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der, pendant qu'il renvoyait les deux autres à Kaint- Malo sous le commandement de Marc Jalobert, son beau-frère, et d'Étienne Noël, son neveu.
Pendant que ses hommes construisaient des logements, des ouvrages de défense afin de se mettre à l'abri de toute attaque, et commencaient des défrichements, le capitaine résolut de remonter jusqu'à Hochelaga et d'essayer de franchir les saults qui barraient le fleuve après cette bourgade, afin de se rendre au pays de Saguenay où les sauvages prétendaient que l’on trouvait de l’or et d’autres métaux. Ils affirmaient, en outre, que l’on y parvenait par une grande rivière dont l'embouchure se voyait du haut du Mont-Royal. C'était La rivière des Outaouais à laquelle ils faisaient allusion.
La violence du courant dans le premier sault du Saint-Laurent rendant impossible la remontée en barque, les Français descendirent à terre et trouvèrent un sentier qu'ils suivirent jusqu’au deuxième sault, où les naturels d’un village voisin, qui leur apportèrent des vivres, les informèrent qu'après le troisième sault le fleuve n’était plus navigable.
Revenu à ses navires, Cartier trouva ses compagnonsinquiets ; Les sauvages avaient cessé de venir les voir et de leur fournir des provisions. L'un d'eux, maltraité par un jeune gentilhomme qui faisait partie des équipages, avait tué son agresseur en le jetant du haut d’un cap et s'était défait de la même manivre d’un autre soldat venu au secours de son camarade. Le fort fut mis en état de résister à une surprise; mais les attaques des naturels, les incommodités de l'hiver, le manque de vivres frais, les maladies découragèrent les équipages et Cartier, ne voyant pas arriver Roberval, finit par se décider à retourner en France.
En vue de la côte de Terre-Neuve, il rencontra le vice-roi qui, parti de la Rochelle le 146 avril 1549, amenait avec lui, sur trois navires équipés aux frais du
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roi, deux cents colons des deux sexes et plusieurs gentilshommes. Cartier lui fit connaître qu'il n'avait pu, avec sa petite troupe, résister aux sauvages dont les continuelles agressions avaient amené son départ, mais que le pays paraissait fertile et riche, car on y trouvait des cristaux ressemblants à des diamants et de la poudre d'or. Ces renseignements fournis, le capitaine malouin, dont l'accord avec le sieur de Roberval ne paraît pas avoir été des plus parfaits, continua sa route vers la Bretagne. Il était de retour dans sa ville natale en octobre 1542, car le 21 de ce mois il y tenait sur les fonts baptismaux Catherine, fille de René Moreau, sieur de la Péraudière, et de damoiselle Roze des Pallys.
Roberval, de son côté, achevait la traversée qu'il avait entreprise et arrivait dans le courant de juillet au lieu même où Cartier avait hiverné. Il y fit construire ou réparer les bâtiments nécessaires pour loger tout son monde. Ils consistaient en un fort érigé sur la hauteur voisine et contenant deux grosses tours, avec diverses chambres, une cuisine, un four, des moulins et un puits. Une autre tour à deux étages, près de la rivière, servait de dépôt pour les provisions. Ces dispositions prises, deux des navires furent renvoyés en France pour y chercher des vivres.
La nouvelle colonie fut aussi cruellement éprouvée, pour les mêmes causes, que les équipages de Cartier dans son premier hivernage. Plus de cinquante personnes succornbèrent, pendant les neiges, aux atteintes du scorbut.
Pour maintenir l’ordre au milieu de ce personnel, dont une partie sortait des prisons, il fallut recourir au fouet et à la corde; un voleur fut pendu, on fustigea des hommes et des femmes, « au moyen de quoi ils vécurent en paix et tranquillité. »
Les glaces du Saint-Laurent commencèrent à disparaitre au mois d'avril 1543 et, Les expéditions redevenant possibles, Roberval voulut compléter les décou-