avoir de quoi se nourrir, sans parler du vêtement, des meubles et d’une infinité de petites choses nécessaires. Mais ces premières difficultés passées, ils sont plus à leur aise, et s'ils ont de la conduite ils deviennent riches avec le temps. Au début, ils vivent de leurs grains, de leurs légumes et de leur chasse qui est abondante en hiver. Pour le vêtement et les autres ustensiles, ils font des planches pour couvrir les maisons, et débitent des bois de charpente qu’ils vendent bien cher. Avant ainsi le nécessaire, ils commencent à faire trafic et de la sorte ils s'avancent peu à peu. » (M. de l’Incarnation.)
Le fleuve et la forêt fournissaient aux colons des
ressources précieuses pour leur nourriture; de Québec aux Trois-Rivières ils pêchaient une quantité surprenante de grosses anguilles, que l’on salait pour les conserver dans des barriques comme provision d'hiver. Dans les bois, vers les mois de mai et de juin, des multitudes de ramiers, appelés tourtes, arrivaient en troupes telles qu’elles obscurcissaient l'air; il était alors facile d’en abattre une douzaine d’un cour de fusil, d'autant plus aisément que, s’il y avait quelque branche sèche à un arbre, c'était celle-là que ces oiseaux choisissaient de préférence pour y percher. On en prenait aussi que l’on gardait vivants jusqu'aux premières gelées; on leur coupait alors la gorge et ils étaient empilés dans un grenier où le froid les conservait jusqu'au moment où l’on en tirait parti comme nourriture. Leur nombre était si considérable certaines années que « l’évêque était obligé de Les excommunier, par le dommage qu'ils ‘aisaient aux biens de la terre. » (La Hontan.)
La dispersion des colons était une cause de faiblesse si évidente que Colbert, dans ses instructions à Talon, lui disait : « L'une des choses qui a apporté le plus d'obstacles à la peuplade du Canada, a été que les habitants ont fondé leurs habitations où il leur a plu;
eff au l'un en mt ain le }
un( On pla les réu la 1 sol la 1 Or cou fer
disf acc o pen:
Les étaid ces Ces Y
falla
emporain, de quoi se eubles et . Mais ces , leur aise, 1es avec le , de leurs en hiver.
ls font des ‘bitent des her. Ayant afic et de la carnation.) colons des de Québec ité surpret pour Îles on d'hiver.
n, des mulivaient en ir; il était in coup de ait quelque à que ces sercher. On ÿ jusqu'aux gorge et ils les conserarti comme le certaines ommunier, iens de là
de faiblesse bns à Talon, brté le plus été que Îles leur a plu:
PAS EST SRE NEscét one ds.
LS
ann ed GDS MR SÉRIE
M. none its
sans avoir eu la précaution de les joindre les unes aux autres pour s'aider et s'entre-secourir. Pour cette raison le roi fit rendre, il y a deux ans, un arrêt de son conseil, par lequel il fut ordonné que dorénavant il ne serait plus fait de défrichement que de proche en proche, et que l’on réduirait les habitations en la forme de nos peroisses, autant que cela serait possible. »
Cet arrèt, constatait le ministre, était demeuré sans effet, et il invitait l’intendant à trouver un remède au mal; mais ies règlements ne prévalurent pas contre l'intérêt qui portait les colons à s'établir dans les endroits où les défrichements étaient faciles, les communications par le fleuve assurées, et où la chasse ainsi que le commerce des pelleteries pouvaient être le plus productifs.
Il y avait encore, semble-t-il, de cet éparpillement une autre raison qui tenait à d'anciennes coutumes. On a bien souvent constaté que dans nos pays de plaines, comme l'Ile de France, la Champagne et les départements du Nord, les populations sont réunies en groupes compacts autour de l’église et de la mairie, tandis qu’au contraire dans les contrées au sol granitique, comme l’ouest de la France et surtout la Bretagne, la tendance à l'isolement est manifeste. Or les premiers colons transportés au Canada étaient des Bretons et des Normands; ils y apportaient leurs coutumes et, comme au vieux pays, ils bâtissaient la ferme au milieu de leurs champs.
La division de la propriété contribuait aussi à cette dispersion des familles. Les concessions ou seigneuries accordées par le roi aux personnes qu’il voulait récompenser avaient souvent de deux à dix lieues carrées. Les officiers ou fonctionnaires titulaires de ces fiefs étaient hors d’état, par la médiocrité de leurs ressources ou leur peu d'aptitude, de mettre en culture ces vastes étendues de terrains couverts de bois, qu'il fallait défricher au prix d’un dur labeur ; ils les par-
tageaient entre des soldats vétérans ou d’autres émigrants qui s'engageaient à leur payer une redevance perpétuelle. Chacun de ces vassaux recevait ordinairement quatre-vingt-dix arpents de terre, et payait annuellement un ou deux sous par arpent; il: était tenu de porter son blé au moulin du seigneur, qui retenait pour droit de mouture la quatorzième partie de la farine, de payer un douzième pour les lods et ventes, de fournir chaque année une corvée d’un jour de travail qu'il pouvait racheter pour quarante sous, et d'entretenir les chemins de communication.
