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« du côté de l’ouest, au haut du Mississipi, » ainsi que du pays des Sioux, qu'il avait déjà parcouru en 1685. [l'avait alors, au procès-verbal de prise de possession, le titre de commandant pour le roi au poste des Nadouesioux. Plus tard encore il fut envoyé chez les Miamis, avec la charge de maintenir l’union et la paix entre les nations de l'Ouest, toujours prêtes à s’entredéchirer. Mission difficile et souvent dangereuse, tant était inconstante et mobile la volonté de ces sauvages. Chez les Maskoutens, qui voulaient venger quelques, uns de leurs guerriers dont ils lui attribuaient la mortil se vit dépouillé de toutes ses marchandises et condamné au supplice du feu, auquel il n’échappa que par miracle. Une autre fois il était pillé par des Miamis et aurait été brûlé si des sauvages Outagamis ne s'y étaient opposés. Enfin le rappel dans la colonie, en 1698, de tous les coureurs des bois, et l’ordre d’évacuer les postes des pays d’en haut achevèrent sa ruine Rentré à Québec et accablé de dettes, il y vécut péniblement de secours parcimonieusement accordés par des autorités trop oublieuses des services rendus, et finit par obtenir un poste de capitaine de milices qui le mit du moins à l'abri de la misère.
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Derniers actes de l'administration de M. de Courcelles.
La paix conclue avec les Iruquois avait enfin délivré la colonie des angoisses qui oppressaient les habilants obligés de sortir toujours armés. Le gouvernement de la métropole avait rappelé le régiment de Carignan, mais quatre compagnies étaient restées pour garder les forts les plus avancés, et les officiers, prévenus que des avantages honorifiques et des concessions seraient accordés à ceux d’entre eux qui resteraient au Canada, les soldats informés qu’un établissement leur serait assuré dans les domaines de leurs anciens chefs, consentirent volontiers à devenir colons à leur tour. Plus de quatre cents hommes renoncèrent ainsi à retourner en Europe; les officiers devinrent propriétaires des seigneuries créées en leur faveur le long du Saint-Laurent; les soldats restés avec eux comme vassaux reçurent chacun cent francs avec les vivres d’une année. Une somme de 12000 livres leur fut distribuée. Cinquante femmes et cent cinquante hommes partirent en outre pour la Nouvelle-France aux frais du roi ; de son côté,la Compagnie expédia deux cent trente-cinq émigrants en exécution des engagements qui lui incombaient. Grâce à ces arrivages, qui auraient rapidement fait progresser la colonie s'ils avaient été régulièrement continués, les villages se développèrent, les défrichements éloignèrent les forêts des habitations :t les récoltes obtenues sur
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une terre mieux cultivée assurèrent la subsistance des habitants.
Les coureurs des bois, de leur côté, parcouraient sans crainte les territoires de chasse à la recherche des orignaux et des castors; la traite des pelleteries, n'étant plus entravée par de continuelles embuscades à la descente des canots sur Montréal et Québec, prenait le plus grand essor, et les Iroquois eux-mêmes chassaient en compagnie des Français avec lesquels ils vivaient dans les meilleurs termes. Mais la rapacité de quelques aventuriers faillit plusieurs fois rallumer la guerre. Trois d’entre eux, qui connaissaient les endroits où des sauvages avaient coutume de séjourner au cours de leurs chasses, partirent la nuit de Montréal et arrivèrent au lac Saint-Louis, où ils trouvèrent un Iroquois dont le canot était plein de peaux d’élans. Ils lui offrirent de l’eau-de-vie, l’enivrèrent et le voyant sans connaissance, le jelèrent à l’eau, au milieu du lac, après lui avoir altaché une pierre au cou. Quelque temps après d'autres Peaux-Rouges, revenant de la chasse, aperçurent un corps qui flottait et reconnurent lemort, dont ils transportèrent Ie corps à Montréal. Ses compagnons, furieux, menacèrent de recommencer leurs attaques si justice ne leur était pas rendue.
Les meurtriers, leur crime accompli, avaient apporté les peaux volées à Montréal ; elles y passèrent, par voie d'échange, entre plusieurs mains, et furent reconnues par les Iroquois, à une marque spéciale, chez un marchand qui en avait fait l'acquisition. Ils s’en saisirent aussitôt et les portèrent au commandant de la ville. L'enquête à laquelle les autorités procédèrent sans délai amena la découverte des meurtriers. Arrêtés, ils avouèrent leur méfait. Condamnés à mort par un conseil de guerre, ils furent passés par les armes, au grand étonnement des compagnons du mort, car, n'ayant perdu qu'un homme, ils ne voulaient qu’une victime comme prix du sang. Cet exemple rendit con-
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fiance aux sauvages, et M. de Courcelles, venu à Montréal pour veiller à ce que justice fût faite, put retourner à Québec sans avoir à craindre une reprise des hostilités.
Un autre meurtre commis vers le même temps fut dénoncé par un traitant, Cavelier de La Salle, que ses découvertes allaient rendre bientôt célèbre. Un trafiquant hollandais, accompagné de deux maraudeurs français, pénétra, sous prétexte d'acheter des peaux, dans une cabane occupée par une famille d'Onneyouts, composée de six personnes. Après leur avoir fait boire de l’eau-de-vie, ces misérables les massacrèrent et les attachèrent dans un canot qu'ils coulèrent au fond de la rivière voisine. Avertis des recherches commenctes sur les indications de La Salle, ils s’enfuirent et se réfugièrent dans les colonies anglaises. Ce nouvel incident n’amena pas néanmoins de complications, car la poursuite des criminels, bien que n'ayant pas donné de résultats, avait été aussi active que possible.
Mais d’autres rencontres eurent lieu entre des Outaouais, des Poutéouatamis et des chasseurs iroquois, un village fut attaqué, le feu mis à quelques cabanes, et malgré la présence de missionnaires parmi ces nations, il y avait lieu de craindre une reprise des hostilités, entraînant une conflagration générale dans laquelle la colonie serait fatalcment engagée. Afin de prévenir ce désastre, M. de Courcelles « qui l'avait toujours pris sur un ton fort haut avec les sauvages et par là les avait accoutumés à le respecter », leur fit savoir qu’il ne souffrirait pas que la paix fût troublée, et qu'il punirait ceux qui refuseraient de s’accommoder à des conditions raisonnables. Il les invita en même temps à envoyer des députés à Québec pour y exposer devant lui leurs griels. Les chefs des diverses tribus se rendant à son appel vinrent lui soumettre leurs plaintes, et grâce à sa fermeté, à son esprit de conciliation, un accord intervint à la satisfaction de tous.