‹ La Nouvelle-France [microforme]Chapitre 5 sur 88 · ARR · texte numérisé non relu

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de sûreté, entourèrent alors le fort de fossés larges et profonds avec porte à pont-levis ; la paix fut cependant bientôt rétablie.

De la mi-novembre au 18 avril les navires furent continuellement enfermés dans les glaces, dont l'épaisseur dépassait deux brasses ; sur la terre il y avait quatre pieds de neige; à l’intérieur des bâtiments les breuvages étaient gelés dans les futailles et une épaisseur de quatre doigts de glace recouvrait les parois du bord. Au mois de décembre la mortalité se mit dans la population du voisinage, et plus de cinquante indigènes succombèrent en quelques jours; défense fut faite aux autres de venir au fort ou aux alentours.

Malgré cette précaution les équipages furent atteints; les malades perdaient rapidement leurs forces, leurs jambes enflaient, leurs nerfs se retiraient et devenaient noirs comme du charbon; des taches de sang apparaissaient à la peau; l'infection gagnait les hanches, les cuisses, les épaules et les bras; les gencives pourrissaient et tombaient avec les dents. A la mi-février, sur cent dix hommes il n’y en avait pas trois capables de secourir les autres; vingt-cinq étaient morts, plus de quarante se trouvaient dans un état désespéré, tous avaient à peu près perdu l'espérance de retourner au pays natal lorsque le hasard leur fit découvrir un remède merveilleux.

Un jour, le capitaine, sorti du fort, aperçut une bande de gens de Stadaconé ; un des sauvages qui se trouvait parmi eux avait été atteint quelque temps auparavant de la même affection que les équipages et il paraissait guéri. Interrogé, 11 répondit qu'il avait bu le jus des feuilles d’un arbre dont il envoya par des femmes chercher quelques rameaux. Cartier fit prendre de cette infusion aux maïades dont la guérison fut complète en moins de huit jours.

C'était le scorbut qui avait si crueliement éprouvé l'expédition dont la nourriture, à défaut de viande

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Au retour de la belle saison, la Petite-Hermine était abandonnée sur place par suite de l'affaiblissement des équipages, et Cartier, répartissant ce qui lui restait d'hommes sur la Grande-Hermine et l'Émerillon, commencait à descendre le Saint-Laurent. Il emmenait pour les présenter au roi, quelques sauvages qui ne survécurent que peu de temps à cette exhibition. |

Les deux navires rentraient au port de Saint-Malo le 16 juillet 1536, deux mois après leur départ d havre de Sainte-Croix. ; à

En 1843, sur les indications de quelques chasseurs les restes de la Petite-Hermine ont été retrouvés dans la rivière de Saint-Charles, à l’endroit où la flottille avait passé l'hiver de 1535-1536. Ils ont été remis à la de de Saint-Malo, et figurent au musée de cette ville.

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