DESCRIPTION DU CANADA PAR CHAMPLAIN
« Ainsi de là on peut juger le plaisir que les Français auront en ces lieux, y étant habitués, vivant dans une vie douce et tranquille, avec toute liberté de chasser, pêcher, se loger et s’accominoder selon sa volonté, y ayant de quoi occuper l'esprit à faire bâtir, défricher les terres, labourer des jardinages, y planter, eater et faire pépinières, semer de toutes sortes de grains, racines, légumes, salades et autres herbes potagères, en telle étendue de terre et en telle quantité que l’on voudra. La vigne y porte des raisins assez bons, bien qu’elle soit sauvage, laquelle étant transplantée et labourée portera des fruits en abondance. Et celui qui aura trente arpents de terre défrichée en ce pays-là avec un peu de bétail, la chasse, la pêche et la traite avec les sauvages, conformément à l'établissement de la Compaguie de la Nouvelle-France, il y pourra vivre lui dixième, aussi bien que ceux qui auraient en France quinze à vingt mille livres de rente. »
L'ouvrage où se trouve cette description du Canada a pour titre : « Les Voyages de la Nouvelle-France occidentale, dicte Canada, faits par le S' de Champlain, Xaintongeois, capitaine pour le Roy en la marine du Ponant, et toutes les Découvertes qu'il a faites en ce païs depuis l’an 1603 jusques en l’an 4629. A Paris, chez Louis Sevestre, imprimeur libraire, rue du Murier, près de la porte $S' Victor et en sa boutique de la Cour du Palais. M.D.C.XXXIIT, avec privilège du Roy. »
Cette édition des Voyages de Champlain a été reproduite en deux volumes ir.-8° par l'imprimerie Royale, avec cette mention : «imprimé aux frais du gouvernement pour procurer du travail aux ouvriers typographes. Août 1830, »
La monnaie de carte.
L'argent monnayé était fort rare au Canada, et les ventes s’y faisaient assez fréquemment par voie d'échange ; l’hibitant portait à Québec où à Montréal des peaux de martres, de renards, de chats sauvages, provenant de sa chasse et en recevait la valeur en drap, en toile, ou en armes et munitions; le profit élait double pour le marchand qui ne payait les peaux que la moitié de ce qu'il Les vendait ensuite aux commis des vaisseaux de la Rochelle, et qui ne cédait ses miurchandises qu’à un prix très élevé, parfois même exorbitant. (La Hontan.)
Une terre achetée par des religieuses était payée en1672 avec deux bœufs, une vache, une paire de bas et le reste en argent. (Faillon.) L'intendant Talon écrivait à Colbert le 4 octobre 1665 : « J'ai envoyé à Montréal une partie des marchandises que j'avais achetées en France pour mon compte, alin d'en faire ici des échanges, parce que l’argent n°v fait pas pour la subsistance des personnes ce que font les denrées. » (Archives de la marine.)
ar suite de la rareté de l’argent, le taux du numraire avait au Canada un quart de plus de valeur qu'en France ; une pièce de quinze sous par exemple en ralait vingt à Québec, (Boucher, Histoire naturelle de la Nouvelle-France.)
Aussi, dans les contrats, distinguait-on pour les paiements entre les monnaies de France ou livres
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