En érigeant ces fiefs et en les concédant à d'anciens ofliciers avec lesquels des hommes ayant servi sous leurs ordres restaient comme vassaux, le ministre suivait un conseil judicieux de Talon qui, préoccupt de la défense de la colonie, estimait que le meilleur moyen d'y pourvoir était d’y retenir comme habitants le plus grand nombre possible d'anciens soldats,
« Cette manière de donner un pays nouvellement conquis, écrivait-il le 24 janvier 1667, répond à l’u: age, autrefois reçu chez les Romains, de distribuer aux gens de guerre les champs des provinces subjuguées, et la pratique de ce peuple politique ct guerrier peut, à mon sentiment, être judicieusement introduite dans un pays éloigné de mille lieues, qui, à cause de cet éloignement, peut souvent être réduit à la nécessité de se soutenir par ses propres forces. Eile me paraît d'autant plus à estimer qu'un jour elle procurera au roi un corps de vieilles troupes, capables de conserver cet État naissant du Canada contre les incursions des sauvages. »
C'est dans ce but, et pour créer autant de centres de résistance et de colonisation, que furent concédés, le long du Saint-Laurent, denombreux fiefs à des officiers, avec l'obligation de s’y établir et d’y attirer les soldats licenciés ayant servi sous leurs ordres. Ces fiefs devinrent autant de paroisses, qui conservèrent les noms
de leurs seigneurs, comme celles de Sorel, de Chambly,
M LS V7 OLA SES
RS
| d’autres une redeix recevüil e terre, el *arpent; il:
u seigneur, uatorzième 1e pour le:
corvée d'un ir quarante nunication.
à d'anciens | servi sous le ministre , préoccupt le meilleur Le habitants dats.
ouvellement répond à e distribuer vinces subolitique et icieusement eues, qui, à tre réduit à forces. Eile bur elle procapables de bntre les in-
e centres de oncédés, le des officiers, r les soldais S fiefs devint les noms
e Chambly,
OR EAU UT ot EL EPL RER
vi ne Bdasétil SDON PE Con CAT
HR os cire St
de Berthier, de Saint-Ours, de Contrecæur, de Verchère, de Varennes, de Boucherville, de Longueil.
Gràce aux encouragements de Talon, les colons s’adonnèrent, outre la culture des céréales, à celle du lin et duchanvre; des mines de charbon, de fer, de plomb et de cuivre furent découvertes; des bois et des planches fournirent des chargements aux navires retournant en France, la pêche côtière était encouragée et des expéditions de morue verte et sèche, de saumon salé, d’anguilles avaient lieu pour la Martinique et Saint-Domingue. Talon, donnant l'exemple, procédait au défrichement de trois seigneuries, créait à Québec une tannerie et une brasserie, et faisait venir de France des bestiaux, des juments et des étalons qui étaient distribués aux propriétaires les plus méritants. Afin de s'assurer par lui-même si les colons n'avaient pas de réclamations à formuler ou des secours à solliciter, il visitait, de ferme en ferme, les familles même les plus pauvres, s'informant si tous étaient traités avec justice et si une assistance quelconque leur était nécessaire.
Enfin, dans le but de préparer l'extension de la colonie et la prépondérance de la France dans cette partie du monde, Talon, d'accord avec M. de Courcelles, envoyait des expéditions vers le nord à la baie d'Hudson, et dans l’ouest aux grands lacs de l'inicrieur.
RE
sl ve DR RL TR ner
Voyage à la baie d'Hudson.
Les territoires au nord du fleuve Saint-Laurent étaient parcourus par diverses tribus de la famille algonquine, qui vivaient de leur chasse et apportaient à Tadoussac les peaux des animaux tués, Il y avait intérêt pour la colonie à reconnaitre toute cette contrée jusqu’à la baie d'Hudson, dans laquelle un Français, Jean Bourdon, avait déjà pénétré en 1656 avec un petit bâtiment de trente tonneaux. On savait en outre que des navires anglais y avaient fait leur apparition.
Les sauvages voisins du lac Némiscau étant venus demander un missionnaire, l’occasion parut propice et une petite troupe partit de Québec au mois d'août 1671 pour se rendre à la baie. Elle était composée de M. Denys de Saint-Simon. gentilhomme canadien, d’un autre Français nommé Couture et du père Albanel, jésuite, ancien missionnaire à Tadoussac. Les trois explorateurs remontèrent la rivière de Saguenay jusqu’au lac Saint-Jean, où ils furent obligés d'hiverner. Ils en repartaient avec seize sauvages Île 4 juin 1672, et, après avoir franchi les hauteurs séparant les deux bassins de la baie d'Hudson et du Saint-Laurent, ils arrivaient chez les Mistassins, sur les bords du grand lac du même nom.
Après avoir engagé ces sauvages à ne plus traiter avec les Anglais et à porter leurs pelleteries comme autrefois au lac Saint-Jean où ils trouveraient toujours des marchandises en échange et un missionnaire pour
eu: One Site irc ET ue ee
La SA NT
DRE EN ASS vs EPS
-Laurent , famille portaient L y avait e contrée Francais, > un petit utre que ion, nt venus propice au mois ait com- Ihomme re et du oussac.
ce de Saobligés vages le auteurs n et du ins, sur
s traiter
comme ouJours re pour