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vertes de Jacques Cartier en remontant la rivière de Saguenay. Il s'y engagea avec huit barques montées par 70 hommes et conduites par le pilote Jean Fonteneau, plus connu sous le nom de Jean Alfonse, originaire de Saintonge, près Cognac, qui avait déjà fait de nombreux voyages à la côte d'Afrique. Il existe de lui à la Bibliothèque Nationale (fonds français, 676) une intéressante Cosmographie universelle. Durant cette expédition, 1l releva les côtes des pays le long desquels on naviguait.
Pendant le voyage, une des barques se perdit et huit hommes se noyèrent. Alfonse fut ensuite chargé de remonter vers le Labrador afin de trouver un passage conduisant aux Indes orientales, mais ayant rencontré des montagnes de glace qui l’'empêchèrent d'avancer, il se vit obligé de revenir auprès de M. de Roberval sans avoir réussi dans sa mission.
Toutes ces contrariétés découragèrent le vice-roi. D'ailleurs, malgré les pertes éprouvées par la petite colonie, les vivres manquaient et la famine aurait achevé la destruction de ces malheureux si les sauvages ne leur avaient donné quelques secours. Enfin, le roi François [°", qui allait se trouver encore aux prises avec Charles-Quint, chargea Cartier deretourner une quatrième fois aux terres qu’il avait découvertes et de ramener en France les survivants et M. de Roberval, dont l'influence sur les populations de Picardie, théâtre de la nouvelle guerre, pouvait lui être utile.
Ainsi s’acheva le premier essai de colonisation au Canada. Le nom de Jacques Cartier disparaît de l’histoire après ce dernier voyage. Retiré à Saint-Malo, il y mourait le mercredi 41° septembre 1557, ainsi que l’atteste une inscription récemment décruverte sur les registres d'audience de cette ville.
« Aucun navigateur n'avait encore osé de son temps, si rapproché de celui de Colomb, pénétrer jusque dans le cœur mème du Nouveau-Monde. En s’aventu-
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rant dans le climat rigoureux du Canada, où la terre est couverte de neige et les communications fluviales interrompues durantsix mois de l’année, en hivernant deux fois au milieu de peuplades sauvages dont i! pouvait avoir tout à craindre, il a donné une nouvelle preuve de l’intrépidité des marins de cette époque.
« Avec lui commence la longue série des voyageurs qui ont fait des découvertes dans l’intérieur de l’Amérique du Nord. Le Saint-Laurent, qu'il remonta jusqu'au sault Saint-Louis, conduisit successivement les Français dans la vallée du Mississipi, dans le bassin de la baie d'Hudson et jusque dans les immenses contrées que baigne la mer Pacifique « Pour récompense de ses découvertes, on dit qu'il fut anobli par le roi de France, mais sa gloire la plus durable sera toujours d'avoir placé son nom à la tête des annales canadiennes et ouvert la première page d’un nouveau livre dans la grande histoire du monde. »
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Comment les Français allèrent en Floride. — Triste fin de l'expédition.
En 4560, les protestants de France, longtemps persécutés, avaient fini par s'organiser, et une nouvelle guerre civile allait sans doute éclater lorsque l'amiral de Coligny, voulant prévenir ce malheur, songea à créer dans le Nouveau-Monde un établissement où la liberté de conscience serait assurée aux huguenots qui voudraient s’y rendre. En 1555, il avait envoyé dans le même but, au Brésil, une expédition qui avait échoué; mais cet essai malheureux ne le découragea pas et il entreprit de porter ses efforts vers une région encore inconnue, la Floride. On désignait alors sous ce nom la côte des États-Unis actuels sur l'Atlantique. « La terre voisine de ces pays-là, écrivait un contemporain, est tellement chargée d'arbres et de fleurs et la mer semblablement, que quelque profonde qu’elle soit, se dirait-on que c’est un pré le plus beau et verdoyant que l’on voit ici durant le printemps. Et l'ayant vuc telle, tant les notres qu’autres d'Europe, l’appelèrent Floride. » (Thevet.)
Les Espagnols, qui les premiers s'étaient engagés dans cette contrée, croyaient y découvrir des mines d'or et, suivant une tradition universellement accrtditée chez eux, une fontaine merveilleuse dont les eaux rendaient la santé et la jeunesse à ceux qui en buvaient. Ils y trouvèrent des forêts et des marécages au milieu desquels les indigènes, torturés par eux,
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