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Troisième voyage du pilote malouin à la Nouvelle- France, où se rend de son côté le sieur de Rober-
val, nommé vice-roi.
À son retour en France, Cartier avait rendu compte au roi François [°° des résultats de son voyage. Les découvertes déjà faites devaient, semblait-1l, déter miner une nouvelle tentative ; mais la France était alors engagée dans une lutte acharnée avec l'Espagne et plusieurs années se passèrent avant que la voix de l'explorateur malouin fût écoutée. Sa relation trop fidèle ne provoquait d’ailleurs pas l’enthousiasme ; le froid terrible éprouvé dans les contrées qu'il avait reconnues, les pertes subies par ses équipages durant le long hiver passé dans les neiges et Les glaces, l’absence de mines d’or et d'argent que l’on recherchait surtout dans ces pays lointains, avaient soulevé des oppositions qui retardèrent jusqu’à l’année 1540 toute expédition.
Mais, d'autre part, on faisait valoir l’importance qu'il y avait à découvrir une route allant directement à la Chine, but principal des eiforts de tous les navigateurs de ce temps, et, quant au Canada, les avantages que l'on pourrait retirer du commerce des pelleteries avec les indigènes ; enfin nombre de gentilshommes à la cour estimaient indigne de renoncer à s'établir dans une partie du Nouveau-Monde où les
‘spagnols avaient déjà conquis un vaste empire. L'un d'eux, François de la Rocque, sieur de Roberval,
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noble de Picardie, était, par lettres patentes du 45 janvier 4540, nommé vice-roi et lieutenant général en Canada, Hochelaga, Saguenay, Terre-Neuve, Belle- Isle, Labrador et autres lieux. Le 15 juin 1540, un édit l'autorisait à . lever une armée de volontaires avec victuailles et artillerie. » I lui était en outre permis, pour compléter le nombre de ses hommes, de prendre dans les prisons cinquante individus coupables de lèse-majesté ou de crimes, à l'exception des faux monnayeurs.
Le 17 octobre 1540, Jacques Cartier était adjoint au sieur de Roberval en qualité de capitaine-géntral et maitre pilote de tous les navires destinés à l’expédition. 45000 livres étaient accordées pour les frais qu'elle devait entraîner. Cartier en reçut les deux tiers pour acheter ou noliser cinq navires de 400 tonneaux de charge, le gallion l'Émerillon, « déjà vieil et caduc », devait servir au radoub desdits navires.
Au printemps de 1541, les bâtiments étaient équipés à Saint-Malo et tous les hommes rendus à bord, mais
* l'artillerie et les munitions manquaient encore ; Rober- * val autorisa Cartier à partir seul pendant qu'il se ren- . dait lui-même à Honfleur pour achever de réunir le : matériel avec lequel ilirait le rejoindre au Canada.
Le 23 mai, la petite flotte, munie de provisions pour
* deux ans, mettait à la voile; mais les vents contraires …et les tourmentes la retinrent en mer pendant trois mois etelle n'arriva que le 23 août au havre de Sainte- Croix. Le manque d'eau pendant la traversée fut tel ‘que l’on dut abreuver avec du cidre les chèvres, porcs et autres animaux que l’on avait emportés pour multi-
plier dans le pays.
Bien recu par les indigènes, auxquels il évita de donner des nouvelles trop exactes du sort de ceux qu'il avait emraenés lors de son second voyage, Cartier choisit comme lieu de stationnement l'embouchure d'une petite rivière à quatre lieucs de Sainte-Croix, et
y mit en sûreté trois des navires qu'il entendait gar-
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